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  • Archives pour le jan, 2012

    L’oiseau et le dico

    21 jan 2012 Published by under Culture,Ecrire

    Je déteste le pinaillage sur les mots et les définitions du dictionnaire. Je l’ai déjà dit, je le répète:

    J’adore jouer avec les mots, j’adore prendre un mot au sens premier quand son usage est depuis longtemps devenu second, j’adore le dico, les règles (que je réapprends chaque jour), les usages. Par contre, je déteste les ayatollah du dico qui ne jurent que pas la définition exacte de l’Académie.

    Pourquoi ?

    Parce que tout simplement, ils ne réalisent pas que les règles de la langue française, les normes, les définitions ne sont pas universelles et sont surtout le CHOIX d’hommes et de femmes afin de transcrire la langue française. En gros, si je bossais au Petit LaRobertousse,  et que pour un mot j’y écrivais une définition cohérente (évidemment) mais orientée (voir la polémique auteur/écrivain), mais que sur mon blog, je donnais l’orientation inverse (qui est tout à fait plausible également), et bien je suis sûre qu’il y aurait des gens obtus pour me sortir l’orientation du dico pour m’affirmer que je me trompe.

    Dans les deux cas, je n’ai ni tord ni raison, pas plus que le dico car à partir du moment où on entre dans le subjectif et la nuance, les mots sont multiples, changeants et chacun d’entre nous en a sa propre définition.

    De plus, ces « maniaco-dépressifs » du dico prennent parfois de grand air et un ton très docte pour m’enseigner l’étymologie de tel mot dont j’ose changer le sens. L’étymologie est l’archéologie du mot : c’est vieux, c’est le passé, depuis le mot a changé parfois du tout au tout.
    Ils se sentent agressés sans doute, mais ne le suis-je pas moi-même quand on m’impose une définition qui ne me convient pas ? Vais-je pour autant aller insulter le type armé de son dico qu’il me balance dans la tronche comme unique argument (ça peut faire mal aussi Razz)

    Quand on oppose le pavé figé à la langue volubile, on arrive à un point qui est à mon avis essentiel dans la littérature française : on veut la renouveler avec un héritage énorme, lourd et pesant. Essayez de faire voler un oiseau avec un dico accroché autour du cou ? Il va se démener, mais retombera toujours le bec sur l’ouvrage, incapable de changer d’horizon.

    Voilà comment je vois le monde : la langue se parle avant de s’écrire, puis FINALEMENT d’être codifiée. C’est ainsi que cela fonctionne et partir dans le sens inverse : partir du code (dico), pour écrire entre les clous et s’entendre parler en méprisant l’oral courant, c’est une mécompréhension immense du système. Une vision élitiste et particulièrement fermée.

    Prenons maintenant, cet oiseau qui vole n’importe comment, qui piaille qui fait des loupings, des piqués, qui plonge, migre, revient… C’est n’importe quoi, c’est beau, c’est surprenant, c’est une nuisance aussi parfois (je me rappellerai toujours le nid de pigeons en face de la fenêtre de l’appart parisien de l’♂). La liberté, il connait.

    Posez-lui un dico, expliquez-lui son fonctionnement (et non pas les mots !), il va continuer à voler à sa guise, de temps en temps il viendra se poser sur le dico quand ça lui chante, quand il le trouvera utile. Mais il va pouvoir se fortifier, s’améliorer librement. Un jour même sera-t-il assez fort pour soulever le dico et l’emmener voir ailleurs, plus loin. Parce qu’il n’est pas obsédé du dico, mais du mot et des sens qu’il peut leur donner, lui, langage, parce que c’est dans l’usage que la langue vit et non dans le vestige du passée.

    Je ne dis pas que les règles sont inutiles, que le dico est un vieux truc moisi dans un coin, pas du tout. Mais il est un outil, pas une contrainte. Réapprenez à réfléchir sur le sens que VOUS donnez aux mots, et non pas celui que vous avez lu quelque part.

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    Mise au point sur le « fric » dans l’édition numérique (avec des chiffres dedans)

    14 jan 2012 Published by under Littérature

    Voilà, plusieurs fois cette semaine, j’ai vu des trucs à me faire sauter sur place.

    Des remarques sur des prix de bouquins trop chers pour ce qu’ils sont. J’en ai déjà parlé ici (et je reconnais que mon bouquin, à côté, est VRAIMENT très court et justifie bien plus cette remarque que les livres suivants qui ont été jugés trop chers)

    Petit ange de David Forest à 0,99€ -> une nouvelle jugée par une lectrice outragée comme un « roman pas fini » sous entendant qu’à ce prix-là, elle s’était faite arnaquée (le principe d’une nouvelle étant d’être courte et beaucoup moins fournie qu’un roman…) (voir le blog de David Forest)

    In My Head de Jiminy Panoz à 1,99€ disponible également en paiement par tweet (gratuit donc) qui est un micro-roman (donc un roman à action resserrée qui se lit assez vite) -> jugé très cher par un lecteur.

    Si Jiminy s’est bien défendu chez La Dame au Chapal en expliquant le travail fourni derrière le fichier (à lire ici dans les commentaires de l’article), je me permet de vous expliquer quelques points importants à savoir quand on parle de livres et d’éditions numériques francophone.
    (la France, ça réduit trop quand on sait que ça se joue à l’international et sur le marché francophone canada-france-belgique-suisse-etc)

    Comparer le marché US et anglophone avec le marché francophone est une belle connerie : le marché US est mûr, le marché français n’est encore qu’un bourgeon même pas ouvert. Nous sommes également sur un marché plus restreint : le monde entier parle plus ou moins anglais, il y a beaucoup moins de francophones dans le monde.

    Je vais vous faire une étude de cas : deux auteurs auto-publiés, l’un anglophone, l’autre francophone, avec les chiffres identiques établis sur le même revendeur (Amazon) et sur les mêmes périodes (à 2jours près, mais vous allez voir que ce n’est pas si important): Joe Konrath et moi. Pour aller jusqu’au bout de la comparaison : les deux bouquins sont dans le top 100 depuis 70jours environ ! (on ne pourra donc même pas critiquer la comparaison sur ça !)

    Marché US
    Par exemple, je prends les chiffres de Joe Konrath annoncés pour janvier (à lire ici) :
    son roman The List actuellement 71e au top 100 kindle US avait au 11 janvier quelques 11000 téléchargements, soit 1000 achats par jour. Il n’est QUE 71ème, c’est à dire dans le dernier tiers du top, on peut facilement imaginer le double pour ceux en tête du top -voire plus encore)

    Marché Franco
    Mon roman Petits Meurtres à Paris au 13 janvier avait à son actif pour le mois de janvier 380 ventes, soit 29 ventes par jour. Petits Meurtres à Paris oscille depuis le début du mois entre la 8ème et 15ème place sur le top 100 kindle France, ce qui est pourtant une excellente place !
    Rien à voir donc, nous sommes bien sur deux marchés distincts et totalement différents au niveau des volumes.

    Pensez donc qu’avec le niveau de ventes francophones actuel, il est impossible de rentabiliser un bouquin à 0,99€ pour un éditeur.

    Surtout que pour une vente à 0,99€, Amazon (qui est un gros distributeur) ne reverse que 0,34€. Pour 1,99€ c’est 0,66€. Sur ce coût, un éditeur doit se rémunérer et rémunérer l’auteur. Si j’ai gagné quelque 250€ sur ses 380 ventes parce qu’en tant qu’autopubliée je n’ai pas à partager et que je vends à 1,99€, un éditeur gagnerait la moitié s’il vend à 0,99€  (et sur ce chiffre, il doit reverser une bonne part des bénefs à l’auteur !)
    Encore faut-il que le roman se hisse dans le haut des classements ! En dehors du top, la moyenne francophone est de 15 ventes par ouvrage et par mois  si on a de la chance (toujours selon MES chiffres à moi que je peux fournir sans soucis aux sceptiques – moyenne faite sur 7 publications dont certaines ne vendent pas plus de 2-3 exemplaires par mois)

    On peut imaginer que les volumes sont sensiblement les mêmes chez les autres revendeurs, ce qui au final ne fait pas grand-chose comme revenus (même si les autres revendeurs reversent plus qu’Amazon, ils ne sont pas si nombreux que ça !)

    Il est évident qu’avec le marché actuel aucun éditeur francophone (ou même auteur auto-édité) ne peut vivre avec des publications d’auteurs contemporains quasiment gratuites.
    Qu’à faire du « moins cher » il ne s’en sortira jamais, car même en se démarquant de la concurrence, le marché n’est pas encore assez grand pour lui permettre d’en vivre !

    Et puis entre des fichiers DRMisé à 15-16€ et des fichiers à 2-3 ou même 5€, il y a bien une différence monumentale ! Alors arrêtez d’exiger de la qualité, des textes contemporains ET la quasi-gratuité.

    Personne ne bosse à l’oeil et personne ne se fait du « fric facile » quand il s’agit d’éditeurs numériques de qualité.

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    Et si j’écrivais un best-seller international ?

    13 jan 2012 Published by under Divagations,Ecrire

    Stephenie Meyer a écrit Twilight après avoir été hantée par un rêve. Ok, donc je vais puiser dans mes rêves pour faire un truc du tonnerre. Ça tombe bien, cette nuit, j’ai fait 4 cauchemars, je vais donc avoir 4 best-sellers !
    Allons-y !

    Premier roman :

    La cave infernale.

    Alors que l’héroïne belle, jeune et intrépide (c’était un rêve à la base, hein) est invitée à une soirée plutôt bourgeoise, elle se retrouve face à la propriétaire des lieux, Christine Boutin (oui, à partir de ce moment-là, j’aurais dû me douter qu’il s’agissait d’un cauchemar). L’héroïne décide alors de quitter les lieux.

    Sous des aspects très aimables et fort courtois, Christine, de mèche avec sa fille, lui indique la sortie: une porte dérobée d’où part un escalier sombre qui semble plus mener à une cave qu’à l’air libre. D’ailleurs dès la deuxième volée de marche, la lumière n’existe plus.
    L’héroïne parviendra-t-elle à revenir sur ses pas sans buter sur les marches ou transpercer le bois pourri ? (oui !) Réussira-t-elle à tendre un piège aux deux femmes machiavéliques qui, telles des Barbes-Bleues modernes semblent attirer leurs invités derrière des portes d’où partent des escaliers ? (je sais pas, je me suis réveillée avant)

    Second roman :

    L’effrayante chute.

    G. est un adorable garçon puisque c’est mon deuxième fils. C’est un enfant vivant, c’est pourquoi il est monté sur une espèce de plate-forme qui ressemble à un lit au dessus de l’escalier d’un immeuble. Un truc improbable en bois, sur lequel il saute à pieds joints. En riant, il recule vers le mur et tombe dans l’espace de 50cm qui sépare cette plateforme du mur. Une chute libre de 5 étages (au moins).

    Le papa réagira-t-il au lieu de le regarder sauter et tomber ? (non) L’enfant aura-t-il les réflexes de survie ? (dans une chute de 5étages, si, si, y’en a) Pauline parviendra-t-elle à rattraper son fils qui hurle de peur accroché à une rambarde deux étages plus bas ? Et comment G. s’est-il cassé/retourné la jambe au point que même sa mère en a eu mal pour lui ?

    Troisième roman :

    Le bijou maudit

    C’est une belle bague en or avec des rubis en forme de lune, des saphir en forme de diamant et des émeraudes en forme d’étoiles. Mais voilà, suite à un mouvement malencontreux, la porteuse dudit bijou se retrouve avec une bague sans pierre ! Alala, si si, c’est dramatique. Ça se passe la nuit de Noël, elle est sortie par le balcon de chez ses parents, la nuit est tellement dégagée qu’on voit des nébuleuses et la voix lactée en gros plan (et ça c’était très beau j’avoue), elle décide d’enjamber la rambarde (décidément !) et de sauter dans le jardin. Pour cela, elle s’accroche aux barreaux de métal… mais le chaton de la bague se coince entre le métal et sa peau et se déforme.

    Elle part alors à la recherche de microscopiques pierres précieuses (dont le nombre a doublé entre la joli bague qu’elle avait au doigt et celle qu’elle imagine quand elle la découvre déformée, ne cherchez pas, c’est comme les boules de cristal dans Dragon Ball, j’ai jamais compris combien y’en avait parce que c’est sûr y’en a bien plus que 7 !)

    Que lui arrivera-t-il si elle ne les retrouve pas ? Je n’en sais rien, mais c’était très grave ! (Ben oui, les cauchemars des fois, faut pas chercher loin – les livres non plus d’ailleurs ROTFL )

    Quatrième roman :

    L’URSSAF aura ta peau

    C’était un vendredi 13 (tiens !) et après avoir cru que son cauchemar entrepreunarial prenait fin avec une lettre de l’URSSAF lui annonçant que, enfin, ils avaient réglés sa situation, Pauline se retrouve au prise avec une deuxième annonce beaucoup plus brutale : elle devrait plus de 10000 euros à l’URSSAF ! Pour 3 mois de revenus d’auteur numérique indépendant (ça paye bien, hein ! Ben non, justement, c’était ça le cauchemar !)

    Bref, je vais me mettre à bosser sur ces synopsis dès que je serais en panne d’inspiration, promis (au pire, vous pouvez vous en servir pour écrire vous-même un best-seller international !)
    En attendant, je crois qu’il a dû y avoir une fuite de gaz dans les travaux de la rue parce que je n’ai pas la seule à avoir fait des cauchemars. Y’a des nuits comme ça…

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    L’auteur, les réseaux sociaux, le mythe de l’ermite

    12 jan 2012 Published by under Culture,Ecrire

    Je suis tombée sur cet article sur Actualitté « Le rôle de l’auteur évolue en même temps que celui du livre » et qui parle de l’écrivain ermite (ou hypersocial), des pratiques de réseaux sociaux, etc.

    J’avais envie de réagir sur cette petite phrase de conclusion :

    « Suivre un auteur est un peu comme regarder l’envers du décor, n’est-ce pas ?
     Pourquoi ruiner l’illusion ? »

    Vous n’avez jamais été à un spectacle de magie ? Moi, j’adore ça. Un jour, j’ai été voir Gérard Majax et franchement, ça valait le coup !

    Pourquoi ? Parce que c’est un magicien et qu’il vous explique ses trucs. Oui, il vous fait le tour juste sous les yeux et vous donne le truc ! L’envers du décor en quelque sorte. Puis il vous dit « Attention, maintenant vous connaissez le truc, vous allez faire très attention je vais le refaire. » et là, il te fait une manipulation que tu piges pas. Parce que oui, tu as compris le truc du premier tour de passe passe, mais pour le second, avec son explication, ça marche pas. On sait que c’est truqué, on connaît un des trucs, et pourtant on est bluffé quand même.
    Et tu passes des heures à tenter de comprendre comment il a fait ci ou ça, tu discutes avec les autres spectateurs, chacun a son avis sur la question. Mais au fond, le VRAI truc, on ne le connaît pas.

    Les écrivains sur les réseaux sociaux, c’est un peu ça : le lecteur est curieux, a envie de savoir comment, pourquoi ça marche. Les auteurs sont là, ils discutent, ils parlent de leur boulot, balancent beaucoup de choses, plus ou moins selon les auteurs, mais au final, le lecteur n’a pas toutes les clefs pour comprendre. Il reste toujours une part de mystère.

    Les plus intéressants (ce n’est que mon avis évidemment) sont ceux qui vous expliquent et vous parlent de l’envers du décor. Un peu. Il y a des trucs qui ne se disent pas, évidemment. Les réseaux sociaux c’est un oeil sur les coulisses, mais vous n’entrez jamais dans les coulisses, vous en apercevez un petit espace, c’est tout. Même entre magiciens on ne se donne pas tous les trucs !

    Evidemment, il y aura toujours ceux qui ne veulent pas savoir, qui se contentent du produit fini ou du tour de magie avec les gros yeux, la musique angoissante, les femmes hurlantes coupées en deux et les mises en scènes pour « faire magicien ». Mais ce ne sont que des mises en scène, le type qui fait ça sait parfaitement qu’il se forge une image auprès du public. Après tout c’est son choix.

    Les écrivains comme les magiciens sont des gens normaux : qui ont des problèmes avec leur vie quotidienne (oui, eux aussi ont des fuites de machine à laver ou casse des verres en lavant la vaisselle), qui ont des familles (peu vivent en ermite… et je me pose la question de la vérité de leurs écrits quand on vit en ermite : pour moi, écrire doit être au plus près du réel, comment y parvenir si on n’a pas une « vie » – même si je reconnais qu’écrire avec des enfants qui hurlent dans le dos, c’est très difficile Razz )
    Et rien n’oblige les lecteurs à aller vers l’auteur (car au final, il faut faire la démarche d’aller vers l’auteur, son blog, son facebook, son twitter, pour découvrir les coulisses, en dehors de ça, il est très facile de conserver la « magie » unique de l’oeuvre finie)

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    Raconter une histoire et jouer sur l’écriture

    10 jan 2012 Published by under Ecrire,Mes travaux

    Suite à l’article Auteur ou écrivain ? (en dépassant la terminologie pour les chipoteurs et en ne se basant que sur les deux notions : histoire/écriture que j’ai développées) voici un exemple concret.

    Je suis en train de réécrire La RATP est au regret de vous annoncer… (en fait, ça ne devait être qu’une relecture, mais ça c’est mal terminé… il faut dire que des dizaines d’idées sont venues à la lecture des bêtas et commentaires que j’ai reçu, ce qui m’a obligée à réécrire parce que ça me travaillait)

    Bref, La RATP est retournée dans les tuyaux et voici un petit exemple des distinctions entre « raconter une histoire » et « chercher à jouer avec l’écriture » avec l’exemple du chapitre 3.

    La première version est le premier jet retravaillé avant bêta – Je la classe dans la section : narration sans souci de recherche d’écriture.

    Lire la 1ère version du Chapitre 3 (en pdf)

    La seconde version est un début de retravail sur le commentaire final qu’on m’a fait que ça manquait juste de ressenti sensoriel comme quand on se souvient soi-même de quelque chose. – C’est un mix raté pour essayer d’adapter le premier jet. Ce fut dur car il n’était pas conçu pour ça (d’où la version 3)

    Lire la 2ème version du Chapitre 3 (en pdf)

    La troisième version, elle, est la version que j’ai réécrite complètement avec le but de transformer la bête narration au passé en souvenir de vécus, avec l’idée : comment les souvenirs reviennent en mémoire, en vrac, sans queue ni tête, au final, c’est l’esprit qui reconstruit les évènements d’après des flashs. Une recherche plus sur la forme que sur le fond.

    Lire la 3ème version du Chapitre 3 (en pdf)

    L’histoire pour les trois versions est la même, mais vous voyez que selon la prise de conscience des jeux d’écriture on peut complètement changer la donne.

    Voilà, rien que ce chapitre-là m’a pris un mois de réécriture, le temps de trouver le ton et l’orientation juste (faut dire que j’avais pas l’esprit très clair, Noël, les Fêtes et les vapeurs de sapin, ça ne pardonne pas Wink ) et il n’est sans doute pas complètement fini (mais ça on verra pour la énième relecture !)

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    Retour aux sources…

    05 jan 2012 Published by under Divagations

    La vie fait que, parfois, on n’a pas l’humeur de continuer.

    Il me faut juste un peu de temps.

    Les amis savent comment me joindre, les autres attendront que je revienne.

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    Auteur ou écrivain ?

    04 jan 2012 Published by under Ecrire

    Pour certaines personnes, il suffit d’écrire pour devenir auteur.

    Pour d’autres, il faut être publiés (à compte d’éditeur évidemment), ou alors raconter des histoires (oui, tous les livres ne racontent pas des histoires, il y a aussi des manuels de crapette, des recettes de cuisine ou des exercices de yoga mental) ou manger du papier à longueur de temps (pas super digeste) ou recevoir un prix littéraire prestigieux. Bref, il y a certainement autant d’avis sur le sujet que de personne ayant réfléchi sur le sujet.

    Mon avis (personnel qui n’engage que moi, blablabla) le voici: il suffit d’écrire pour être auteur. Mais pour devenir écrivain, il faut un petit plus.

    Attention ! Je ne dis pas qu’il faille être un génie, avoir une grosse tête bien médiatique ou écrire des phrases compliquées à rallonge et qui semblent ne vouloir rien dire (mais ça c’est normal, c’est parce qu’elles ne veulent rien dire! Non, vous n’êtes pas bête Wink ).

    Comme je ne cesse de le répéter : si on veut vraiment quelque chose (de réaliste) il faut y mettre les moyens et ne jamais baisser les bras. Donc dans ma logique de le talent s’acquiert et se travaille, pas comme le génie qui est naturel, je vais vous expliquer en quoi il y a une différence à mon esprit entre auteur et écrivain et en quoi ça n’a rien à voir avec du génie.

    Auteur ?

    Un auteur est donc quelqu’un qui écrit des textes. Nous sommes tous d’accord là-dessus, quelque soit la qualité littéraire du texte (l’auteur d’une circulaire sur le lait en poudre est autant auteur que Barbara Cartland ou Victor Hugo)

    Je vais circonscrire le cercle aux auteurs de fictions (en englobant les derniers grands « romans » de septembre 2011 qui tenaient plus de la bio/autobiographie que de la fiction pour beaucoup d’entre eux) pour ne pas trop m’éparpiller.

    Un auteur (de fiction) raconte une histoire: il a des idées d’histoires, de personnages, de situations. Il les met en scène, les décrit, les agence pour former une nouvelle, novella, roman, saga, fleuve… Bref, un auteur écrit des histoires.

    Voilà, c’est tout, qu’elles soient bonnes ou pas, peu importe. Si un type pond des histoires à la chaîne, il reste un auteur, même sans talent, même sans ambition(ou avec beaucoup), même sans imagination, même sans originalité.

    Ce qui distinguerait à mes yeux un « bon » auteur d’un « mauvais » auteur serait son usage de la langue française, de la répétition/redondance (raaaah, ça c’est la pire des fautes et je suis la première à la faire), de l’originalité de ses persos/situations/histoires. Bref, même un mauvais auteur, reste à mes yeux un auteur.

    Ecrivain ?

    La différence avec l’écrivain est beaucoup plus subtile et je pense sera sujette à discussion (je vous vois venir, allez-y, les commentaires, c’est fait pour ça).

    On peut être auteur sans être écrivain. L’écrivain pour moi a un degré supplémentaire de conscience dans l’écriture.

    L’auteur peut pousser son personnages jusqu’à connaître par coeur sa généalogie, son enfance et ce qui se passera après l’histoire qu’il raconte. Ce n’est pas parce qu’il crée et fait vivre un univers qu’il accède au rang d’écrivain. S’il se contente de raconter des histoires, il restera auteur (peut-être très bon ! Je ne fais pas de discrimination du tout sur ça !)

    Un écrivain pour moi réfléchit non seulement à son histoire, mais également à la manière de la rendre et à le faire de manière originale/renouvelée. Ce n’est pas non plus une question de style (le style était quelque chose qui ne se réfléchit pas, mais se forge à l’écriture – en gros nos tics d’écriture)

    Il se posera des questions sur la narration évidemment. Mais je dirais que savoir si il use de la première ou troisième personne (voir de la deuxième pourquoi pas) relève du premier niveau de la prise de conscience de l’écrivain. En gros un auteur qui se prendrait la tête pour savoir si Je ou Il, accède à « l’aspiration-écrivain ». C’est un premier pas Wink

    Après, il devra dépasser l’histoire, les perso pour entrer dans la manière de rendre l’ambiance, la linéarité ou les cassures dans le récit, les émotions qu’il souhaite provoquer, la manière de le faire, les visions intérieures/extérieures. Bref, entre une simple histoire racontée de manière assez linéaire par un auteur et une expérience littéraire par un écrivain, il y a un monde.

    Au final, être auteur ou écrivain ?

    C’est vous qui le sentez ! Il y a des lecteurs pour tous les goûts. On peut avoir du plaisir et un talent développé pour raconter des histoires sans se pencher plus avant sur la pratique/réflexion de l’écriture. Pour moi, être auteur et non pas écrivain n’est pas une tare. Beaucoup de lecteurs ne vont pas se poser de questions plus avant : ils lisent une histoire et ça leur suffit. Ils sont contents et vous aussi !

    Par contre, si vous commencez à vous lasser d’écrire des histoires, peut-être vous pencherez vous sur la manière de la rendre.

    Ceci est un exemple de ce qui pourrait distinguer un auteur d’un écrivain à mes yeux :

    Entre faire une description basique de la ferme de votre enfance et le voir à travers les yeux et sens d’un vieux type qui se souvient de cette même ferme, c’est très différent.
    Vous vous rendez compte que dans le premier cas, vous tenez ce que vous écrivez pour acquis (et vos lecteurs aussi), tandis que dans le deuxième vous jouer sur les sensations, les émotions et surtout les souvenirs fluctuants et parfois incohérents !
    Dans le premier vous êtes linéaires, sans surprise pour le lecteur (sans danger devrais-je dire), dans le deuxième vous pouvez créer un malaise chez lui, le déstabiliser, le ramener à ses propres souvenirs, le faire se questionner. Créer un danger pour lui bien plus grand, car plus intime et réel, que de l’emporter à la recherche d’une planète extra-terrestre habitable dans un récit sans implication personnelle du lecteur (par exemple).

    Certains lecteurs n’aiment pas ces situations où le récit touche à leur propre ressenti, d’autres les recherchent. A vous de choisir en tant qu’auteur (ou écrivain) ce que vous voulez offrir à vos lecteurs : la grande aventure à l’émotion balisée et rassurante (et donc réduite) ou l’aventure sauvage sans certitude d’en sortir indemne ?

    (évidemment, il n’y a pas QUE cet aspect, ceci était un exemple de ce qui pour moi, ferait la différence entre un auteur et un écrivain)

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