Du côté du blog
Mercredi 04 janvier 2012
Auteur ou écrivain ?
Pour certaines personnes, il suffit d’écrire pour devenir auteur.
Pour d’autres, il faut être publiés (à compte d’éditeur évidemment), ou alors raconter des histoires (oui, tous les livres ne racontent pas des histoires, il y a aussi des manuels de crapette, des recettes de cuisine ou des exercices de yoga mental) ou manger du papier à longueur de temps (pas super digeste) ou recevoir un prix littéraire prestigieux. Bref, il y a certainement autant d’avis sur le sujet que de personne ayant réfléchi sur le sujet.
Mon avis (personnel qui n’engage que moi, blablabla) le voici: il suffit d’écrire pour être auteur. Mais pour devenir écrivain, il faut un petit plus.
Attention ! Je ne dis pas qu’il faille être un génie, avoir une grosse tête bien médiatique ou écrire des phrases compliquées à rallonge et qui semblent ne vouloir rien dire (mais ça c’est normal, c’est parce qu’elles ne veulent rien dire! Non, vous n’êtes pas bête
).
Comme je ne cesse de le répéter : si on veut vraiment quelque chose (de réaliste) il faut y mettre les moyens et ne jamais baisser les bras. Donc dans ma logique de le talent s’acquiert et se travaille, pas comme le génie qui est naturel, je vais vous expliquer en quoi il y a une différence à mon esprit entre auteur et écrivain et en quoi ça n’a rien à voir avec du génie.
Auteur ?
Un auteur est donc quelqu’un qui écrit des textes. Nous sommes tous d’accord là-dessus, quelque soit la qualité littéraire du texte (l’auteur d’une circulaire sur le lait en poudre est autant auteur que Barbara Cartland ou Victor Hugo)
Je vais circonscrire le cercle aux auteurs de fictions (en englobant les derniers grands « romans » de septembre 2011 qui tenaient plus de la bio/autobiographie que de la fiction pour beaucoup d’entre eux) pour ne pas trop m’éparpiller.
Un auteur (de fiction) raconte une histoire: il a des idées d’histoires, de personnages, de situations. Il les met en scène, les décrit, les agence pour former une nouvelle, novella, roman, saga, fleuve… Bref, un auteur écrit des histoires.
Voilà, c’est tout, qu’elles soient bonnes ou pas, peu importe. Si un type pond des histoires à la chaîne, il reste un auteur, même sans talent, même sans ambition(ou avec beaucoup), même sans imagination, même sans originalité.
Ce qui distinguerait à mes yeux un « bon » auteur d’un « mauvais » auteur serait son usage de la langue française, de la répétition/redondance (raaaah, ça c’est la pire des fautes et je suis la première à la faire), de l’originalité de ses persos/situations/histoires. Bref, même un mauvais auteur, reste à mes yeux un auteur.
Ecrivain ?
La différence avec l’écrivain est beaucoup plus subtile et je pense sera sujette à discussion (je vous vois venir, allez-y, les commentaires, c’est fait pour ça).
On peut être auteur sans être écrivain. L’écrivain pour moi a un degré supplémentaire de conscience dans l’écriture.
L’auteur peut pousser son personnages jusqu’à connaître par coeur sa généalogie, son enfance et ce qui se passera après l’histoire qu’il raconte. Ce n’est pas parce qu’il crée et fait vivre un univers qu’il accède au rang d’écrivain. S’il se contente de raconter des histoires, il restera auteur (peut-être très bon ! Je ne fais pas de discrimination du tout sur ça !)
Un écrivain pour moi réfléchit non seulement à son histoire, mais également à la manière de la rendre et à le faire de manière originale/renouvelée. Ce n’est pas non plus une question de style (le style était quelque chose qui ne se réfléchit pas, mais se forge à l’écriture – en gros nos tics d’écriture)
Il se posera des questions sur la narration évidemment. Mais je dirais que savoir si il use de la première ou troisième personne (voir de la deuxième pourquoi pas) relève du premier niveau de la prise de conscience de l’écrivain. En gros un auteur qui se prendrait la tête pour savoir si Je ou Il, accède à « l’aspiration-écrivain ». C’est un premier pas ![]()
Après, il devra dépasser l’histoire, les perso pour entrer dans la manière de rendre l’ambiance, la linéarité ou les cassures dans le récit, les émotions qu’il souhaite provoquer, la manière de le faire, les visions intérieures/extérieures. Bref, entre une simple histoire racontée de manière assez linéaire par un auteur et une expérience littéraire par un écrivain, il y a un monde.
Au final, être auteur ou écrivain ?
C’est vous qui le sentez ! Il y a des lecteurs pour tous les goûts. On peut avoir du plaisir et un talent développé pour raconter des histoires sans se pencher plus avant sur la pratique/réflexion de l’écriture. Pour moi, être auteur et non pas écrivain n’est pas une tare. Beaucoup de lecteurs ne vont pas se poser de questions plus avant : ils lisent une histoire et ça leur suffit. Ils sont contents et vous aussi !
Par contre, si vous commencez à vous lasser d’écrire des histoires, peut-être vous pencherez vous sur la manière de la rendre.
Ceci est un exemple de ce qui pourrait distinguer un auteur d’un écrivain à mes yeux :
Entre faire une description basique de la ferme de votre enfance et le voir à travers les yeux et sens d’un vieux type qui se souvient de cette même ferme, c’est très différent.
Vous vous rendez compte que dans le premier cas, vous tenez ce que vous écrivez pour acquis (et vos lecteurs aussi), tandis que dans le deuxième vous jouer sur les sensations, les émotions et surtout les souvenirs fluctuants et parfois incohérents !
Dans le premier vous êtes linéaires, sans surprise pour le lecteur (sans danger devrais-je dire), dans le deuxième vous pouvez créer un malaise chez lui, le déstabiliser, le ramener à ses propres souvenirs, le faire se questionner. Créer un danger pour lui bien plus grand, car plus intime et réel, que de l’emporter à la recherche d’une planète extra-terrestre habitable dans un récit sans implication personnelle du lecteur (par exemple).
Certains lecteurs n’aiment pas ces situations où le récit touche à leur propre ressenti, d’autres les recherchent. A vous de choisir en tant qu’auteur (ou écrivain) ce que vous voulez offrir à vos lecteurs : la grande aventure à l’émotion balisée et rassurante (et donc réduite) ou l’aventure sauvage sans certitude d’en sortir indemne ?
(évidemment, il n’y a pas QUE cet aspect, ceci était un exemple de ce qui pour moi, ferait la différence entre un auteur et un écrivain)
Mots-clefs : auteur, écriture, écrivain, reflexion
Dans : Ecrire










Ce n’est pas la première fois que je lis quelques écrits sur la notion d’auteur, qui est auteur pour qui pourquoi, et je trouve toujours ceci à la fois très intéressant et tout aussi impossible à résoudre que l’œuf ou la poule (la poule voyons, ça me paraît évident !). Bref.
Tu le soulignes assez bien, mais c’est avant tout une question de perception personnelle. Chacun peut y voir ce qu’il veut.
Tout d’abord, il s’agit évidemment d’un jeu sur les mots (Notre ami Jean-Basile Boutak risque d’ailleurs de répondre très vite s’il passe par ici, car le sujet l’intéresse également). Auteur et écrivain sont pour moi de parfaits synonymes.
D’ailleurs, si j’en restais aux définitions, mon écrivain (définition : personne qui écrit des ouvrages) serait ton auteur (définition : celui qui est la cause de quelque chose) et vice-versa.
Reste que je suis d’accord avec toi (reprenons ton sens des deux mots pour ne pas nous embrouiller inutilement) : un auteur bon ou mauvais reste un auteur. Celui qui a la volonté d’inventer des histoires et de les écrire a le droit et le mérite d’être appelé auteur, c’est bien la moindre des choses.
D’ailleurs, qui serions-nous pour juger du caractère bon ou mauvais d’un récit. Quelque part sur Terre, un lecteur préfère sans doute les textes à l’histoire bancale et bourées de fautes d’orthographes, et personne ne pourra lui enlever cela !
En revanche, sur la différence entre auteur et écrivain, la tienne me paraît plus idéologique qu’autre chose… L’écrivain a réfléchi à toute l’existence de son personnage ? Tant mieux pour lui, mais si ça ne se ressent pas dans son texte, quel intérêt ? Le lecteur parvient-il réellement à faire la différence à la lecture ?
D’autant plus que selon toi l’auteur ou plutôt l’écrivain aurait la possibilité de choisir entre rester écrivain ou rester auteur, ce qui me paraît étrange. Être écrivain n’est donc pas un état mais un statut ?
La vérité, c’est que je n’arrive pas vraiment à comprendre où se situe la barrière auteur/écrivain selon toi ? Deux choses que je pourrais comprendre à partir de ton texte :
- L’écrivain est un bon auteur : pourtant la première partie me laisse penser que tu ne vois pas du tout les choses ainsi.
- L’écrivain est un « artiste » et l’auteur un créateur de divertissement. Et dans ce cas on en revient davantage aux notions de littérature et de lecture divertissante…
Dans tous les cas, tout cela reste bien subjectif, et je reste persuadé qu’un lecteur pourrait bien trouver une profonde richesse littéraire (quitte à être le seul, en quoi cela le dérangera-t-il ?) dans le pire des Harlequins…
@sediter
)
Tu as lu trop vite (mais vu que tu as répondu dans la minute, ça ne m’étonne pas
Un auteur peut avoir réfléchi à son univers jusqu’au moindre détail (Ses personnages, leurs vies, leurs expériences, blablabla), ça ne fait pas de lui un écrivain à mes yeux.
Je pense ici aux gens qui écrivent de la SFFF (entre autre) et font des fiches perso sur X générations, ou le système de planification Flocon. Ca apporte parfois de très bons récits mais tout cela relève de l’histoire. L’auteur peut être bon à écrire, raconter une histoire, transmettre un univers sans être écrivain.
L’écrivain, à la limite, peut se fiche de l’histoire (quoi que ça n’est pas négligeable non plus
) lui ce qui l’intéresse, c’est l’usage du verbe et la manière de transmettre les émotions/ressentis. Au lieu de savoir s’il est cohérent et si les personnages ont l’air réalistes, il va plutôt se questionner sur la manière dont il doit tourner son paragraphe/inclure ses dialogues (d’une manière classique/codifié ou au contraire chercher un moyen de le faire de manière différente).
En gros : un auteur écrit une histoire, un écrivain fait vivre une expérience littéraire.
Je pense que pour devenir écrivain, il faut dépasser la simple « narration » d’histoire et entrer dans la recherche littéraire en se détachant des règles admises de narration.
Par exemple, je relis un texte en ce moment : la narration est bonne, l’histoire cohérente et se tient bien. Mais voilà, c’est conventionnel. Les personnages racontent leur vie au passé, comme si on la vivait en même temps qu’eux. Hors, soit ils souviennent : cela implique des incohérences, des erreurs, des ressentis…, soit ils la vivent dans l’instant, pourquoi utiliser le passé alors ? Et de quelle manière puis-je rendre ce passé, ses incertitudes d’une manière qui ne laisse pas le lecteur en dehors du récit, à sa place bien sage et sans risque pour lui.
L’histoire en elle-même pourrait convenir à beaucoup de lecteurs, mais j’ai envie de pousser sur les ressentis et les malaises. Pousser le lecteur à se poser des questions sur lui-même, sur la manière dont j’utilise telle technique et pourquoi. Pousser le lecteur à réagir. Pas juste me poser la question d’un point de vue narratif dans une histoire linéaire.
Oui d’un certain point de vue l’écrivain serait artiste, et l’auteur créateur de divertissement. Ce n’est à mes yeux négatifs pour aucun des deux : j’adore me divertir comme j’aime qu’on me fasse un peu cogiter sur le monde, les deux ne sont pas incompatibles et tant que l’un ne confond pas son rôle avec celui de l’autre, tout va bien
Je fais la distinction parce que je n’ai pas d’autre terme et que je ne vais pas inventer un mot alors qu’il en existe un !
Elle est effectivement très suggestive ! Mais ce sont deux approches différentes de l’écriture : d’un côté, c’est raconter des histoires (et donc se concentrer sur l’histoire) de l’autre, c’est expérimenter, chercher, se planter sur l’écriture. On peut faire les deux, ce n’est pas incompatible. Et il n’y a aucun mal à ne pas se soucier d’expérimentation littéraire. Je trouve qu’on y apprend beaucoup, mais ce n’est que mon avis !
Quelqu’un a un Petit Robert sous la main ?
Voici ce que nous dit la Rousse :
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/auteur
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9crivain
Terrible, hein ? Un écrivain est un auteur qui écrit. Bigre !
Amusant car j’ai justement l’approche inverse.
Ceci dit, aucun des termes ne me semble parfaitement juste et au final, je crois que ce qui importe, c’est ce que l’on met derrière ces mots…

La définition d’écrivain est « celui qui écrit des ouvrages », donc c’est valable pour celui qui pond un bouquin pour un nouveau régime miracle; quitte à dire des âneries selon lesquelles des points pourraient être accordés au bac en fonction du poids… Voui, je disgresse.
Auteur, pour moi, c’est inventer, créer et non se contenter d’aligner quelques phrases…
Et puis il y a ce « vain » dans « écrivain » qui m’agace… Finalement, je préfère encore romancière…
Je crois que la distinction que fait Pauline est plus dans une distance ou réflexion entre l’histoire en elle même et la technique employée pour la retranscrire.
Selon ses critères, un auteur écrirait plus « au ressenti » ou à l’instinct, sans réflexion sur les aspects techniques autres que ceux de la grammaire et de l’orthographe, alors que l’écrivain utilisera –> consciemment <– un certains nombre de techniques au delà de cette grammaire/orthographe .
La seule chose que je me souviens de mes cours d’art, c’est qu’on ne se proclame pas artiste, il faut que le milieu le fasse (être reconnu par ses pairs, quoi).
C’est pareil pour tous les arts. Si tu gribouilles sur un bout de papier, ça ne fait pas de toi un dessinateur digne de ce nom.
@alabergerie : Ah le sens des mots ! A la fois juste et traître ! On pourrait passer sa vie à se limiter aux descriptions de l’académie française (ou autres dicos) mais qu’est-ce qu’on s’emmerderait !
@IsaLise : Chacun sont ressenti. Pour moi écrivain, c’est un beau mot (oui, c’est vain ! comme tout art pour la plupart des gens ! Mais si ça touche une seule personne, ce n’est plus aussi vain
)
@TheSFReader : Voilà ! Je commençais à croire que je n’étais pas claire du tout, merci !
@idmuse : Ca me rappelle un texte que j’ai quelque part (pas de moi) qui explique « Qu’est-ce que l’art ? » (ou qu’est-ce qu’être artiste, je ne sais plus) et qui au final résume que tout cela ne sert à rien sauf à engraisser les critiques d’art dans des vernissages à petits fours (très drôle, faudra que je le retrouve)
Je pense qu’on peut se dire artiste si on a vraiment conscience de ce que cela implique de rigueur et de recherche, de message à transmettre (ne débattons pas sur ça, c’est pas le sujet).
Au final, les plus originaux et novateurs sortiront du lot sur la fin ou après leur mort. Entre temps, il y aura un paquet d’ »artistes » autoproclamés qui ne feront pas d’art (ou inventerons des concepts, très à la mode dans l’art, les concepts).
Ce n’est effectivement pas en dessinant sur un bout de papier qu’on devient artiste, il y a une conscience supplémentaire dans la technique et la volonté de faire passer un message (mais laissons, je sais que beaucoup de gens pensent qu’un peintre est un artiste parce qu’il peint…)
@Paumadou Et bien je suis moins bête que prévu car ta réponse m’a fait parfaitement comprendre le concept ! Il ne me reste donc plus qu’une objection : l’écrivain peut-il vraiment faire le choix d’être auteur ?
Son envie de travailler sur les mots n’est-elle pas toujours présente ?
L’écrivain qui déciderait d’être auteur le ferait-il pour écrire plus rapidement, pour vendre plus facilement ? Serait-ce ton cas ?
Oui, pour 2012 je deviens psychanalyste et je pose toujours mes questions en série !
@sediter : On peut choisir de rester auteur pour certains textes et être écrivain pour d’autres !
)
L’envie de travailler les mots est parfois bien pénible (tu verras quand tu bloqueras presque deux semaines sur la réécriture d’un chapitre ! Argh en plus j’ai les idées pour le réécrire, mais ça veut pas !
En écriture, il peut y avoir l’alimentaire, le loisir, le boulot, la passion… Il y a de tout !
Et oui, j’écris des trucs rapides sans recherche qui se vendront bien j’espère (en tout cas assez pour devenir milliardaire
) et des trucs qui ne se vendront pas et me prennent des mois (ça va finir en années cette histoire je le sens… attends ! écrite en 2010, revue en 2011, mince on est déjà en 2012 ! ça fait bien des années !)
(et puis t’évites de lui dire qu’on se connaît d’accord ?
)
Ecoute, si tu deviens psychanalyste, je te conseille d’éviter de croiser Nathalie Hamidi parce qu’avant d’aller dégommer des zombies, elle bouffe des psy au petit déjeuner
On pourrait aussi reprendre la distinction que Julien Gracq faisait entre un « écrivant » et un « écrivain » pour montrer les différents degrés dans la manière d’appréhender l’acte d’écrire.
L’auteur c’est celui qui agit, peut être assimilé au créateur, mais on parle aussi de l’auteur du crime…
En musique, l’auteur est celui qui écris les paroles, le chanteur celui qui les chante, et le chanteur pro celui qui gagne sa vie en chantant.
On considère que quelqu un est musicien a partir du moment où il fait de la musique, et peu importe son niveau (sauf pour ceux aux considérations pédantes…), et on appelle musicien pro un musicien qui gagne sa vie en faisant de la musique.
Dans le cas de l’écriture, pour moi on est écrivain a partir du moment où on écrit (c’est aussi la considération de Stephen King dans son livre, ecriture mémoire d’un métier)
On est écrivain pro à partir du moment oùl’écriture nous fait gagner note vie. Et dès le moment où on écris (invente? Crée?), on est auteur.
En fait la distinction que vous faites ici est mal placée, vous mettez en opposition auteur et écrivain, alors qu’il est à mon avis plus juste de faire une opposition entre écrivain réfléchit et écrivain instinctif.
Pour finir, je pense que les génies sont plutôt instinctifs alors que les autres devront êtres réfléchis s’ils veulent avoir la chance d’être édités.
PS : l’artiste est celui qui pratique un art (peu importe sa qualité ou son talent)
@Svippy : Je ne connais pas Gracq (ça fait plusieurs fois qu’on m’en parle faudra que je pense à aller y regarder de plus près), mais peut-être que les mots que j’ai choisir n’était pas les bons. « écrivant » serait donc mon « auteur » et « écrivain » mon écrivain ? (je pense qu’il doit y avoir des nuances plus développées, non ?)
@Dang_Dae_Link : Précisions: quand je parle auteur, je parle auteur d’écrits de fiction (je l’ai précisé et je le re-précise) et non d’auteur au sens général.
Ensuite:
Vous placez la distinction à un niveau financier, je la place à un niveau artistique. Parce que le revenu pour moi n’est signe que d’une monétisation d’un contenu et non d’une approche de l’écriture.
Regardons Karl Dubost : il écrit, il a une vision et une pensée de l’écriture. Mais il ne gagne pas sa vie avec, il n’est pas professionnel de l’écriture au sens terre à terre de gagner sa vie. Il ne le veut pas et se contente de l’acte d’écrire. Pour moi, il a un statut d’écrivain car sa réflexion n’est pas dans l’histoire qu’il transmet mais dans les mots même qu’il utilise et la manière dont il les utilise.
Je prendrais pour autre exemple Stephenie Meyer : ses histoires sont divertissantes, on les lit facilement, elles vous tiennent bien la tête, vous distraient et remplissent parfaitement leur rôle d’exutoire d’une vie pas terrible. Je ne la considère pas comme un écrivain car elle n’apporte ni vision particulière de l’acte d’écriture, ni innovation dans la manière de faire. Pourtant elle gagne sa vie avec ses écrits et je ne lui en voudrais pas pour ça.
Je fais cette distinction et ça n’a rien de péjoratif pour ceux que je classe dans la catégorie auteur ni pour ceux que je classe dans la catégorie écrivain. Ce sont deux approches différentes, non pas contradictoires ou antagonistes, juste différentes ! L’un peut être l’autre, ça peut varier avec le temps, les écrits, ce n’est pas un statut figé dans mon esprit, contrairement à l’acte banal de gagner trois ronds en publiant un texte.
Ça n’a rien à voir avec le côté financier, puisqu’il s’agit purement de l’écriture.
Puis, on peut être dans l’instinctif en étant écrivain, on peut être dans le réfléchi en étant auteur (ce n’est pas incompatible avec la définition que j’en ai donné)
Stephen King a son avis sur la question, c’est amusant car on me le sort à tout bout de champ. Il n’est pas le seul à réfléchir sur l’écriture et le métier d’auteur/écrivain ! Et même si je reconnais qu’il peut avoir du talent ou du génie (j’avoue que je n’ai jamais réussi à lire un de ses livres en entier, donc je ne pourrais pas juger plus avant), bref, même s’il est reconnu comme une référence en la matière, il n’est pas le seul à cogiter là-dessus (c’est bien aussi de varier les points de vue
)
Le génie avec moi est un débat sans fin alors j’éviterai le sujet (tout comme le talent, vaut mieux pas me poser la question, vu que les gens bassement terre à terre me sortiront encore la définition du dictionnaire… génie=talent, talent=génie, sur laquelle je ne suis pas d’accord car j’y mets des degrés, discuter avec le dico sous les yeux juste pour avoir raison n’est pas intéressant, le débat est justement que nous avons tous une vision différente des mots ! et que le dico est là pour donner un sens basique à ce qui est complexe) mais je pense qu’on peut être un génie-auteur et/ou un génie-écrivain, ça n’a pas de lien avec le rapport à l’écriture.
Quant à être édité, mon Dieu c’est un bien autre débat dans lequel je n’entrerai pas, le fait d’être édité n’étant pas, pour moi, un critère déterminant.
Pour votre PS, c’est votre vision et votre pensée, personnellement, j’ai été formée à faire la distinction entre ce que l’on appelle l’artiste du dimanche que je ne considère pas comme un artiste mais comme un peintre (s’il peint évidemment, ou dessinateur, ou musicien – une approche basée sur la pratique sans but autre que la pratique et le plaisir) et l’artiste réel qui a une vision artistique (loin des considérations populaire de décorer son salon ou même pécuniaire de gagner des sous) avec techniques, messages, visions d’ensemble…
Je sais que beaucoup de gens ne pensent pas comme moi, parce que beaucoup de gens n’ont pas eu à étudier l’art et les artistes pendant 5 ans sur tous les continents de la préhistoire à nos jours. Quand on a cette accumulation, à un moment, il faut faire la distinction entre la définition basique du dico (pour tout le monde) et la définition professionnelle de l’artiste (pour les historiens d’art, les conservateurs, bref les gens qui ne sont pas artistes mais qui travaillent avec les artistes et la redéfinition constante de l’art -question sans fin chez les pros) : même si mamie jacotte fait de belles aquarelles et les vend une fois par an dans son association, je ne PEUX PAS la considérer comme une artiste, elle ne sera jamais l’objet de recherches en histoire de l’art et jamais aucun musée n’exposera ses oeuvres (par exemple), à moins qu’elle n’apporte une vision ou un message.
Par contre certains amateurs auront une vision artistique et pousseront leur pratique au niveau de l’art, tandis que certains professionnels se contenteront de peindre/dessiner/jouer pour décorer des salons ou passer un bon moment. Le statut d’artiste à mes yeux n’a rien à voir avec l’aspect financier de la chose, ni avec la simple « pratique artistique ».
Personnellement, j’utiliserais la distinction autrement. Je dirais « conteur » et « écrivain », même si conteur est très bien. Les grands écrivains populaires sont souvent des conteurs.
J’adore Of Marriageable Age (Les Noces Indiennes) de Sharon Maas. J’ai été happée par le roman, j’ai vibré, pleuré, tremblé, etc. Ma meilleure amie n’est pas entrée dans l’histoire : l’écriture de Maas la désespérait. En lisant le roman suivant, je n’ai pas été aussi séduite, j’ai donc pu mieux me rendre compte de l’écriture et je suis d’accord avec ma meilleure amie. Comme écrivain, c’est pas toujours ça, mais comme conteuse d’histoire, Sharon Maas est excellente. Tout comme Tamara McKinley et Kathleen McGowan. Cette dernière écrit terriblement (mais qui suis-je pour le dire), mais son roman Marie-Madeleine : Le Livre de l’Élue m’a foudroyée.
Je dis que je suis écrivain. Aucune honte là dessus puisque en portugais ou en anglais, on ne fait pas de chichi : tu écris = tu es écrivain. Ça englobe mes romans, mes nouvelles, mes poèmes et mes récits. Mais ce que je veux, plus que toute autre chose, c’est raconter une histoire. Donc, à la fin, qu’on me considère auteur, écrivain, romancière, conteuse… c’est à la sensibilité de tout un chacun.
@jo ann : Oui, mais en France, on aime bien se prendre la tête avec des détails ! XD
Je suis parfaitement consciente qu’il est parfois difficile de faire la distinction entre les deux approches que j’ai décrite juste en lisant un texte. C’est pour ça aussi que les deux ne sont pas incompatibles (et idéalement, trouver les deux chez un auteur/écrivain serait le pied !) et tous les deux appartiennent à la catégorie writer.
Ce billet, c’était aussi un moyen de distinguer deux approches de l’écriture, de montrer qu’il n’y a pas que le côté « raconter une histoire » dans l’écriture (chose qu’on oublie souvent) qu’on peut aussi ne pas vouloir raconter d’histoire mais plutôt jouer avec les mots pour provoquer l’intérêt autrement.
J’ajouterais aussi la notion d’aboutissement. Si l’auteur peut se contenter de bribes, l’écrivain doit aboutir. La finitude d’un texte me semble importante pour l’écrivain. Mais ça n’est que mon avis bien-sûr !
Il y a bel et bien une différence entre auteur et écrivain, bien que les deux soient souvent liés, si j’en crois mon expérience. L’auteur comme chrysalide de l’écrivain, à mon sens.
Un écrivain, c’est quoi ?
C’est une nécessité et une langue.
Coïncidence, je viens de d’écrire trois articles sur le sujet. Attention, il
ne sont pas construits comme celui-ci, mais tendent plutôt à mener de front pratique et analyse. Le dernier s’essaie à une définition, qui vaut ce qu’elle vaut.
http://bit.ly/xcnPYZ
« Par contre, si vous commencez à vous lasser d’écrire des histoires, peut-être vous pencherez vous sur la manière de la rendre. »
Heuh, critère non pertinent. En effet, un journaliste se demande AUSSI comment rendre son histoire sexy, afin qu’elle soit lue (hiérarchisation de l’info, titraille incitative avec des jeux de mots (cf. Causeur) ou des arguments accrocheurs (cf. Paris-Match)). Il peut même écrire un article avec l’accent, on l’a vu récemment. Cela ne fait pas de lui un écrivain.
Je suis assez d’accord avec l’argument de la « reconnaissance par d’autres », pairs (d’autres écrivains qui vous reconnaissent comme un confrère) ou lecteurs.
Par ailleurs, il serait intéressant d’élargir le débat en se demandant, par exemple, quels sont les critères d’admission dans des sociétés d’écrivains, prestigieuses ou confidentielles. Cela pourrait nourrir le débat, à partir des éléments objectifs évoqués en début de billet.
Des réflexions sur le statut d’écrivain apparaissent par ailleurs aussi dans le livre « La Condition littéraire, la double vie des écrivains », de Bernard Lahire.
La question de définition des Pairs et Société d’écrivains est d’autant plus importante qu’une dérive récente a plutot été de définir cette liste en fonction de « publié » ou non …
En fait, comme je l’ai dit, je pense que c’est votre terminologie qui n’est pas correcte. Mais cela reviens à l’avis de certains psychologues sur le sens des mots, chaque mot à un sens différent pour chacun de nous parce qu’il se rapporte à notre vécu. Voici pourquoi je préfère me rapprocher le plus possible du sens que donne le dictionnaire à un mot car c’est le meilleur moyen d’être d’accord et de se comprendre. Cependant, je n’ai pas utilisé de dictionnaire lorsque j’ai rédigé mon dernier commentaire
Je pense qu’en fait, vous avez voulu différencier auteur populaire et auteur littéraire(et technicien?), car il est vrai que dans un cas, on ne s’emmerde pas à faire des jolies choses pour les gens qui ne sont pas capables de les lire, on les réserves à ceux qui vont faire des commentaires de textes et qui sauront apprécier les belles métaphores.
Malheureusement, au vu de l’augmentation considérable jour après jour du nombre de livres différents dans les catalogues de nos libraires (et je ne parle même pas de livres numériques…), l’écrivain est obligé de simplifier son écriture pour vendre. Un livre qui n’est pas vendu n’est pas lu et du fait que ce soit la population qui décide de ce qu’elle aime ou non, les œuvres littéraires ne se vendent plus qu’à des étudiants en arts ou en littératures (j’extrapole mais c’est presque ça).
Donc les éditeurs n’éditent plus d’œuvre littéraires, donc ceux qui seraient potentiellement des artistes ne peuvent pas en devenir puisqu’ils ne seront jamais lu par des historiens ou des conservateurs d’arts…
Pour utiliser votre terminologie, je pense donc que l’écrivain n’a pas le choix, il est obligé de commencer par être auteur pour être publié et ensuite écrivain pour être reconnu comme tel par les critiques qui couvriront d’insultes les texte que l’écrivain à écris en tant qu’auteur.
Pour ce qui est du problème de reconnaissance, je considère que la seule personne à avoir le droit de me définir, c’est moi. Et j’espère que tous ceux qui n’ont été reconnu qu’à titre posthume se sont reconnus eux même de leur vivants et étaient fières de leurs travaux. Être reconnu comme écrivain par un autre écrivain, ça flatte l’égo, c’est tout (et encore ça dépend de l’écrivain qui nous reconnait…). Alors que se définir soit même comme écrivain, c’est se donner une certaine responsabilité en fonction de comment on défini l’écrivain bien entendu.
Au fait, pourquoi n’avez vous jamais lu de Stephen King en entier si on vous le sort si souvent?
Pour ma part, rassurez vous, ce point de vu est bien le mien suite à d’innombrable lectures et discussion
Dean Wesley Smith a une vision tout à fait différente de cette distinction, (qui n’a rien à voir avec l’art d’ailleurs) : (Anglais inside) http://www.deanwesleysmith.com/?p=6190
Pour résumer, pour lui, l’auteur est celui qui a écrit (et qui en reste +- là) alors que l’écrivain est dans l’acte d’écriture (du livre suivant ?).
Bonjour, je n’ai pas le temps de lire tous les commentaires, mais le sujet semble fasciner ! Donc, je m’excuse si ce que je vais dire a été dit.
je pourrais être en accord avec ton article, sauf que pour moi les définitions sont inversées.
Si je regarde l’origine du mot, auteur, il s’apparente à créateur : Petit Robert : auteur : celui qui est la cause, ou a l’origine d’une chose. Ex: La Fontaine ; L’auteur de l’univers.
Écrivain vient du latin scribam ou scribe qui veut dire greffier. Ensuite vient cette definition du Petit Rober écrivain avec synonymes : auteur, littérateur : Homme de plume, homme de lettre.
On l’aura compris, je préfère être une auteure. Bonne journée.
Je vous lis, mais invariablement j’ai l’impression qu’on entre facilement dans un jugement de valeur (à quel point il réfléchit ses personnages ou souhaite faire passer une émotion par exemple).
Mais en vous lisant je me rends compte aussi que les exemples sont significatifs :
- Un auteur écrit, peu importe quoi
- Un écrivain écrit de la littérature ou de la poésie, mais jamais du pur utilitaire
Et c’est peut être là qu’est la différence. Parce que jamais personne n’arrivera à qualifier si tel ou tel a mis un réel effort ou non. L’auteur et l’acte, et la connotation qui gravite autour de l’écrivain c’est celle de l’art et de l’artiste.
Et finalement, est artiste qui le déclare, parce que l’art ne se juge pas. Simplement tout le monde ne se déclare pas artiste. Un cordonnier peut juger faire de l’art, parce qu’il le voit comme tel, mais tous les cordonniers ne sont pas artistes pour autant, même si leur résultat est similaire voire meilleur.
J’en retiens : Tous sont des auteurs, mais l’écrivain a une volonté artistique ou propre à l’écrit et pas limitée à l’utilitaire.
Implications :
- Un auteur qui fait des livres à la chaîne en se moquant totalement de ce qu’il écrit tant qu’il vend n’est pas un écrivain mais un auteur. Ils sont rares mais ils existent.
- Mis à part ces exceptions, ceux qui écrivent en littérature, en poésie, sont des écrivains
- Le comique Raymond Devos est un écrivain, quand bien même il n’a rien publié
- Mais mis à part des exceptions qui travaillent le texte pour lui-même, ceux qui font de la documentation ou du texte utilitaire ne sont pas des écrivains.
- Celui qui fait une belle correspondance avec sa promise en travaillant le texte pour lui-même, est bien un auteur, quand bien même il n’aurait rien publié
@ the SF reader. excellent ! merci.
@Paumadou
Je suis gêné par ta vision de l’artiste qui doit être reconnu par ses pairs. Elle implique un jugement de valeur, ce qui me parait toujours dangereux pour qualifier les gens et les rôles.
Nombreux sont les artistes, y compris de renom, qui n’ont jamais été considérés par leurs pairs de leur vivant. Est-ce à dire qu’ils n’étaient pas des artistes ?
De même le jugement varie et je suis certain qu’on peut trouver des artistes considérés comme tels par des pairs, et qui un jour ne l’étaient plus. Est-ce à dire qu’ils ont pu perdre leur statut vis à vis d’oeuvres publiées depuis longtemps ?
Si on peut devenir (ou inversement) artiste « après coup », c’est forcément pour moi que la définition a une faille.
Ainsi on peut forcément être artiste connu ou inconnu, reconnu ou méconnu, compris ou incompris. Certains forcément resteront inconnus ou méconnus, ils n’en seront pas moins artistes.
Seule l’intention de l’auteur lui-même peut faire selon moi cette différence. Et oui, ça peut vouloir dire qu’il y a des mauvais artistes, qui font des choses que personne ne comprend ou ne reconnait, y compris qui les vendent une fois par an sur leur jardin, et qui sont bien des artistes.
@Dang_Dae_Link : Pourquoi jamais fini un Stephen King ? Parce que ce n’est pas du tout mon genre (enfin mon style vu que S.King n’as pas vraiment de « genre » attitré), je n’ai jamais réussi (pourtant ce n’est pas ce qui manque à la maison !)
@The SFReader : Pourquoi rien à voir avec l’art ? Être dans l’acte d’écriture (sur plusieurs livres…), c’est être dans l’acte de création dans la durée donc dans l’acte d’art selon ma définition (conscience réfléchie de la création et du message dans le temps, non juste sur un coup de tête ou une idée géniale)
Je reconnais que sa vision est assez symptomatique de beaucoup d’auteurs actuellement : j’ai écrit une nouvelle/roman, bon maintenant je vais trouver un éditeur et basta (en attendant de réécrire un truc, quand j’aurais trouvé l’éditeur et que j’aurais vendu…)
C’est vrai que la distinction est intéressante et plus « professionnelle » puisque d’un côté l’auteur selon sa définition serait un amateur (basé sur le passé, donc pas dans l’optique « en vivre, en faire un métier ») et un écrivain serait professionnel de ce point de vue, ne cessant pas d’écrire pour attendre, mais bien en continuant vers le livre suivant (ce qui entre nous est la seule manière dont devrait penser les auteurs/écrivains qui veulent vivre de leur plume)
@Chris : Chacun sa définition, comme je disais à cdedes sur twitter : dictionnaire: explications simplistes de notions complexes (c’est pas pour rien que l’Académie mets 80-100 ans à refaire le dico
– ils discutent sans fin des définitions sans devoir entrer dans la description encyclopédique à laquelle ils sont souvent enclins de par leurs métiers !)
@Eric D : Je suis parfaitement consciente que la définition qui est la mienne est très subjective. En ne connaissant que le résultat final, c’est souvent dur de juger (quoi que pour certains on a bien conscience qu’il ne s’agit que d’un acte d’écriture – sans préoccupation de l’histoire – ou juste une histoire -sans préoccupation de recherche dans l’écriture), les deux se mélangent assez facilement et d’une manière très floue. C’est pourquoi aussi je regarde le discours autour de la création (défaut d’avoir étudié l’art et surtout l’art contemporain, sans explication, beaucoup de choses nous échappent). C’est aussi une définition qui s’adressent aux auteurs/écrivains : et vous, comment vous positionnez-vous vis à vis de ça ? En dépassant les mots qui ne vous conviennent pas (prenons juste l’acte de raconter et l’acte de réfléchir à l’écriture), comment réfléchissez-vous votre écriture ? Songez-vous à tout ou au contraire à rien ? C’est ça qui est intéressant pour moi.
Le jugement de valeur est très important : tout n’a pas la même valeur. Certes en se positionnant d’un point de vue « scolaire » avec un système de notations, de bons points, de bonnes pratiques, on arrive à hiérarchiser les valeurs. Mais c’est parce qu’on a été formé à ça : 20/20, 15/20, 2/20… ça correspond à quoi ? A avoir suivi les règles imposées, c’est tout. Quand on sort de la notation pure, qu’on juge la valeur du travail fourni (qu’il soit destiné au récit ou à l’écriture), on entre dans le subjectif et donc il est impossible de hiérarchiser de manière équitable, ou en tout cas universelle. Donc, la hiérarchie n’a plus aucune valeur, si ce n’est pour nous-même nous y retrouver dans nos choix et nos pratiques.
Par exemple, je n’ai jamais parlé de mettre l’écrivain au dessus de l’auteur ou inversement. Toute personne qui penserait cela devrait se poser la question de sa propre objectivité vis à vis d’une hiérarchisation des valeurs. On ne peut pas comparer deux pratiques différentes ! Sauf à estimer qu’il existe une norme à suivre (et en matière d’écriture ou d’art, je m’en garderai bien, c’est justement en cassant les normes qu’on crée du neuf et de l’intérêt)
@Eric D (bis) : au contraire, je pense que les artistes sont ceux qui ont une conscience dans leur pratique et non ceux qui sont reconnus comme tels par des pairs (au delà de la simple pratique ou de l’entubage qui est courant aussi dans les « artistes » contemporains… quoi qu’il y ait des cas d’entubages touchant à l’art tant ils sont absolument géniaux !)
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Ca n’interdit pas à l’artiste inconnu qui vend dans son jardin d’en être un, et ça empêche pas mal de vendeurs de concepts plus ou moins avariés d’être catalogué artistes à mes yeux. Mais tout cela est très subjectif, la reconnaissance des pairs est un gage plus ou moins sérieux et surtout particulièrement instable car sujet aux modes. Quand on sort des « modes », qu’on entre dans l’étude des raisons qui poussent à l’art, des messages et des motifs de cet art (donc sans se caler juste sur les résultats finaux, mais entrer dans l’étude globale de l’acte de création de l’artiste) là on peut déterminer assez facilement qui peut prétendre à ce statut. Même si c’est une personne qui ne vend pas ou peu, même si les oeuvres sont assez médiocres. La qualité ce n’est pas la démarche, or c’est la démarche qui fait l’artiste. (j’arrête sinon je n’ai pas fini !