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  • Archives pour le déc, 2011

    Bilan de l’année (parce qu’il faut bien en faire un de temps en temps)

    31 déc 2011 Published by under Divagations,Ecrire,Mes travaux

    Quand je vois les résolutions que j’avais prises l’année dernière, je me dis que 2011 n’a pas été une mauvaise année :

    1- Tenir ce blog à jour jusqu’au 31 décembre 2011

    Ben voilà, le blog a tenu et moi aussi ! 569 articles publiés en 2011, ce qui fait une moyenne de 1,6 par jour. Pfff… je n’aurais jamais cru être aussi piplette ! (faudrait des stats plus complètes genre « combien de mots par article en moyenne ? » ou nombre de visites, de mots et de commentaires… voire de mots par commentaire ! Wink  mais je n’ai rien pour faire ça facilement alors tant pis)

    Résolution 1 à l’aise ! Island

    2- Faire le NaNoWriMo en novembre (et si j’ai le temps la Script Frenzy en avril)

    Le NaNoWriMo a été fait et remporté ! D’ailleurs, pour information, le roman est disponible jusqu’à ce soir en cliquant sur l’image « Solitudes » à droite. Lisez-le vite, demain il disparaîtra des étalages jusqu’à sa réécriture/correction/relecture/publication.
    Je n’ai pas réussi à faire la Script Frenzy : pas du tout motivée. Par contre, j’ai fait le Camp NaNoWriMo cet été, alors j’estime que ça compense !

    Résolution 2 me laisse un tas de romans à corriger/réécrire et du boulot pour 2012 Coffee (et je me rend compte que je n’ai PAS de smiley Livre !)

    3 – Apprendre l’Allemand (enfin, m’y remettre, il faut bien un truc impossible à faire sinon c’est pas une liste de bonnes résolutions valables ! ;P  )

    Ben voilà, j’ai jusqu’à ce soir pour réapprendre tous les verbes irréguliers. Je n’ai toujours pas repris l’allemand, alors que le Goethe Institut est au bout de ma rueThinking

    Résolution 3 reportée à 2012  Fingers Crossed

    4 - Me remettre plus assidûment au dessin et la sculpture (et pourquoi pas la peinture pour finir le paravent que j’ai commencé il y a 3 ou 4 ans et qui est toujours à l’état d’ébauche…)

    Assidûment ? Ouais, c’est loupé. J’ai fait un peu de sculpture par contre (le buste de BB3 parce qu’il n’y a pas de raison que les autres en ait un et pas lui), j’ai fait une seule peinture et c’était la copie de  Maurice Denis. J’ai fait un peu de pastels aussi des grands formats. Par contre, je me suis mise à la photo/vidéo et ça c’est nouveau. Mais pour l’assiduité, on repassera. De même, le paravent est toujours planqué en haut de l’étagère où il prend sagement la poussière…

    Résolution 4 pas complètement loupée, mais pas gagnée quand même  Turtle

    5 – Essayer d’être plus organisée et de suivre mon programme (bon ok, au moins ranger les fichiers de mon ordi – pour la maison, laissez tomber, on verra ça en 2012 !)

    Et bien la maison est rangée (enfin non, là, ce sont les vacances, il fait froid, les enfants sont là H24… elle ne peut pas être rangée !) mais elle est organisée et chaque chose a sa place désormais. J’ai même réussi à me faire un coin bureau pour écrire Grin
    Niveau organisation: je me la pète grave ça a été plus facile que prévue avec un bon auto-coup de pied aux fesses (dur, mais pas impossible). J’ai presque respecté mes plannings (oui, pour l’année prochaine, ne pas me faire des plannings de dingue qui exigent de moi concentration, force, inspiration ET vitalité sans me laisser le temps de dormir et de manger)

    Résolution 5 check de chez check et re-check  Dance

    Pour 2012, on prendra donc les mêmes et on recommencera !

    Sinon autre bilan plus général : TRES POSITIF !

    J’ai publié 2 longs romans (Absences et Fugues) avec de bons retours.

    J’ai publié des textes (officiellement 8, incluant Absences et Fugues) et j’ai dépassé les 1000 téléchargements de ceux-ci hier ! Je compte sur tout ça environ 10% de téléchargement gratuit contre 90% de téléchargements payants (et ouais !) – et là, merci à vous parce que vous vous intéressez à mes textes et ça, ça me fait chaud au coeur.

    J’ai des tas de projets en idées, réalisations, finalisations pour 2012, mes amis aussi (et je pense à Idmuse qui va publier son premier texte qu’on peut pas vous dire quoi c’est sous pseudo, et puis à d’autres tout aussi chanceu(ses)x mais que j’ai pas le droit d’en parler non plus)

    Des tas de découvertes, de rencontres, d’échanges intéressants avec des gens tout aussi intéressants : Suzanne, Jean-Charles, Olivia, Isa, Pierrick, Jiminy et puis pleins d’autres, tellement que j’en oublie (fouillez dans les  2210 commentaires du site, ils sont très instructifs)

    Voilà, me reste plus qu’à vous souhaitez un bon réveillon si vous en faites un, sinon une bonne nuit, ainsi qu’une bonne année 2012 qui ne se terminera pas plus tôt que prévue, ça j’en suis certaine ! (même si je vais passer mon année vous dire le contraire ! Razz )

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    Va vite t’inscrire sur les listes électorales ou tu boufferas du navet !

    29 déc 2011 Published by under Culture

    Comme chaque année (et plus encore cette année parce que 2012, c’est la fin du monde une année de grosses élections), il FAUT vous inscrire sur les listes électorales !

    On le dit partout, on le matraque, on le retweet même à outrance.

    Si tu t’inscris pas, le pire peut arriver (genre comme en 2002). Si tu t’inscris pas, tes idées ne seront jamais prise en compte. Si tu t’inscris pas, c’est un signe que tu es un français qui n’est pas responsable, pas citoyen, pas un bon français.

    Je ne suis pas inscrite sur les listes, je ne l’ai jamais étée et non, je n’irais pas m’inscrire en catastrophe vendredi à 15h55 parce que j’ai oublié. Je ne suis pas inscrite et c’est un choix délibéré.

    Le droit de vote est ce qu’il est : un droit.

    Tout droit implique un devoir, le devoir associé au droit de vote n’est pas de s’en servir comme beaucoup de répètent et certainement le pensent : le devoir associé au droit de vote est le devoir de jugement.

    Toute personne inscrite sur les listes électorales peut être tirée au sort pour former un jury d’assises. C’est à dire être juré pendant un procès. Si ça tombe sur vous, aucun échappatoire possible (les raisons pour éviter sont précises et limitées et vous faire porter pâle peut vous coûter également très cher), si vous êtes tiré au sort, vous n’aurez pas d’autre choix que de porter un jugement en votre âme et conscience sur des faits, des preuves et l’éloquence des orateurs. Avec toutes les erreurs que cela implique. (Vos droits – Puis-je refusé d’être juré à une cour d’assises ? – la loi va même changer à l’avenir puisque cela s’étendra aux jugements de mineurs de 16 à 18ans)

    Ma philosophie de vie est telle que je ne peux pas juger les comportements d’autrui. Chacun arrive à ce qu’il fait par des choix et des non-choix. Condamner un type parce que le destin a été injuste avec lui ? Que la loi est mal faite ? De quel droit ? Je ne m’en sens pas capable.

    Je refuse donc le droit de vote. On se met les responsabilités que l’on désire sur les épaules, on évite celles qu’on ne peut pas porter. Voilà ma pensée.

    Cela ne veut pas dire que je n’ai pas d’idées politiques : ne pas voter ne veut pas dire ne pas participer à la vie de la cité. La vie quotidienne est marquée par cette implication. Il vaut mieux des actes que de belles paroles : les élections sont de belles paroles.

    Je pense également que les hommes politiques tuent bien souvent l’intérêt qui pourrait me faire changer d’avis : leurs idées sont ce qu’elles sont, leurs convictions également. Quand un homme politique sortira du lot, enverra paître les « riches, puissants et influents » qui font tout pour continuer à bien vivre tout en méprisant les « pauvres ». Quand les députés arrêteront de bloquer les lois qui les concernent (retraites, limite d’âge, non-cumul des mandats, limitation des revenus…) et qui concernent leurs « soutiens », ou que le président appliquera les lois votées au lieu de les bloquer pour des sombres jeux politiques, alors peut-être, je changerais d’avis.

    Pensez-y aussi (je ne dis pas que vous ne devez pas vous inscrire attention !) : en vous inscrivant, succombez-vous à un effet de mode hivernale ou entrez-vous réellement dans la vie citoyenne ? Vous intéresserez-vous vraiment aux débats à l’assemblée, aux injustices légales, aux idées des uns et des autres ? Ou suivrez-vous comme de bons petits moutons, les programmes racoleurs et enjolivés des discours publicitaires des partis politiques ? Quelques soient vos opinions politiques, réfléchissez bien : s’inscrire sur les listes électorales est un choix qui doit être fait en conscience, c’est à dire vous faire réaliser que vous devez vous impliquer dans la vie politique.

    Arrêtez donc que poussez les gens à le faire pour de mauvaises raisons (qui n’en sont pas : le slogan officiel est « parce que le 31 décembre, il sera trop tard », c’est une super raison qui donne vraiment envie de s’inscrire ! Ouah, je suis scotchée…Thinking )

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    Les pieds sur terre

    27 déc 2011 Published by under Ecrire

    Je croise beaucoup de personnes (souvent les mêmes que précédemment, mais pas toujours) qui rêvent de devenir auteur, d’obtenir la gloire et pis la fortune aussi… Je dis rêve parce qu’on sait tous que la fortune, en étant auteur, c’est pas gagné.

    Sauf si c’est la bonne fortune (et non le côté pécunier) qu’on recherche et là, oui, effectivement ça peut arriver. Mais encore faut-il pousser sa chance ! Mais ce n’est pas le sujet de cet article (j’en ferai un jour, promis, sur le « pousser sa chance » quand on écrit)

    Aujourd’hui, je veux vous parler du fait qu’un auteur auto-édité (ou pas d’ailleurs), quand il écrit de manière professionnelle (j’entends : gagne de l’argent puisque dès le premier centime il faut déclarer ses revenus et donc accéder au côté « pro » du manche), que cet auteur, donc, doit avoir les pieds sur terre.

    C’est beau de rêver, c’est beau d’être inspiré et d’écrire avec ses tripes, les yeux dans les étoiles avec une plume d’oie sur un vieux parchemin (oui, ça c’est le mythe de l’écrivain ermite au fond des bois, je l’invente mais beaucoup ont cette image très vieillotte et fantasmée en tête – ‘ttendez, même Victor Hugo utilisait une plume en métal !).

    Mais quand on en fait un métier, ben il faut remettre les pieds sur terre rapidement : création d’entreprise, déclarations, problèmes (oui, parce que même quand c’est « simple » comme l’autoentreprenariat, ben y’a des problèmes – ou alors je suis un aimant à poisse administrative !)

    Auteur auto-édité, c’est tenir une comptabilité simple (hé oui, même pour vous qui êtes nuls en maths, rassurez-vous excel fait ça très bien !) c’est déclarer en temps et heures ses revenus au bon organisme (me rappelle que suite au retard de l’insee et de l’urssaf, j’ai pas répondu à la question de la mutuelle sécu, et que je dois confirmer que je ne suis pas inscrite au régime des artistes parce que la maison des artistes c’est un bordel monstre comparée aux autres… vous y pigez rien ? c’est pas grave, apprendre sur le tas, c’est le meilleur moyen d’être calé en création d’entreprise)

    Même en prenant un régime « pack-cadeau simplissime » c’est quand même de la paperasse et des soucis.

    Je ne parle pas de l’aspect « commercial » de l’autoédité qui, bien souvent, est lamentable et du coup, ne vend pas. Parce que je pense que la littérature est un art comme un autre : il se vend, se monaye et se publicise tout autant que les autres. Oui, toi le rêveur, tu n’y crois pas, je sais, mais « monayer » et « publiciser » ne sont pas ni des gros mots, ni incompatibles avec qualité, car au final c’est de l’enrobage: un bon texte restera bon, un mauvais mauvais. Le pire qui pourrait arriver, c’est qu’un texte surévalué (cher et beaucoup vanté dans une publicité honteuse – faux commentaires, critiques bidons ou aveugles, etc.) décevra beaucoup le lecteur qui ira le dire partout (très mauvaise critique), ce qui n’est pas le cas d’un bon texte.

    Bref, voilà, toi l’écrivain qui rêve d’être publié et de rencontrer ton public, pense que même si le marketing, tu es bien au dessus de tout cela, que puisque tu fais de l’art, tu n’attends que la gloire, à partir du moment où tu gagneras ton premier centime (pas le second), tu mettras le doigt dans un engrenage administratif qui exigera que tu remettes les pieds sur terre très rapidement : l’administration française est impitoyable sur ça et ne te fera pas de cadeau.

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    Mythe de l’écrivain : mes textes, c’est môa !

    21 déc 2011 Published by under Ecrire,Littérature

    Il existe beaucoup de mythe de l’écrivain (du maudit à l’inspiré, en passant par le dépressif qui ne vit que pour l’écriture)

    Aujourd’hui, j’aimerai casser le mythe de l’écrivain qui est ses écrits, qui vit ses écrits, qui comparent toutes les conneries qu’il écrit à sa propre vie, son propre ressenti, bref,  le mythe de « Mes romans, c’est mâââ vie, c’est tout môa ! » (croah croah dirait la grenouille, amie du boeuf)

    Pourquoi un tel mythe ? Je l’ignore, mais honnêtement, je ne comprends pas les gens qui « vivent passionnément par l’écriture », qui ne pense qu’à ça depuis leurs 7 ans et qui sont très malheureux quand ils n’écrivent pas.

    Oui, je suis malheureuse quand je n’écris pas, mais ce n’est pas parce que je n’écris pas, c’est parce que je ne peux pas pour des raisons matérielles ou morales trouver le temps et le calme pour écrire. Ca n’a rien à voir avec l’écriture.
    Non, je ne pense pas à devenir un écrivain depuis que je suis gamine. Heureusement, ça me permet d’avoir une vision réaliste de la chose : le boulot qui est demandé, la lucidité des choix que je dois faire, la réalité matériel d’être écrivain.
    Non, je ne vis pas « passionnément » par l’écriture, je vis pour la création (et encore c’est réducteur : je ne vis pas POUR ça, j’ai quand même d’autres objectifs dans la vie). L’écriture est un pis à lait parce que je ne peux pas pratiquer d’autres arts aussi facilement.

    Tout cela bien sûr, n’est qu’une opinion personnelle.

    Par contre, je pense que certains aiment jouer sur ce mythe, ça leur donne l’aura d’un grand écrivain. Enfin, l’aura… quand je lis des descriptions comme celle-ci (description modifiée pour ne pas la retrouver sur internet, de toute façon, elle pourrait convenir à pas mal d’auteurs amateurs, je pense) : 

    J’écris des textes qui me ressemblent, remplis de nonchalance. Bienvenue dans mon univers poétique et onirique.

    Donc, quand je lis des descriptions pareilles, j’ai envie de me marrer, mais la plupart du temps, je soupire. C’est tellement commun, l’idée que les écrits sont l’image de soi, et décrire cette image avec des adjectifs qui vous placent un peu hors du temps, comme un être rêvé… ça me gonfle. Qu’une autre personne que l’auteur dise de lui qu’il est « ce mythe » d’accord. Mais que l’auteur lui-même se définisse avec si peu de modestie, c’est exaspérant. Surtout quand il n’est pas un mythe justement !

    Venons-en au mythe des textes assimilés à la vie de l’auteur. Il est une mode en ce moment qui est à l’autobiographie (inintéressante ou déguisée sous le terme de « roman » qui prouve parfois un manque d’imagination) ou encore à l’autofiction (qui présente l’auteur comme héros des aventures qu’il vit, mais sont bel et bien fictives). Le lecteur assimile donc facilement l’auteur au narrateur, et le narrateur à ce qu’il décrit. Le fait est, en plus, que plusieurs cas ont dernièrement fait parlé d’eux parce que des gens s’étaient reconnus dans des textes (ou que des correspondances privées étaient reproduites sans accord), bref, la frontière entre la fiction des textes et la réalité de la vie de l’auteur est bien malmenée dans l’esprit des lecteurs et souvent des auteurs eux-même.

    Une confusion mentale qui n’est pas très saine, surtout quand certains (je l’ai entendu) affirment que pour transcrire la réalité, il faut l’avoir vécu. Et donc obligatoirement coller des éléments historiques réels dans le récit.

    C’est un tord : l’avoir vécu ne signifie pas en avoir été le héros réel. L’avoir vécu, pour moi en tout cas, signifie s’être mis à la place du personnage, avoir ressenti ce qu’il a ressenti et avoir réagi comme il a réagi. Pas besoin de coller un ex patron  dans l’histoire ou noircir les traits de la nouvelle femme de son grand amour pour faire du vrai. Je dirais même qu’écrire pour se venger, ça n’apporte rien de bon à part une mauvaise réputation.
    Bref, on mets toujours de soi dans les écrits : ses idées, sa manière de penser, ses tournures d’esprits et de phrases. Ce n’est jamais neutre. Mais oubliez le mythe de l’écrivain qui est ses textes, et des romans qui sont l’écrivain. Surtout si vous êtes écrivains, je dirais. Ca vous évitera de vous tourner en ridicule quand on vous demandera de fournir une bio et que vous direz : « Depuis toujours, j’écris mon journal intime avec sincérité et talent. J’ai fini par utiliser ma sensibilité naturellement à fleur de peau pour transmettre un message d’amour et de paix, de tolérance et d’égalité à mes lecteurs. Je déteste la violence. »

    En plus, user du mythe de l’écrivain qui ne peut pas écrire autre chose que ses propres sentiments exacerbés ne peut que vous jouer des tours. Si vous écrivez un truc un peu osé, votre famille vous considérera d’un autre oeil, voire vous en voudra à mort. « Dis Charles, à ta dernière interview t’as dit que tu puisais dans ta vie les éléments de tes contes. Tu n’avais pas le droit de me décrire en méchante belle-mère narcissique qui veut faire tuer Blanche Neige ! Je ne suis pas comme ça dans la vie ! »

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    Réflexion du dimanche (prenez-en une graine et plantez-la dans votre tête)

    18 déc 2011 Published by under Culture,Littérature

    Suite à un échange sur Twitter avec Luc Prévost (aka  @autopublication - pas de site ou de blog mais ça viendra peut-être edit : il a un site : lucprevost.com) et qui portait sur cet article du Nouvel Obs

     

    Voici l’échange :

    Je me suis dit que la plupart des discours qui allaient contre le numérique et annonçaient la catastrophe (ou que ça ne décolle pas, ou que c’est le papier qui est mieux, ou que le numérique tuait les libraires…) étaient lancés par des « journalistes » ou au moins des auteurs qui sont :

    1. Publiés dans des grandes maisons d’éditions (Gallimard en tête)
    2. Collaborateurs dans des grands journaux où d’autres collaborateurs sont publiés dans des grandes maisons d’éditions (copinage ? Naaan)
    3. « Journalistes » de ces quotidiens/hebdos/mensuels (car ils participent souvent et régulièrement à plusieurs parutions) sont plus reconnus comme « journalistes » que comme « auteurs » (à part Beigbeder qui hurle à la mort, mais c’est une exception)

    On les accusera de copinage inévitablement (moi la première) parce qu’évidemment, ils reprennent les discours d’Antoine Gallimard (qui est président directeur général de toute la littérature française qui se respecte actuellement – comme les vieilles bourges un peu coincées) qui est très en retard sur la question numérique et utilise la lenteur et la pesanteur du système de l’édition française actuel pour ralentir la mutation qui est en train de se faire.

    Pourquoi font-ils cela ? Je pourrais être sympa et dire que ces auteurs ont une vision tronquée, qu’ils ne comprennent pas internet et les nouvelles technologies (la plupart ont passé la soixantaine… à part Beigbeder), ils ne comprennent pas qu’on puisse bousculer la culture frâââânçézeux (avé l’accent de la Comédie Française). Ca serait jouer leur jeu idéologique qui consiste à dire que la littérature est au dessus de toute notion de commerce et que l’auteur ne publie que pour la gloire. Ben voyons.

    Non, ils disent souvent cela parce qu’ils sont lucides : M.Gallimard (ou consort) a droit de vie ou de  mort sur mes écrits. Si je dis un mot de travers, il ne me publiera plus. C’est un caractériel, comme son grand-père. Par contre, si je l’encense, là, je peux peut-être lui refourguer mon roman pas super bien ficelé pour la rentrée prochaine et obtenir un petit à-valoir.

    Si ces auteurs sont arrivés à ce degré de connexion (collaborateurs de journaux nationaux, des dizaines de publications dans des maisons d’éditions connues, critiques de livres obtenues plus facilement que pour des oeuvres d’auteurs quelconques), c’est qu’ils ont compris les engrenages du système : le copinage, le lèchage de botte, le béni-oui oui et le besoin que le système continue. Hé oui, parce que si, un jour, le système s’effondre et qu’on commence à reconnaître plus de talents à des auteurs inconnus, ils perdront leur crédibilité et donc leur revenus (ne parlons pas de leur petite gloire, pour être à ce niveau de connivences, il faut avoir un appétit d’ego particulièrement développé, c’est pourquoi vous ne m’y verrait jamais… en plus, je suis une femme, on ne me demanderait pas forcément de lécher des bottes)

    Voilà donc ce que j’aimerai que vous méditiez quand vous lirez un article de journal (je ne parle pas des blogs personnels qui sont souvent du bavardage autour des grands thèmes lancés par les médias, mais des journaux comme Le Monde, Nouvel Obs, Marianne, Figaro, Libération, etc. n’importe quel journal dit National) regardez le nom de l’auteur de l’article et réfléchissez à ça :

    1. Ce « journaliste » est-il vraiment un journaliste ou un auteur qui écrit des chroniques ?
    2. Est-il édité par une grande maison d’éditions et quel est la position « numérique » de celle-ci ?
    3. Son discours va-t-il dans le sens de sa maison d’édition ou à l’opposé ? Et dans quelle mesure ?

    Rien que ces questions essentielles pourraient vous faire voir certaines diatribes (ou éloges) sous un nouveau jour. Cessez de croire uniquement ce qu’on vous dit et réfléchissez au delà du texte !

    En résumé, je mets la conclusion de Luc à notre discussion :

     

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    Je reçois des mails… et j’avoue que je ne sais pas quoi répondre

    14 déc 2011 Published by under Ecrire

    Une personne m’a contactée, il y a quelques temps, pour me proposer une collaboration. Une collaboration, ça peut être bien, n’est-ce pas ? Sauf que j’ai un peu hallucinée en découvrant le contenu du mail.

    D’abord, on m’appelle madame (ok, bon, je prends dix ans d’un coup quand on fait ça, spa grave faut que je m’y fasse, paraît que Mlle c’est passé de mode), ensuite la personne me parle de ses idées pour un roman (très vague d’ailleurs : horreur et humour, on fait pas plus concis)  et me dit qu’il en a plein (toujours très vague, ça).

    Pourquoi pas, hein ? Qu’il vienne me parler de ses projets, c’est bien, je suis la première à encourager les futurs écrivains ! Mais là, on me demande pas mon avis sur un texte, naaaaan, alors je continue en me demandant bien où veut en venir ce jeune homme (voyez, moi, je suis sympa, je le pense jeune, huhu)

    C’est là qu’il me parle de son envie d’écrire un roman (très bien, comme un tiers des français, jeune homme) mais que comme il fait des études en ce moment, et qu’après il risque de bosser dur (tant mieux pour lui, le boulot c’est pas toujours évident à trouver de nos jours), il n’aura pas le temps de parvenir à son projet tout seul. Heum… Ouais, comme pratiquement le tiers des français, le même que cité plus haut et qui veulent écrire un livre, mais qui ne passent jamais à l’action.

    D’où sa proposition de collaboration : comme j’aime mélanger humour et horreur, voilà il a pensé à moi ! (Flatteur !)

    Il a pensé à moi pour quoi exactement, ça je n’en sais rien, j’ai pas compris si je devais jouer les pompoms girls (m’étonnerait, vu qu’il a l’air overbooké) ou l’aider à écrire (pourquoi pas à la limite) ou juste jouer les nègres pardon les écrivains de couleur et écrire ses idées à sa place.

    A aucun moment il n’évoque un arrangement financier ni ne demande de tarifs  (du coup, je pourrais bâcler un truc en 3 jours et lui vendre au prix fort ! Mouhahahaha !), parce que moi, écrivain c’est mon métier (ouais, même si l’Insee fait des siennes et a perdu un papierThinking j’ai jamais eu de bol avec l’administration). Je fais pas ça gratos, surtout que je suis la première à dire qu’on peut en vivre, si on y mets la volonté et les moyens ! (et qu’on est patient… allez mon indépendance financière, je l’aurais un jour, je l’aurais !)

    Alors voilà ce que j’aimerais répondre :

    Des idées, j’en ai plein moi aussi, j’ai déjà pas le temps de toutes les écrire alors, écrire celles des autres, ça risque pas. En gros dans mon carnet, je dois avoir 10 romans avec plans/personnages, 10 avec un sujet déjà défini et 10 avec de vagues idées qui ne demandent qu’à être développées. Sans compter les impromptus que je sors sur un coup de tête comme ça au débotté. Disons que rien qu’avec mon carnet, j’en ai pour dix ans de boulot. Sauf que les idées, elles, continuent d’arriver… le temps n’est pas une donnée extensible malheureusement.

    En ce qui concerne l’humour, ça me permet de me détendre : en gros je bosse sérieusement sur des romans sérieux, c’est ce qui me tient le plus à coeur, les romans sérieux. A côté de ça, je ponds de temps à autre des textes plus joyeux et humoristiques. Parce qu’il faut bien se détendre (entre les adultères, les suicides, les maladies, les fous et les amours qui finissent en eau de boudin, ça fait pas de mal de rire un peu) et aussi parce que ça se vend bien mieux que mes romans sérieux (là t’as bien choisi ton créneau : l’humour et l’horreur)

    Ensuite, une collaboration de ce type pourrait m’intéresser à plusieurs conditions : soit on me paye pour le temps passé dessus (ça va douiller mon gars, même si tu me payes au smic horaire), soit on me paye au pourcentage sur la vente (mais je dois être sûre que ça se vendra suffisamment pour rentabiliser l’investissement de temps, soyons logique si c’est pas un éditeur qui me le propose, je refuserai net – je connais les niveaux de vente en auto-édition et si tu espères vendre le bouquin à un éditeur a posteriori, tu es un doux rêveur), soit tu es un auteur que j’apprécie beaucoup et là, c’est un plaisir juste pour le plaisir je m’en fiche à la limite d’être payée (là, c’est entrer dans une catégorie très restreinte que j’estimerais à deux ou trois personnes ! M’étonnerait que tu en fasses partie)

    Alors, c’est pas que je n’ai pas envie de bosser avec toi, mais voilà, écrire un roman ça prend du temps et être écrivain, c’est un métier, mal payé certes, mais qui implique de bosser à plein temps sur ses textes.
    Si tu veux vraiment écrire un bouquin, consacres-y toi et mets-y les moyens (temps et sacrifices financiers). Avoir des idées ça ne suffit pas, on en a tous, ce qui fait la différence,  c’est le temps qu’on y consacre. Je suis un cas à part, je bosse à plein temps sur mes écrits. La plupart des gens que je connais et qui écrivent font ça sur leur temps libre : ils se lèvent plus tôt, se couchent plus tard, sacrifient des samedis après-midi, des dimanches entiers à l’écriture. Bref, ils se débrouillent.

    Après si t’as les moyens de te payer un nègre écrivain de couleur, pourquoi pas ? J’avais estimé le coût d’un roman à 4000€ au smic horaire, je peux peut-être te faire une réduction (si tu te contentes d’un premier jet et tu t’occupes de la correction définitive par exemple), voilà tu es prévenu. Evidemment, ça c’est le texte brut, sans formatage pour ebooks ou impression. Je ne suis pas mesquine mais si je dois reporter mes autres projets, il faut que je sois payée correctement.

    Voilà ce que j’aimerai lui répondre. Mais c’est un peu agressif, je trouve…

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    Le problème des « institutions » artistiques

    11 déc 2011 Published by under Culture

    La nuit dernière, c’était la nuit des Arts à Roubaix.

    En gros, une dizaine de lieux à tendance artistique ouvraient leur portes une partie de la nuit (jusqu’à 23h-minuit) pour la plupart. Tous les ans, j’attends ça avec impatience : le marché des modes et la braderie de l’art. Depuis deux (trois ?) ans, ces manifestations se couplent avec cette fameuse nuit des Arts.

    Depuis 3-4 ans, je suis déçue par la braderie de l’art qui n’est plus qu’un amas d’artistes plus ou moins créateurs et pas du tout innovants. Un ou deux sortent du lot, mais la plupart n’ont aucun originalité, ni innovation. Le principe initial qui rendait cette manifestation intéressante est même complètement oublié pour devenir un supermarché.

    Le principe de la braderie était : des oeuvres d’art abordables, créées à partir de recyclage et DEVANT les visiteurs. Quelques créations, pré-braderie était acceptée, mais la plupart des oeuvres devaient être réalisées sur place avec les matériaux fournis. Ca commençait à 1€ et allait au maximum jusqu’à 200€. Abordable donc.

    Des oeuvres à 1€, il n’y en avait pas ou alors je ne les ai pas vu et certaines dépassaient largement les 200€. La crise sans doute et le fait que l’organisation qui ramassait au départ 30% des bénéfices exige désormais 50% (il me semble) L’artiste se retrouve donc à brader ses oeuvres et à les vendre quand même trop cher ! J’ai accepté, il y a quelques années, de payer plus cher pour une oeuvre de Daeye parce que je savais la partie due à l’organisation et que je voulais vraiment cette oeuvre (je les reluquais depuis près de 2 ans !), mais c’était un artiste que j’avais repéré avant, pas grâce à la Braderie.

    Ma dernière trouvaille durant la Braderie remonte bien à deux ans : WaiiWaii.

    Depuis (et même avant), on retrouve toujours les mêmes choses : les saladiers en disques vinyles, le type qui fait des abats-jours en origami, le type qui fait des cartes postales en zinc rouillé, celui qui fait des arbres-vitraux… Bref, la nouveauté et l’art ne sont plus là. C’est devenu même pour certains une annexe du Marché des modes (quoi que cette année, il ne me semble pas que l’on ait retrouvé les mêmes exposants aux deux manifestations, ce qui était le cas les années précédentes)

    Le marché des modes n’est pas jamais franchement original : on retrouve sensiblement les mêmes choses d’un année sur l’autre, et sensiblement les mêmes tendances d’un stand à l’autre. Quelques innovations amusantes (les bijoux en charbon par exemple cette année). Bref, à part Ise – brodeuse d’images (à gauche de l’entrée, dans le hall de l’ENSAIT)  a qui j’ai acheté un petit portrait brodé, la plupart sont des petits créateurs en série.

    L’année dernière, on avait découvert le Vestiaire (sorte d’annexe permanente du marché des modes), qui présente bien souvent les mêmes personnes qu’au Marché des modes, mais dans un show room ouvert toute l’année. Cette année, en sortant de là, ma tante et moi, nous avons été très déçues (quoi que j’avais mon portrait brodé, alors je pouvais mourir heureuse ROTFL )

    Du coup, nous sommes parties en vadrouille : Deux galeries à proximité de l’ENSAIT (Les JARTdins de Sabila et Des Griffes Art qui sont… nulles. N’y cherchez pas autre chose qu’un panneau décoratif sans imagination à mettre au mur. C’est standardisé et même si je reconnais que certains ont de la technique, la technique ne fait pas une oeuvre d’art, ça fait juste un bon truc visuellement mais sans âme ni histoire)

    Bref, en sortant, on était encore plus déçues. Du coup, on a décidé de visiter des lieux insolites et LÀ nous avons enfin trouvé des artistes intéressants. Le genre d’oeuvres que vous voyez et vous vous dites : Oui ça c’est quelque chose.
    Nous avons donc visité L’écomusée des peignes et brosses (pas trop d’art, mais pour voir l’atelier et écouter le propriétaire vous parler de son histoire, ça vaut le coup), puis La Forge de l’Usine Cavrois-Mahieu (pleins d’artistes ! dommage que ça soit aussi cher pour certains, mais c’est l’occasion de découvrir de nouveaux artistes) et enfin, la Manufacture des Flandres qui expose en ce moment un photographe, Bruno Dewaele qui décline les tirages (là, c’est gloups les prix, mais bon, l’art c’est jamais vraiment donné…)

    Voici le programme que vous avez loupé (mais certains sont encore ouvert aujourd’hui, donc n’hésitez pas à y aller)

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