Le stress tranquille

En ce moment, je suis stres­sée. On ne dirait pas comme ça, mais j’angoisse, je me bats avec ma vie et ses pro­blèmes récur­rents, quo­ti­diens. Oh, pas de gros pro­blèmes : les enfants vont bien, les finances ne tombent jamais dans le rouge (vive ma ges­tion effi­cace d’un bud­get) et fina­le­ment, je n’ai aucun pro­blème qui ne puisse se résoudre avec du temps, un peu de bonne volonté et par­fois aussi un peu d’argent (parlez-en à ma machine à laver, à ma cafe­tière, à ma balance de cui­sine, mon pèse-personne, mon ordi tout neuf encore sous garan­tie — ouf– et ma voiture).

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Mais voilà, si les pro­blèmes ne sont pas graves, ils sont sans cesse là. Pas le temps d’en régler un qu’un autre est déjà sur­venu. Si ce n’était que maté­riel, cela irait, mais il y a aussi les pro­blèmes admi­nis­tra­tifs (remerciez-moi, je les attire juste pour que vous n’en ayez jamais, vous), les pro­blèmes fami­liaux (pas grave, c’est juste orga­ni­ser les vacances en casant 2 mariages en quinze jours, évi­dem­ment pas au même endroit et sur­tout pas à côté de chez moi, ça me fait plai­sir bien sûr, mais ça reste un souci “de plus”), les petits rendez-vous médicaux/bancaires/administratifs à droite à gauche qui vous bouffent quand même pas mal de temps.

Tous ces petits riens qui s’accumulent et qui “font la vie” dirait mon homme, mais qui m’occupent l’esprit plus qu’ils ne le devraient. Je devrais arri­ver à prendre du temps pour moi, à me repo­ser un peu.

Depuis quinze jours, je fais des insom­nies mati­nales (vive­ment le chan­ge­ment d’heure), j’ai des ver­tiges, des maux de tête et cet oeil gauche qui n’en fait qu’à sa tête. Sans doute le stress. Oui, je le sais bien, je l’ai dis au méde­cin, je sais bien que ça doit être ça. Je sais que je “vais bien” phy­si­que­ment, je ne m’angoisse jamais pour ma santé, mais pour tout le reste.

Il y a quelque année, j’ai assisté à une confé­rence sur le Burn out mater­nel. Le même que celui qu’on trouve chez les employés stressés/pressés. Et s’il y a une chose que j’ai très bien com­prise, c’est que le burn out, ce n’est pas péter les plombs, tout envoyer bala­der et sau­ter par la fenêtre. Au contraire, c’est sour­nois. C’est le fait d’accumuler les angoisses, les sou­cis, tous les “petits riens qui font la vie”, et de les accu­mu­ler au point d’en avoir ras-le-bol. Mais pas un ras-le-bol explo­sif, non, un ras-le-bol plat, fade, qui vous fait fonc­tion­ner en mode auto­ma­tique. On est en situa­tion de burn out lorsque l’on ne réagit plus que par auto­ma­tisme, qu’on est dans une sorte de train qui va trop vite et qui nous oblige à ces­ser de pen­ser, de réagir en indi­vidu. Quand on devient une sorte de machine vivante. Et c’est très grave : explo­ser, c’est réa­li­ser que ça ne va pas et vou­loir le chan­ger; fonc­tion­ner en mode auto, c’est, au contraire, inté­grer ce stress à sa vie et ne pas se rebel­ler contre lui. C’est finir par soma­ti­ser avec des migraines, des ver­tiges, des insom­nies, et un oeil qui vous force à res­ter dans l’obscurité parce qu’il ne peut plus sup­por­ter la lumière du jour.

Je devrais prendre du temps pour moi, pour mes pro­jets qui sont au point mort depuis trop long­temps (quels pro­jets ? Quelle direc­tion prendre ? Même ça, je n’en ai plus aucune idée !), mais je n’y arrive pas.

En atten­dant, j’ai deux nou­veaux rendez-vous à prendre (prise de sang, méde­cin) et un médi­ca­ment qui m’empêche de conduire (mon­sieur n’ayant pas le per­mis, je dois trou­ver une alter­na­tive pour le trans­port des petits, les courses, etc.), ce qui ne fait qu’ajouter à la somme que j’ai déjà sur le dos. Moi qui pen­sait résoudre une par­tie de mes pro­blèmes en allant chez le méde­cin… Iro­nique, non ?

Je suis prête pour aller vivre à la campagne…

Puisque je n’écris plus, en ce moment, je joue les bonnes mères de famille.

Il faut bien occu­per ses journées…

Les chocolats de Pâques que j'ai fait la semaine dernière (les gros sont doubles couches : lait et blanc, comme des Kinder surprises) - Mes pauvres enfants vont encore dire qu'ils préfèreraient les vrais kinders (surtout les gros parce que leurs copains en ont tous eux...)
Les cho­co­lats de Pâques que j’ai fait la semaine der­nière (les gros sont doubles couches : lait et blanc, comme des Kin­der sur­prises) — Mes pauvres enfants vont encore dire qu’ils pré­fè­re­raient les vrais kin­der (sur­tout les gros parce que leurs copains en ont tous eus…)

Hier, j’étais de sor­tie de classe: une jour­née en forêt avec la classe du petit der­nier, les 3-4ans et demi (très impor­tant le et demi)

Départ 8h30, avant ça, j’avais fait 1h d’insomnie (vive­ment le chan­ge­ment d’heure, je me réveille­rai à 6h30, ce sera plus décent que 5h30), puis 30minutes de sport (pour perdre les 3kg pris depuis Noël, et pis un peu plus plus avant l’été, hein, sinon, la pis­cine, j’irai pas), fait cuire les hari­cots noirs (et lancé la sté­ri­li­sa­tion de plus d’une heure), râlé contre les enfants encore en pyjama (puis pour les dents, puis pour les sacs, puis pour raaaaaaaah — je ne par­le­rais pas d’un matin ordi­naire, d’habitude, je ne les emmène pas à l’école…) et j’ai même sor­tie le linge de la machine (je ne l’ai étendu que le soir par contre, je ne suis pas Wonderwoman)

La sor­tie de classe, c’était mar­rant en gros : on a vu 3 gre­nouilles dans une mare, on a mangé, on a fait du “sport” (et là, je dois dire que j’ai mor­flé quand il a fallu lever les bras — POURQUOI ai-je fait du sport le matin, hein ? J’ai failli me taper la honte devant une bande de gamins de 4ans tel­le­ment ils étaient lourds, mes bras !) et puis on est ren­tré. Il était 15h30. Et à 16h15, quand 4ans est revenu de l’école avec son papa, il m’a raconté toute sa jour­née (les gre­nouilles, les têtards, la course de relais…) comme si je n’y avais pas été (mémoire de pois­son rouge, le gamin).

Enfin, mes conserves de hari­cots noirs sont belles et bien fer­mées (va fal­loir que je rachète des cou­vercles par contre parce que je com­mence à être à court de cou­vercles pas rouillés et her­mé­tiques…) et je pro­gramme déjà les futurs conserves à faire :

Fin mars ou début avril : sécher une cagette de 3kg de cham­pi­gnons de paris frais (parce que c’est quand même super pra­tique à mettre dans la soupe, et les cham­pi­gons séchés, ça coûte un bras)

Fin avril-mai, les confi­tures de fraises  car nous sommes venu à bout des 26pots de la récolte des 14kg de fraises cueillies en 2013 (va fal­loir les modé­rer un peu cette année, les convaincre que cueillir les carottes ou les hari­cots, c’est bien aussi…), mais aussi des autres pots de confi­tures (l’♂ ayant ouvert le der­nier pot de confi­ture d’abricot dimanche…)

En juin, les petits pois (24 pots ça serait bien, mais je ne sais pas si j’aurais assez de place et de pots pour en faire autant — sur­tout que ce sont les mêmes pots que pour les auber­gines à la pro­ven­çale –25 pots par four­nées, ça me tient 6mois-, donc je vais avoir du mal à tout sto­cker et/ou faut que je rachète des pots…) et puis ça dépen­dra aussi du prix à la cueillette, même si je pré­fè­re­rai mettre du frais et local en conserve, si c’est trop cher, ça sera des petits pois sur­ge­lés (oui, je fais des conserves de légumes sur­ge­lés parce que c’est plus écolo de sto­cker en pot qu’en congé­la­teur — d’autant que j’ai un petit appart donc un petit congel, un pot ça se glisse par­tout, pas un congé­la­teur, oui, mais dans ce cas, pour­quoi je ne prends pas des petits pois déjà en conserve ? Parce qu’il y a un tas d’additif dedans et sur­tout il y a tou­jours du sucre ! au moins, mes conserves sont clean, en plus, je peux avoir des petits pois culti­vés en France pour moins cher que ceux vendu en pots)

En juillet, la confi­ture d’abricots et faire des abri­cots secs aussi, j’arrive au bout de ma pre­mière ten­ta­tive de l’année der­nière (j’avais séché 3kg d’abricots et ai obtenu un pot à bon­bons en verre ikea –ma réfé­rence “dosage”, m’en fau­drait deux pour l’année prochaine)

En Août, si la récolte est bonne et mon oncle sympa, récol­ter des pommes (pour ten­ter de faire du jus et des com­potes) et bien sûr des prunes ! J’ai dû sécher 5 ou 6 kg (sur 12) l’année der­nière et j’avoue que c’est tel­le­ment bon, que je vais en refaire beau­coup plus cette année (là, je me modère parce que j’arrive au fond du pot…) Par contre, les pommes séchées, ça ne se boni­fie pas avec le temps (elles sont deve­nues toutes molles après quelques semaines… ça vaut pas le coup)

En Sep­tembre, faire les mûres en “cueillette sau­vage” (non, je vous dirais pas où, c’est mon coin à mûres fau­drait pas que vous alliez le piller avant moi, non mais !) pour faire de la gelée.

Et sans doute au milieu de tout ça : refaire des conserves de hari­cots beurre et d’aubergines à la pro­ven­çale. Peut-être aussi du pâté végé pour cet été (genre, on va en cam­ping, le pâté c’est un peu obligatoire)

Et puis faut que je range l’appart (et vire des tas de trucs qui nous servent pas — tenez, une table comme ça, en brun, ça ne vous inté­resse pas, par hasard ?), que je fasse l’état des lieux des garde-robes printemps-été (pour moi, c’est “la cata”, j’ai plus aucun top met­table (je ne fais pas ma lolita-fashion vic­time : mes hauts ont tous plus de 5ans, voire 10 pour les plus vieux, et entre les taches indé­lé­biles, les trous et la trame visible, je n’ai vrai­ment rien à mettre qui ne fasse pas clodo sur le retour) et pour finir, faut aussi que je regarde des tas de repor­tages sur les catas­trophes aériennes (mon truc du moment, allez, ça occupe et puis on se dit “Punaise, mais, c’est pas vrai, plus jamais je m’approche d’un aéroport !”)

Des nouvelles

Je n’ai rien écrit ici depuis Jan­vier. Un bel article pour m’indigner, dire que je fer­me­rai pas ma gueule et puis plus rien. Iro­nique, non ?

Mais voilà, j’ai pas l’esprit à conti­nuer ce blog “dans un but pure­ment d’écrivain”. J’ai com­mencé à blo­guer bien avant ce site, d’ailleurs, ici, au début, c’était juste un nou­veau blog sur tout et n’importe quoi (recettes de cui­sine &co, cher­chez pas, j’ai viré tout ça l’année der­nière). Parce qu’en ce moment, j’ai des sou­cis, des trucs impré­vus : machine à laver qui tombe en panne, puis c’est la chaine hifi, puis le volet rou­lant coincé, la balance de cui­sine qui déconne, la voi­ture qui fuit de par­tout, mes plantes qui se sont cho­pées un truc (des arai­gnées ? un cham­pi­gnon ? enfin, elles crèvent toutes les unes après les autres quoi), l’impétigo du petit qui refuse de par­tir, les 3 kg que j’ai pris depuis le début de l’hiver, l’impression d’étouffer, phy­si­que­ment et mora­le­ment, sous les cor­vées, les affaires, les imprévus.

Parce que je ne me sens plus du tout non plus dans cette his­toire d’autopublication (je vous épargne, pour l’instant, le cou­plet sur le fait que c’est pas for­cé­ment une bonne chose pour un auteur), parce que je n’ai rien écrit depuis novembre (le Camp NaNo arrive, peut-être que ça me remo­ti­vera…) parce que ma vie, en ce moment, c’est “com­ment faire pour dépen­ser moins” alors qu’on fait déjà atten­tion à tout, com­ment voulez-vous que je réflé­chisse, que je replonge dans les méandres d’un cer­veau en ébul­li­tion, d’une acti­vité intel­lec­tuelle, quand il est, lui (mon cer­veau), entiè­re­ment tourné vers le mode “sur­vie quotidienne” ?

Je pense que ce blog va rede­ve­nir un truc plus fourre-tout, moins orienté. Ne par­ler que d’écriture, cela me conve­nait quand j’avais quelque chose “à vendre” (même si ce n’est pas la bonne façon d’attirer le lec­teur de romans que de par­ler d’écriture, on n’attire que les écri­vains). Là, j’ai besoin d’un truc plus personnel.

(pas de titre)

J’ai attendu un peu, quelques jours, que la ten­sion retombe, que l’émotion (bien que tou­jours là) baisse et me laisse réflé­chir. Être moins dans l’affect, c’est tou­jours une bonne chose sur inter­net comme dans la vie.

Lorsque j’ai appris la nou­velle, j’ai pensé “Bah, c’est pas grave, Char­lie ne peut pas s’arrêter, ça leur est déjà arrivé.” Et puis douze morts, non, c’est énorme. Et les noms sont tom­bés : Cabu, Wolinski, Charb se sont les trois noms que j’ai rete­nus au début (évi­dem­ment, je n’oublie pas les autres que je connais­sais de loin comme Ber­nard Maris, ou pas du tout — tous les autres : Honoré, Tignous, Elsa, Michel, Mus­ta­pha et les ano­nymes : Fré­dé­ric, Franck et Ahmed, sans comp­ter les bles­sés et les sur­vi­vants, ceux qui portent le drame parce qu’ils ont été épargnés.).

Cabu et Wolinski surtout.

Parce que c’est mon enfance qu’on a volé. Cabu, c’est RécréA2, le club Doro­thée. Le fameux nez de Doro­thée n’aurait pas été si célèbre sans lui. Parce que le Beauf (que je ne trou­vais pas tou­jours drôle) han­tait le Canard enchainé et était devenu cette cari­ca­ture du Beauf fri­qué qui dévoie tout au titre de l’argent et du cul. Parce que c’est mon enfance qui s’envole défi­ni­ti­ve­ment et que, mes enfants, eux, y sont tou­jours (d’ailleurs, c’est dur à vivre : ils sont si incons­cients de tout ça, et toi tu veux leur par­ler, mais ils conti­nuent à te par­ler de Mario, de leurs copains, de la paire de chaus­sures de sport qu’il faut pour demain) Cette nuit pour­tant, 7ans a dormi avec nous, il avait peur des monstres (que son petit frère se trans­forme en loup-garou, parce qu’il est sou­vent “pas d’accord avec lui” et qu’ils se battent tous les jours pour de simples mots…) Même si on m’a volé mon enfance, je dois conser­ver la leur pour qu’ils ne deviennent pas ça en gran­dis­sant, pour qu’ils n’aient pas peur.

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Par Soul­cié (l’image a été twit­tée ici, mais je ne sais pas d’où elle vient à la base) — Une des rares images qui m’ait arra­ché un éclat de rire depuis deux jours (elle est vrai­ment bonne XD)

Wolinski parce que c’est un mythe, tout sim­ple­ment (au même titre qu’a pu l’être Sempé ou que l’est Uderzo), un type qui a tout fait et qui continue(ait) même à 80 balais.

Charb, je l’ai décou­vert au détour d’un article de Marianne, il y a quelques mois, sur les per­sonnes pro­té­gées (j’avoue rare­ment regar­der les signa­tures de cari­ca­ture). Le type ins­pi­rant, sympa, qui conti­nue de vivre et dire ce qu’il pense, qui n’a pas peur (des autres, de la mort, d’être en désaccord).

Char­lie Hebdo, c’est le jour­nal de mon papa. J’ai donc tou­jours vu ça traî­ner à la mai­son. De l’humour lour­dingue avec un peu de bon sens (et quelques éclairs de génie, mais tou­jours gros­sier, bor­del de merde). Des types anars post-68ards qui bouf­faient du curé (quelle que soit sa reli­gion, au curé, d’ailleurs plus sou­vent catho que musul­man) et des poli­tiques, parce qu’ils croyaient que les idéo­lo­gies de toutes sortes sont mau­vaises. Avec de la mau­vaise foi aussi, sou­vent. Parce qu’on est dans un pays libre, qu’on peut dire et écrire ce que l’on pense en res­tant dans le cadre de la loi (et qu’ils ont rare­ment été condam­nés pour ce qu’ils ont publié).

Alex pour le Courrier Picard

Par Alex pour le Cour­rier Picard (bel esprit, c’est exac­te­ment ça !)

Musi­ca­le­ment, j’ai grandi avec Renaud, Font et Val, donc l’humour gros­sier de Char­lie, je connais (et il me fait même par­fois rire). Leur entê­te­ment sur les cari­ca­tures de Maho­met (sur­tout sur celles qui n’étaient pas drôles et clai­re­ment offen­santes), je ne l’ai vu que comme un entê­te­ment borné de gamins qui feront tou­jours ce qu’on leur inter­dira. Du poil à grat­ter, voilà ce que c’était. Si le Canard Enchaîné révèle les petites et grandes his­toires politico-religieuses en adulte, Char­lie hebdo, c’est le gamin, l’adolescent attardé, le jour­nal qui refuse de gran­dir, de mûrir, et qui avait rai­son, il faut res­ter fidèle à soi-même et ses idées. C’étaient des cons (et je leur rend hom­mage en uti­li­sant ce mot), mais ils avaient au moins la décence d’être cons pour essayer de nous faire rire, ils ne se pre­naient pas au sérieux, eux. Parce que les cons pour de sérieux sont légion et c’est bien désespérant !

J’ai passé deux jours accro­chée à Twit­ter et au site du Monde. J’y pas­se­rai sans doute encore la jour­née, parce que je n’arrive pas à pen­ser à autre chose. Depuis deux jours, j’ai fina­le­ment peu viré de gens de ma vie inter­net. C’est dans ce genre de moment que les gens se révèlent vrai­ment. Tous ceux qui disaient “C’est bien mérité”, je les ai virés (et je me demande bien com­ment j’ai pu m’intéresser à des gens pareils un jour…) parce que non, per­sonne ne mérite de mou­rir pour avoir donné son avis, jamais et dans aucune cir­cons­tance. J’imagine mal Cabu ou Charb aller plan­ter leur poing dans le gueule de ceux qui étaient d’un avis dif­fé­rent (quant à les tirer comme des lapins… haha, je me marre) : ils fai­saient des des­sins pour s’expliquer, ils n’utilisaient pas la vio­lence phy­sique. L’avantage du verbe, du des­sin, c’est qu’on peut tou­jours en faire abs­trac­tion : mes idées ne vous plaisent pas ? Et bien ne les lisez pas, ne les écou­tez pas ! C’est plus dur avec un poing dans la gueule.

J’ai laissé une petite chance à ceux qui ten­taient d’expliquer qu’on ne pou­vait pas être contre le meurtre, anti-raciste, fémi­niste et en même temps pour la liberté d’expression (oui, oui, y’en a eu deux ou trois comme ça : Char­lie étant leur bête noire depuis un moment). Ben si, parce que je pense qu’on peut l’être ET RESPECTER que d’autres soient d’un avis dif­fé­rent. La dia­lec­tique, la dis­cus­sion c’est l’important. Il faut lais­ser les gens dire ce qu’ils pensent, c’est le meilleur moyen de contrer leurs argu­ments, de les convaincre qu’ils ont tort (ou moi-même de révi­ser mon juge­ment, je n’ai pas la science infuse) Mais pour cela il faut qu’il y ait dis­cus­sion. Si on empêche les gens de dire “les extra-terrestres, c’est tous des voleurs”, ils le pen­se­ront quand même, mais on ne pourra pas leur faire com­prendre que ce n’est pas une géné­ra­lité… parce qu’on ne les enten­dra plus et qu’on ne pourra plus les contrer. C’est pour cela, il faut qu’il y ait dis­cus­sion et échange de points de vue, et donc, liberté de parole (et de presse) !

Je me marre aussi de voir que Notre-Dame a sonné le glas pour des athées, que le FN se pose en vic­time “non-invitée” à un ras­sem­ble­ment censé être apo­li­tique, alors que Marine n’a pas attendu deux jours pour récu­pé­rer l’affaire et pro­po­ser un réfé­ren­dum sur la peine de mort (ce qui est tota­le­ment contre les valeurs que défend Char­lie, mais toutes les occa­sions sont bonnes à prendre), je me marre de voir que les poli­tiques sont en train de se taper des­sus pour un ras­sem­ble­ment (le même) avec des appels à “non-récupération poli­tique”, alors que le “peuple” se débrouille très bien sans eux pour orga­ni­ser des manifs spon­ta­nées dans le calme et l’union (comme quoi, les poli­tiques ne servent qu’à foutre un peu plus la merde auraient sans doute com­menté cer­taines victimes).

Vidberg pour Charlie

Par Vid­berg (elle ne m’a pas fait rire, mais elle est tel­le­ment vraie)

Je pleure de voir que des cons (des vrais, des méchants) attaquent des lieux de cultes musul­mans (ou consi­dé­rés comme tels : une famille dans une voi­ture, un kébab… comme si ils y étaient pour quelque chose, eux ?) juste parce que les assas­sins ont crié Allah akh­bar (comme si c’était un cri ter­ro­riste entonné par des mil­lions de musul­mans tous les jours, ça signi­fie juste Dieu est grand ! Bor­del ! N’importe quel catho fait pareil et on ne va pas tous les accu­ser d’être des ter­ro­ristes juste pour avoir affi­ché leur foi, non ?)

Je pleure de voir que ces gens (ceux qui pré­tendent faire payer l’attentat à tous ces salauds d’islamistes-musulmans, amal­game facile et qui démontre leur peu de com­pré­hen­sion du monde) se font jus­tice eux-même, comme des ter­ro­ristes, sans aucun res­pect pour les deux poli­ciers qui sont morts (sans oublier les deux poli­ciers gra­ve­ment bles­sés) et qui, eux, fai­saient leur bou­lot en défen­dant les lois et valeurs de la Répu­blique. Valeurs que ces gens bafouent en pré­ten­dant la défendre !

Bref…

En décembre, comme tous les ans, je cogite beau­coup sur l’année à venir, à me deman­der si je dois conti­nuer ou non, si je dois écrire des trucs “popu­laires” (et qui se vendent bien) ou sur ce qui m’intéresse vrai­ment même si c’est plus lit­té­raire, moins agréable à lire (pas à cause du style, mais à cause du sujet et du temps que ça me prend à écrire). J’allais m’y remettre (à écrire), et puis, voilà, y’a ça qui tombe. En décembre, j’avais presque décidé d’arrêter ce blog, parce que j’en avais marre des com­men­taires déso­bli­geants (que je cen­sure, hé oui mais parce qu’ils sont insul­tants), et que j’ai bien com­pris que pour qu’on parle de mes livres ailleurs, il fal­lait que je me case un peu, que j’arrondisse les angles (trop de coups de gueule, les gens n’aiment pas, sachez-le), qu’être blo­gueuse (sur­tout ici, il n’y a pas de pub, ça ne me rap­por­ter donc rien finan­ciè­re­ment…) hé bien, c’était pas mon bou­lot, que je devais plu­tôt écrire. Et dis­pa­raître d’internet, un peu, parce que ça me bouffe (du temps, de l’énergie, de la moti­va­tion) et que ça ne me fait pas avan­cer pro­fes­sion­nel­le­ment (comme dit plus haut : les gens ne lisent pas les trucs un peu polé­miques ou enga­gés, ils veulent du ras­su­rant ou du rêve, déso­lée, j’écris plus de ça)

Et voilà, là, c’est juste impos­sible. Si je le fai­sais, je ferais, non pas le jeu des ter­ro­ristes, mais le jeu de ceux qui veulent une société bien lisse et sans accroc, une société qui ne fait pas polé­mique et qui s’endort (une société endor­mie, c’est pas bon). Une société qui nie les posi­tions extrêmes et déter­mi­nées (quelles qu’elles soient) et donc qui les stig­ma­tise, les met à la marge, les rejette et les pousse à pen­ser de tra­vers, à pen­ser que la France n’est pas un pays pour eux et qu’il faut le chan­ger (et, iro­ni­que­ment, leur per­met de ral­lier tous ceux qui se sentent exclus du sys­tème), et fina­le­ment qui les pousse à la vio­lence pour se faire entendre. Et ça, je n’en veux pas.

Bilan de Novembre

Je fais le bilan du mois der­nier (comme tout le monde) avec une petite semaine de retard vu que décembre a com­mencé sur les cha­peaux de roues, pas pour l’écriture mais pour la pré­pa­ra­tion de cadeaux pour les fêtes (je crois que je vais prendre 5kg avant Noël à force de faire des bre­deles, gaufres et chocolats…)

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Bilan d’écriture :

J’ai enfin pu reprendre Chassé-Croisé que j’ai en tête depuis bien quatre ans. J’en avais déjà tenté l’écriture lors de deux ou trois Camp NaNo et je ne dépas­sais jamais le pre­mier cha­pitre. La toute pre­mière scène pour être plus pré­cise, que je ne ces­sais d’écrire et de réécrire sans arri­ver à quelque chose qui me convienne. Il y a de quoi rager d’écrire et réécrire encore la même scène, mais fina­le­ment, il faut savoir lais­ser le temps au temps : j’ai pu dépas­ser cette pre­mière scène et j’ai com­pris ce qui me bloquait.

Ce n’était pas l’histoire dont la trame était très vague (je n’ai jamais eu de pro­blème à m’aventurer dans une his­toire donc j’ignorai les détails), mais c’était le ton, la forme, la méthode. Je crois que je n’aurais jamais pu y par­ve­nir aupa­ra­vant parce que je m’y pre­nais mal, tout sim­ple­ment. J’ai donc cette fois, revu ma méthode de tra­vail : ne plus être dans le vague et l’hypothétique, mais par­tir de l’ouvrage qui m’inspirait, par­tir d’un point de vue plus pra­tique qu’intellectuel, et avoir l’ouvrage sous la main à tout ins­tant pour pou­voir le consul­ter, m’en impré­gner et lais­ser l’histoire cou­ler d’elle-même. La forme a tout sim­ple­ment découlé de l’ouvrage de Dante : 3 par­ties, 100 scènes toutes numé­ro­tées. Les trois par­ties étaient presque une évi­dence (un week-end de deux jours avec une nuit “ini­tia­tique” entre les deux, ça fai­sait trois par­ties tout bête­ment), L’idée des 100 scènes est deve­nue une évi­dence quand je me suis ren­due compte que les idées que j’avais de l’histoire était très dis­pa­rates et sans aucun lien entre elles : il fal­lait orga­ni­ser tout ça, avoir un ordre par­fait (et quoi de plus par­fait qu’un chiffre rond ? et puis si l’on s’inspire d’un bou­quin, autant le faire jusque dans sa forme — mais je vous ai épar­gné les vers…)

Jusque là, je n’arrivais pas non plus à trou­ver le bon ton. Pour les pre­mières rédac­tions, je ten­tais d’écrire comme je l’ai tou­jours fait : un pre­mier jet plus ou moins tra­vaillé que je reli­rai plus tard. Le pro­blème, c’est que cette méthode, je l’ai tel­le­ment uti­li­sée que je tom­bais dans le tra­vers d’écrire “sim­pliste”. Je met­tais des dia­logues, je n’utilisais pas les bons mots, les bonnes tour­nures. J’aime Dante, je vou­lais m’en ins­pi­rer, éle­ver un peu mon écri­ture au-dessus du simple récit comme je l’avais fait jusqu’ici. Mais je me retrou­vais tou­jours avec ces scènes banales, sans aucun souffle épique (si vous avez lu La Divine Comé­die, vous com­pren­drez peut-être de quoi je parle), cette volonté de s’élever au-dessus de la masse, sans pour autant ennuyer le lec­teur, édi­fier les gens, faire du beau, parce que le beau est la seule chose qui puisse éle­ver vers Dieu. Évi­dem­ment, je n’allais pas écrire un roman pour ins­truire les masses et ins­til­ler la peur de Dieu, ce n’est pas ce côté-là qui m’intéressait, mais il fal­lait que je retrouve ce qui me plai­sait, chez Dante, chez Vir­gile ou Ovide, même par­fois chez Hugo (oui, j’ai des goûts de vieux :P ) : l’épique, l’épopée mytho­lo­gique, qui porte par son côté légende.

Le but, dès le départ, c’était trans­for­mer des gens du quo­ti­dien, les plus humbles même, en héros mythiques. C’est pour­quoi mes pre­miers essais ne col­laient pas : j’essayais de racon­ter mon his­toire, tout bête­ment, alors qu’il fal­lait sur­tout la trans­for­mer en mytho­lo­gie. L’histoire n’est rien, ne compte que les sym­boles, la manière de racon­ter les choses. J’ai bataillé pour trou­ver les mots adé­quats, pour faire des phrases plus pous­sées, qui soient aussi sin­cères que pos­sible tout en n’étant pas simpliste.

Tout est sym­bole, tout est por­teur de sens. Écrire un bou­quin qui réjoui­rait un prof de Fran­çais, tiens, voilà ce que je devais faire. C’est ambi­tieux, certes et je ne suis pas sûre d’être arri­vée à la hau­teur de mes espé­rances, mais peu importe, c’est un texte dont je suis fière même si je ne le publie jamais (il n’est pas ques­tion de cela pour l’instant de toute manière, puisqu’il n’est pas fini !)

A cause de cela, je n’avançais pas faci­le­ment, je ne pou­vais pas­ser à la scène sui­vante qu’après avoir fini la pré­cé­dente. Com­plè­te­ment finie, presque “publiable”, et que j’en sois satis­faite, et qu’elle soit à la hau­teur des autres ! J’avançais très peu, je n’ai même pas fini le roman qui n’est pour­tant pas long ! Je n’ai par­fois écrit que 500 mots par jour (ne vous fiez pas au comp­teur, j’ai écrit 500 mots sur le roman, mais j’ai tota­lisé tous mes écrits de la jour­née, et j’ai décou­vert que j’écrivais beau­coup ! Même si ce n’est pas tou­jours très pro­duc­tif ! :P )

J’estime que, même si je n’ai écrit que le pre­mier tiers de mon roman (20.000 mots peut-être), j’ai réussi mon NaNo­WriMo : j’ai avancé mon pro­jet, j’ai trouvé la séré­nité de l’écriture que je cher­chais (ne pas me for­cer à écrire, ne pas en être malade, mais écrire juste ce qu’il faut, polir mes phrases, mes scènes, faire ce qui doit être fait et ne pas cher­cher à trop en faire)

En quoi le NaNo­WriMo m’a aidé ? En m’apportant une sorte de cau­tion pour m’y mettre sur­tout ! C’est vrai que les 1667 mots par jour m’ont stressé au début, c’est pour­quoi après deux jours, j’ai com­mencé à comp­ta­bi­li­ser tous les mots écrits dans la jour­née, parce que ça compte aussi, même si ce n’est pas sur mon roman, ce sont des réflexions sur le monde qui m’entoure, sur ma vie, sur l’écriture, l’art, ce sont des choses qui me font avan­cer dans ma réflexion per­son­nelle et donc font for­cé­ment pro­gres­ser mon écriture.

Bilan de mes vacances :

J’ai pris une semaine de vacances, toute seule, à la mer. Par jour : une heure trente à deux heures de marche (sur la plage et sans croi­ser per­sonne, le rêve) ainsi que 45 minutes à 1h de nata­tion (vive les pis­cines pri­vées cou­vertes !) J’aime bien nager, mais j’aime aussi être tran­quille quand je le fais, ce qui est rare­ment le cas en pis­cine muni­ci­pale (du coup, je rêve déjà de retour­ner en vacances là-bas dès que je pour­rais ou alors de me payer une pis­cine rien qu’à moi, le jour où je gagne­rai au loto :P )

J’ai écrit beau­coup, j’ai bien avancé L’année où je n’ai rien écrit et je suis reve­nue avec une nou­velle idée de roman à déve­lop­per pour l’année pro­chaine. J’ai réussi à trou­ver mon rythme, je suis convain­cue que vivre en ville, c’est pas vrai­ment pour moi, mais que vivre toute seule, ce n’est pas non plus mon truc… Si je pou­vais faire un mix des deux : vivre à la campagne/mer, avec une sorte de bureau-studio à part où je pour­rais m’éloigner et reve­nir à ma guise (oui, encore un truc pour le jour où je gagne au loto)

Bilan de lecture :

Lu, relu, déchi­queté (pour cause de source d’inspiration du NaNo­WriMo, et parce que je ne m’en lasse pas):

  • La Divine Comé­die de Dante (sur­tout L’Enfer, le reste est un peu plus ennuyeux) dans trois tra­duc­tions différentes.

Lu et apprécié :

  • De l’éloquence en langue vul­gaire de Dante (ou com­ment démon­trer de manière élo­quente que l’on se veut abso­lu­ment impar­tial en dégom­mant à tour de bras tous ceux qu’on déteste avec un faux-culisme inouï !)
  • Bruges-la-Morte de Georges Roden­bach (même si on voit venir la fin gros comme une maison)
  • Zone éro­gène de Phi­lippe Djian (c’est pas mon pré­féré, mais ça fai­sait un moment que je ne l’avais pas lu)

Lu et pas fini :

  • Sou­ve­nirs de la mai­son des morts de Dos­toïevski (pas que ça soit pas inté­res­sant, mais j’en ai eu marre. Ça ne débute pas vrai­ment et le nar­ra­teur est assez redon­dant dans ses his­toires. Dépassé la moi­tié du roman, on est tou­jours au pre­mier mois de déten­tion — le type passe dix ans au bagne quand même… peut-être que je le fini­rai un jour)

Voilà !

Sinon, j’ai des idées pour le mois à venir (qui sera très calme niveau bou­lot, parce que) et pour l’année pro­chaine, mais j’en repar­le­rai une autre fois !

Fouillons un peu les archives

Pour rédi­ger les der­niers billets de ce mois, j’ai dû aller cher­cher quelques idées dans les (envi­ron) 200 brouillons d’articles qui sont cachés dans les archives de ce blog.

Pour résu­mer, à l’heure où j’écris ce billet, ce blog cache :

  • 441 articles publiés
  • 215 articles en brouillon
  • 29 articles pla­ni­fiés (au moment où vous lirez ceci, le nombre sera 0 puisqu’il s’agit des billets de mon défi d’octobre)
  • 500 (tout pile) articles en attente de relec­ture (en fait des vieux articles que j’ai viré lors de mon grand ménage)
  • Soit un total de 1185 articles plus ou moins ache­vés, plus ou moins finis, plus ou moins publiés.

Si je n’avais pas viré les 500 articles, j’approcherai les 1000 billets publiés sur ce blog en cinq ans d’existence (le tout pre­mier billet –retiré– de ce blog-ci ayant été publié en décembre 2009)

Remar­quez que j’avais viré l’article sur l’acupuncture et l’accouchement (je trou­vais que cela n’avait pas vrai­ment sa place ici désor­mais) mais devant la chute des visi­teurs, mon petit ego en a pris un coup et j’ai fini par le remettre.

50% de lec­teur en moins, ça fout le moral à zéro. Mais depuis, j’ai réa­lisé que ce n’était pas parce que je remet­tais cet article que l’audience remon­tait mais parce que je me remet­tais à publier tout bête­ment ! En gros, les jours où je publie un article, les gens viennent et lorsque je ne publie rien, l’audience des­cend. Nor­mal quoi ! Mais des fois je ne pense pas très droit dans ma tête.

J’ai donc par­couru mes brouillons et cer­tains thèmes reviennent assez souvent :

  • La ques­tion de la lec­ture et de l’écriture comme pra­tique conjointe pour l’auteur
  • La ques­tion du piratage
  • La ques­tion du ras-le-bol (paraît que je suis une râleuse, j’ai lu ça sur un forum…)

Peut-être parce que ce sont là, ceux qui me ques­tionnent le plus au quo­ti­dien. L’écrivain est un être en ques­tion­ne­ment per­ma­nent (ou du moins, il devrait l’être !)

Je vous passe toutes les idées d’articles que je n’ai jamais mis sur le blog (tout un tas de trucs qui ne concernent par l’écriture ou la lec­ture, mais que j’ai aban­don­nés parce que j’ai réorienté ce blog sur un sujet pré­cis et que je ne veux plus me dis­per­ser, en tout cas, plus sur ce blog)

L’audience a drô­le­ment baissé depuis que j’ai annoncé que je pla­quais tout. Tout sim­ple­ment parce que je n’ai rien posté en 6mois, que je me demande si mon flux RSS n’a pas changé depuis que j’ai mis en place le nou­veau site aussi. L’audience était quand même bonne pour un site lit­té­raire (allez, je vous le dis, je tour­nais en moyenne à 30 visi­teurs par jour durant les 6mois d’abandon, 50 quand j’ai repris il y a quelques mois, et une petite cen­taine depuis la ren­trée, peut-être que je retrou­ve­rai un jour mon niveau d’audience de la grande période de ce blog…) et mon taux de rebonds (le nombre de visi­teurs qui se barrent dès qu’ils arrivent, sans même prendre le temps de lire, donc le taux de visi­teurs inin­té­res­sants dans les sta­tis­tiques) ce taux est très bas : à peine 25%, c’est fina­le­ment le seul chiffre qui m’intéresse. En fait, c’est google qui plante ce chiffre, car beau­coup de visi­teurs qui arrivent par ce moteur de recherche tombent sur une erreur 404 (ben oui, Google réfé­rence encore beau­coup de mes articles sup­pri­més…), donc ceux-là ne res­tent pas longtemps.

L’autre jour je suis tom­bée sur un site où l’auteur se féli­ci­tait de son bon niveau de visi­teurs sur son blog, après s’être déses­péré de la baisse de la vente de ses livres. C’est bien et c’est aussi un leurre : en par­lant d’autopublication, il attire les auteurs, pas les poten­tiels lec­teurs. J’ai réa­lisé cela (et j’en repar­le­rai demain dans mon “bilan”) : on peut avoir un bon blog, atti­rer du monde, mais ne pas vendre beau­coup de livres parce que le public ne cor­res­pond pas. Si je ven­dais des méthodes pour écrire ou publier, j’aurais un meilleur taux de ventes. Je suis même sûre que je tou­che­rais plus d’argent en affi­chant des pubs qu’en ten­tant de vendre mes livres de cette manière (si vous avez loupé l’article sur le Web­mar­ke­ting et l’autopublication, il est lire ici)

J’ai réa­lisé que j’étais blo­gueuse, et qu’il me serait assez facile de créer un blog et d’en vivre, parce qu’il suf­fit de savoir quoi dire pour atti­rer du monde, affi­cher de la pub, atti­rer des spon­sors (qui regardent par­fois juste le taux de visi­teurs sans se sou­cier du reste !). Mais j’ai aussi réa­lisé que le fait d’être blo­gueur, ce n’est pas la même chose qu’être écri­vain. Et que je ne m’accomplis pas dans ce genre de situa­tion, en tout cas, que je peux plus m’en satis­faire. Plus le temps avance, moins je m’y recon­nais et plus j’ai envie de pas­ser à autre chose. Nor­mal, je fais ça tous les 3-4ans, mais je suis en train de pas­ser d’une phase “blog-internet-autopublication” à une autre qui est encore bien mal défi­nie, même pour moi.

plication de texte (Ex ou Com ?) 2 (le retour)

[Aver­tis­se­ment : Je tiens à m’excuser par avance pour ce billet (ainsi que celui d’hier), sachez que je ne suis en aucun cas res­pon­sable de ce qui est écrit ci-dessous. C’est juste la fin du mois, cela a été écrit dans l’urgence aussi, peut-être valait-il mieux que je ne le publie pas. Mais tant pis, il est écrit, il sera publié ! Encore une fois, déso­lée pour ce texte (et celui celui d’hier) — Toute res­sem­blance avec un texte exis­tant est for­tuite, évidemment]

Reve­nons à notre expli­ca­tion de textes, autres vers extrê­me­ment connus:

Nous par­tîmes cinq. Sans Lemay, par un bon rang fort,
nous ven­dîmes trois Milan à Yvan le porc.”

Ces phrases sont obs­cures : nor­mal, il s’agit encore de phrases de Leu­cide. Il faut reprendre le contexte : n’oubliez pas que Leu­cide vit dans un camp de roms, il lutte contre l’héritage cultu­rel et social que lui ont imposé ses parents. et cause un fran­çais soutenu.

Du coup, décor­ti­quons la phrase.

Nous par­tîmes cinq.

Ils sont par­tis en bagnole à cinq, c’est impor­tant parce que la voi­ture, c’est une 4 L, le genre avec QUE quatre cein­tures de sécu­rité. Donc, la cin­quième per­sonne était de trop. Ça montre la rebel­li­tude de Leu­cide qui ose bra­ver les auto­ri­tés. Ima­gi­nez qu’ils aient croi­sés les flics, c’était l’amende assu­rée ! Mais ce n’est pas le cas.

Sans Lemay, par un bon rang fort,

Je dois vous expli­quer pour­quoi ils sont par­tis : Leu­cide et ses amis sont des ven­deurs de tout et rien. Ils vont sur les mar­chés pour gagner leurs vies (his­toire de sor­tir de l’héritage cultu­rel imposé par leurs parents, j’en ai parlé dans l’explication de texte pré­cé­dente), Leu­cide a donc monté un busi­ness de vente-à-tout.

Ce jour-là, ils y sont allé mais sans les CDs de Linda Lemay, parce qu’ils avaient remar­qués que ça plom­bait leurs ventes. Dom­mage pense Leu­cide, parce que c’est une bonne chan­teuse, mais Leu­cide était ce qu’il est, il ne croit plus en l’intelligence des gens. Bref, ils sont donc par­tis sans les CDs de Linda Lemay et ont réussi à obte­nir un bon empla­ce­ment sur le mar­ché “Un bon rang fort.”

linda_lemay

Un album de Linda Lemay (faut bien illus­trer les articles, c’est important)

Nous ven­dîmes trois Milan à Yvan le porc

Ils ont réussi à vendre (au black et à un excellent prix évi­dem­ment) trois places pour le match de foot Barcelone-Milan AC (oui, l’histoire se passe en Espagne, j’ai oublié de vous le dire…) à Yvan le porc.

Ce n’est pas très poli de l’appeler comme ça, je sais, mais rappelez-vous que Leu­cide, c’est une ver­sion mas­cu­line et moderne de Cas­sandre : les experts pensent donc que par cette phrase sub­tile, Cor­neille (qui aime­rait bien faire un duo avec Linda Lemay, d’où sa cita­tion de la chan­teuse) Cor­neille, donc, a voulu faire une réfé­rence directe à ses ins­pi­ra­tions grecs : Yvan le porc ne serait qu’une copie d’Apollon ou d’Ajax (qui avait violé Cas­sandre dans les W.C.), les plus osés consi­dé­rant que Yvan le porc est une figure mys­tique, assi­mi­lant à la fois Apol­lon dra­gueur, Ajax vio­leur et tous les mecs qui se sont jetés sur Cas­sandre, parce que même si elle cau­sait grec et que per­sonne ne la com­pre­nait à Saint Michel, et bien, elle était pas mal mignonne et qu’une fille comme ça, évi­dem­ment, ça doit se taper tout ce qui bouge…

Une autre inter­pré­ta­tion veut qu’il s’agisse là d’une allé­go­rie détourné de l’invasion des arabes (qui sont quand même allés jusqu’à Poi­tiers, y’a bien 2h de TGV, c’est loin !), comme les musul­mans ne mangent pas de porc, et que l’auteur aurait ainsi détourné les soup­çons de ses allu­sions racistes en appe­lant le per­son­nage du pré­nom Yvan (qui vient du russe : pays de l’est… OR les musul­mans se tournent vers l’est pour prier) et en appli­quant le qua­li­fi­ca­tif “le porc” pour dési­gner clai­re­ment les inter­dits ali­men­taires de son per­son­nage.
Evi­dem­ment, cette expli­ca­tion n’est fon­dée sur rien de solide et ne peut être rete­nue dans une étude lit­té­rale de ce texte. Non parce qu’après, on pour­rait faire dire n’importe quoi à n’importe qui… Et ça ne serait pas très sérieux !