Pour cer­taines per­sonnes, il suf­fit d’écrire pour deve­nir auteur.

Pour d’autres, il faut être publiés (à compte d’éditeur évi­dem­ment), ou alors racon­ter des his­toires (oui, tous les livres ne racontent pas des his­toires, il y a aussi des manuels de cra­pette, des recettes de cui­sine ou des exer­cices de yoga men­tal) ou man­ger du papier à lon­gueur de temps (pas super digeste) ou rece­voir un prix lit­té­raire pres­ti­gieux. Bref, il y a cer­tai­ne­ment autant d’avis sur le sujet que de per­sonne ayant réflé­chi sur le sujet.

Mon avis (per­son­nel qui n’engage que moi, bla­bla­bla) le voici: il suf­fit d’écrire pour être auteur. Mais pour deve­nir écri­vain, il faut un petit plus.

Atten­tion ! Je ne dis pas qu’il faille être un génie, avoir une grosse tête bien média­tique ou écrire des phrases com­pli­quées à ral­longe et qui semblent ne vou­loir rien dire (mais ça c’est nor­mal, c’est parce qu’elles ne veulent rien dire! Non, vous n’êtes pas bête ;) ).

Comme je ne cesse de le répé­ter : si on veut vrai­ment quelque chose (de réa­liste) il faut y mettre les moyens et ne jamais bais­ser les bras. Donc dans ma logique de le talent s’acquiert et se tra­vaille, pas comme le génie qui est natu­rel, je vais vous expli­quer en quoi il y a une dif­fé­rence à mon esprit entre auteur et écri­vain et en quoi ça n’a rien à voir avec du génie.

Auteur ?

Un auteur est donc quelqu’un qui écrit des textes. Nous sommes tous d’accord là-dessus, quelque soit la qua­lité lit­té­raire du texte (l’auteur d’une cir­cu­laire sur le lait en poudre est autant auteur que Bar­bara Cart­land ou Vic­tor Hugo)

Je vais cir­cons­crire le cercle aux auteurs de fic­tions (en englo­bant les der­niers grands “romans” de sep­tembre 2011 qui tenaient plus de la bio/autobiographie que de la fic­tion pour beau­coup d’entre eux) pour ne pas trop m’éparpiller.

Un auteur (de fic­tion) raconte une his­toire: il a des idées d’histoires, de per­son­nages, de situa­tions. Il les met en scène, les décrit, les agence pour for­mer une nou­velle, novella, roman, saga, fleuve… Bref, un auteur écrit des histoires.

Voilà, c’est tout, qu’elles soient bonnes ou pas, peu importe. Si un type pond des his­toires à la chaîne, il reste un auteur, même sans talent, même sans ambition(ou avec beau­coup), même sans ima­gi­na­tion, même sans originalité.

Ce qui dis­tin­gue­rait à mes yeux un “bon” auteur d’un “mau­vais” auteur serait son usage de la langue fran­çaise, de la répétition/redondance (raaaah, ça c’est la pire des fautes et je suis la pre­mière à la faire), de l’originalité de ses persos/situations/histoires. Bref, même un mau­vais auteur, reste à mes yeux un auteur.

Ecri­vain ?

La dif­fé­rence avec l’écrivain est beau­coup plus sub­tile et je pense sera sujette à dis­cus­sion (je vous vois venir, allez-y, les com­men­taires, c’est fait pour ça).

On peut être auteur sans être écri­vain. L’écrivain pour moi a un degré sup­plé­men­taire de conscience dans l’écriture.

L’auteur peut pous­ser son per­son­nages jusqu’à connaître par coeur sa généa­lo­gie, son enfance et ce qui se pas­sera après l’histoire qu’il raconte. Ce n’est pas parce qu’il crée et fait vivre un uni­vers qu’il accède au rang d’écrivain. S’il se contente de racon­ter des his­toires, il res­tera auteur (peut-être très bon ! Je ne fais pas de dis­cri­mi­na­tion du tout sur ça !)

Un écri­vain pour moi réflé­chit non seule­ment à son his­toire, mais éga­le­ment à la manière de la rendre et à le faire de manière originale/renouvelée. Ce n’est pas non plus une ques­tion de style (le style était quelque chose qui ne se réflé­chit pas, mais se forge à l’écriture — en gros nos tics d’écriture)

Il se posera des ques­tions sur la nar­ra­tion évi­dem­ment. Mais je dirais que savoir si il use de la pre­mière ou troi­sième per­sonne (voir de la deuxième pour­quoi pas) relève du pre­mier niveau de la prise de conscience de l’écrivain. En gros un auteur qui se pren­drait la tête pour savoir si Je ou Il, accède à “l’aspiration-écrivain”. C’est un pre­mier pas ;)

Après, il devra dépas­ser l’histoire, les perso pour entrer dans la manière de rendre l’ambiance, la linéa­rité ou les cas­sures dans le récit, les émo­tions qu’il sou­haite pro­vo­quer, la manière de le faire, les visions intérieures/extérieures. Bref, entre une simple his­toire racon­tée de manière assez linéaire par un auteur et une expé­rience lit­té­raire par un écri­vain, il y a un monde.

Au final, être auteur ou écrivain ?

C’est vous qui le sen­tez ! Il y a des lec­teurs pour tous les goûts. On peut avoir du plai­sir et un talent déve­loppé pour racon­ter des his­toires sans se pen­cher plus avant sur la pratique/réflexion de l’écriture. Pour moi, être auteur et non pas écri­vain n’est pas une tare. Beau­coup de lec­teurs ne vont pas se poser de ques­tions plus avant : ils lisent une his­toire et ça leur suf­fit. Ils sont contents et vous aussi !

Par contre, si vous com­men­cez à vous las­ser d’écrire des his­toires, peut-être vous pen­che­rez vous sur la manière de la rendre.

Ceci est un exemple de ce qui pour­rait dis­tin­guer un auteur d’un écri­vain à mes yeux :

Entre faire une des­crip­tion basique de la ferme de votre enfance et le voir à tra­vers les yeux et sens d’un vieux type qui se sou­vient de cette même ferme, c’est très dif­fé­rent.
Vous vous ren­dez compte que dans le pre­mier cas, vous tenez ce que vous écri­vez pour acquis (et vos lec­teurs aussi), tan­dis que dans le deuxième vous jouer sur les sen­sa­tions, les émo­tions et sur­tout les sou­ve­nirs fluc­tuants et par­fois inco­hé­rents !
Dans le pre­mier vous êtes linéaires, sans sur­prise pour le lec­teur (sans dan­ger devrais-je dire), dans le deuxième vous pou­vez créer un malaise chez lui, le désta­bi­li­ser, le rame­ner à ses propres sou­ve­nirs, le faire se ques­tion­ner. Créer un dan­ger pour lui bien plus grand, car plus intime et réel, que de l’emporter à la recherche d’une pla­nète extra-terrestre habi­table dans un récit sans impli­ca­tion per­son­nelle du lec­teur (par exemple).

Cer­tains lec­teurs n’aiment pas ces situa­tions où le récit touche à leur propre res­senti, d’autres les recherchent. A vous de choi­sir en tant qu’auteur (ou écri­vain) ce que vous vou­lez offrir à vos lec­teurs : la grande aven­ture à l’émotion bali­sée et ras­su­rante (et donc réduite) ou l’aventure sau­vage sans cer­ti­tude d’en sor­tir indemne ?

(évi­dem­ment, il n’y a pas QUE cet aspect, ceci était un exemple de ce qui pour moi, ferait la dif­fé­rence entre un auteur et un écrivain)

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27 avis sur “Auteur ou écrivain ?

  • 4 janvier 2012 à 17 h 10 min
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    Ce n’est pas la pre­mière fois que je lis quelques écrits sur la notion d’auteur, qui est auteur pour qui pour­quoi, et je trouve tou­jours ceci à la fois très inté­res­sant et tout aussi impos­sible à résoudre que l’œuf ou la poule (la poule voyons, ça me paraît évident !). Bref.

    Tu le sou­lignes assez bien, mais c’est avant tout une ques­tion de per­cep­tion per­son­nelle. Cha­cun peut y voir ce qu’il veut.

    Tout d’abord, il s’agit évi­dem­ment d’un jeu sur les mots (Notre ami Jean-Basile Bou­tak risque d’ailleurs de répondre très vite s’il passe par ici, car le sujet l’intéresse éga­le­ment). Auteur et écri­vain sont pour moi de par­faits synonymes.

    D’ailleurs, si j’en res­tais aux défi­ni­tions, mon écri­vain (défi­ni­tion : per­sonne qui écrit des ouvrages) serait ton auteur (défi­ni­tion : celui qui est la cause de quelque chose) et vice-versa.

    Reste que je suis d’accord avec toi (repre­nons ton sens des deux mots pour ne pas nous embrouiller inuti­le­ment) : un auteur bon ou mau­vais reste un auteur. Celui qui a la volonté d’inventer des his­toires et de les écrire a le droit et le mérite d’être appelé auteur, c’est bien la moindre des choses.

    D’ailleurs, qui serions-nous pour juger du carac­tère bon ou mau­vais d’un récit. Quelque part sur Terre, un lec­teur pré­fère sans doute les textes à l’histoire ban­cale et bou­rées de fautes d’orthographes, et per­sonne ne pourra lui enle­ver cela !

    En revanche, sur la dif­fé­rence entre auteur et écri­vain, la tienne me paraît plus idéo­lo­gique qu’autre chose… L’écrivain a réflé­chi à toute l’existence de son per­son­nage ? Tant mieux pour lui, mais si ça ne se res­sent pas dans son texte, quel inté­rêt ? Le lec­teur parvient-il réel­le­ment à faire la dif­fé­rence à la lecture ?

    D’autant plus que selon toi l’auteur ou plu­tôt l’écrivain aurait la pos­si­bi­lité de choi­sir entre res­ter écri­vain ou res­ter auteur, ce qui me paraît étrange. Être écri­vain n’est donc pas un état mais un statut ?

    La vérité, c’est que je n’arrive pas vrai­ment à com­prendre où se situe la bar­rière auteur/écrivain selon toi ? Deux choses que je pour­rais com­prendre à par­tir de ton texte :
    – L’écrivain est un bon auteur : pour­tant la pre­mière par­tie me laisse pen­ser que tu ne vois pas du tout les choses ainsi.
    – L’écrivain est un “artiste” et l’auteur un créa­teur de diver­tis­se­ment. Et dans ce cas on en revient davan­tage aux notions de lit­té­ra­ture et de lec­ture divertissante…

    Dans tous les cas, tout cela reste bien sub­jec­tif, et je reste per­suadé qu’un lec­teur pour­rait bien trou­ver une pro­fonde richesse lit­té­raire (quitte à être le seul, en quoi cela le dérangera-t-il ?) dans le pire des Harlequins…

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    • 4 janvier 2012 à 17 h 42 min
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      @sediter
      Tu as lu trop vite (mais vu que tu as répondu dans la minute, ça ne m’étonne pas ;) )
      Un auteur peut avoir réflé­chi à son uni­vers jusqu’au moindre détail (Ses per­son­nages, leurs vies, leurs expé­riences, bla­bla­bla), ça ne fait pas de lui un écri­vain à mes yeux.
      Je pense ici aux gens qui écrivent de la SFFF (entre autre) et font des fiches perso sur X géné­ra­tions, ou le sys­tème de pla­ni­fi­ca­tion Flo­con. Ca apporte par­fois de très bons récits mais tout cela relève de l’histoire. L’auteur peut être bon à écrire, racon­ter une his­toire, trans­mettre un uni­vers sans être écrivain.

      L’écrivain, à la limite, peut se fiche de l’histoire (quoi que ça n’est pas négli­geable non plus ;) ) lui ce qui l’intéresse, c’est l’usage du verbe et la manière de trans­mettre les émotions/ressentis. Au lieu de savoir s’il est cohé­rent et si les per­son­nages ont l’air réa­listes, il va plu­tôt se ques­tion­ner sur la manière dont il doit tour­ner son paragraphe/inclure ses dia­logues (d’une manière classique/codifié ou au contraire cher­cher un moyen de le faire de manière différente).

      En gros : un auteur écrit une his­toire, un écri­vain fait vivre une expé­rience littéraire.

      Je pense que pour deve­nir écri­vain, il faut dépas­ser la simple “nar­ra­tion” d’histoire et entrer dans la recherche lit­té­raire en se déta­chant des règles admises de nar­ra­tion.
      Par exemple, je relis un texte en ce moment : la nar­ra­tion est bonne, l’histoire cohé­rente et se tient bien. Mais voilà, c’est conven­tion­nel. Les per­son­nages racontent leur vie au passé, comme si on la vivait en même temps qu’eux. Hors, soit ils sou­viennent : cela implique des inco­hé­rences, des erreurs, des res­sen­tis…, soit ils la vivent dans l’instant, pour­quoi uti­li­ser le passé alors ? Et de quelle manière puis-je rendre ce passé, ses incer­ti­tudes d’une manière qui ne laisse pas le lec­teur en dehors du récit, à sa place bien sage et sans risque pour lui.
      L’histoire en elle-même pour­rait conve­nir à beau­coup de lec­teurs, mais j’ai envie de pous­ser sur les res­sen­tis et les malaises. Pous­ser le lec­teur à se poser des ques­tions sur lui-même, sur la manière dont j’utilise telle tech­nique et pour­quoi. Pous­ser le lec­teur à réagir. Pas juste me poser la ques­tion d’un point de vue nar­ra­tif dans une his­toire linéaire.
      Oui d’un cer­tain point de vue l’écrivain serait artiste, et l’auteur créa­teur de diver­tis­se­ment. Ce n’est à mes yeux néga­tifs pour aucun des deux : j’adore me diver­tir comme j’aime qu’on me fasse un peu cogi­ter sur le monde, les deux ne sont pas incom­pa­tibles et tant que l’un ne confond pas son rôle avec celui de l’autre, tout va bien ;)

      Je fais la dis­tinc­tion parce que je n’ai pas d’autre terme et que je ne vais pas inven­ter un mot alors qu’il en existe un ! ;)
      Elle est effec­ti­ve­ment très sug­ges­tive ! Mais ce sont deux approches dif­fé­rentes de l’écriture : d’un côté, c’est racon­ter des his­toires (et donc se concen­trer sur l’histoire) de l’autre, c’est expé­ri­men­ter, cher­cher, se plan­ter sur l’écriture. On peut faire les deux, ce n’est pas incom­pa­tible. Et il n’y a aucun mal à ne pas se sou­cier d’expérimentation lit­té­raire. Je trouve qu’on y apprend beau­coup, mais ce n’est que mon avis !

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  • 4 janvier 2012 à 17 h 19 min
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    Amu­sant car j’ai jus­te­ment l’approche inverse. ;-) Ceci dit, aucun des termes ne me semble par­fai­te­ment juste et au final, je crois que ce qui importe, c’est ce que l’on met der­rière ces mots…
    La défi­ni­tion d’écrivain est “celui qui écrit des ouvrages”, donc c’est valable pour celui qui pond un bou­quin pour un nou­veau régime miracle; quitte à dire des âne­ries selon les­quelles des points pour­raient être accor­dés au bac en fonc­tion du poids… Voui, je dis­gresse. :-D
    Auteur, pour moi, c’est inven­ter, créer et non se conten­ter d’aligner quelques phrases…
    Et puis il y a ce “vain” dans “écri­vain” qui m’agace… Fina­le­ment, je pré­fère encore romancière… :-)

    Répondre
  • 4 janvier 2012 à 17 h 20 min
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    Je crois que la dis­tinc­tion que fait Pau­line est plus dans une dis­tance ou réflexion entre l’histoire en elle même et la tech­nique employée pour la retranscrire.

    Selon ses cri­tères, un auteur écri­rait plus “au res­senti” ou à l’instinct, sans réflexion sur les aspects tech­niques autres que ceux de la gram­maire et de l’orthographe, alors que l’écrivain uti­li­sera –> consciem­ment <– un cer­tains nombre de tech­niques au delà de cette grammaire/orthographe .

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  • 4 janvier 2012 à 17 h 32 min
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    La seule chose que je me sou­viens de mes cours d’art, c’est qu’on ne se pro­clame pas artiste, il faut que le milieu le fasse (être reconnu par ses pairs, quoi).
    C’est pareil pour tous les arts. Si tu gri­bouilles sur un bout de papier, ça ne fait pas de toi un des­si­na­teur digne de ce nom.

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    • 4 janvier 2012 à 17 h 59 min
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      @alabergerie : Ah le sens des mots ! A la fois juste et traître ! On pour­rait pas­ser sa vie à se limi­ter aux des­crip­tions de l’académie fran­çaise (ou autres dicos) mais qu’est-ce qu’on s’emmerderait ! ;)

      @IsaLise : Cha­cun sont res­senti. Pour moi écri­vain, c’est un beau mot (oui, c’est vain ! comme tout art pour la plu­part des gens ! Mais si ça touche une seule per­sonne, ce n’est plus aussi vain ;) )

      @TheSFReader : Voilà ! Je com­men­çais à croire que je n’étais pas claire du tout, merci ! ;)

      @idmuse : Ca me rap­pelle un texte que j’ai quelque part (pas de moi) qui explique “Qu’est-ce que l’art ?” (ou qu’est-ce qu’être artiste, je ne sais plus) et qui au final résume que tout cela ne sert à rien sauf à engrais­ser les cri­tiques d’art dans des ver­nis­sages à petits fours (très drôle, fau­dra que je le retrouve)
      Je pense qu’on peut se dire artiste si on a vrai­ment conscience de ce que cela implique de rigueur et de recherche, de mes­sage à trans­mettre (ne débat­tons pas sur ça, c’est pas le sujet).
      Au final, les plus ori­gi­naux et nova­teurs sor­ti­ront du lot sur la fin ou après leur mort. Entre temps, il y aura un paquet d’”artistes” auto­pro­cla­més qui ne feront pas d’art (ou inven­te­rons des concepts, très à la mode dans l’art, les concepts).
      Ce n’est effec­ti­ve­ment pas en des­si­nant sur un bout de papier qu’on devient artiste, il y a une conscience sup­plé­men­taire dans la tech­nique et la volonté de faire pas­ser un mes­sage (mais lais­sons, je sais que beau­coup de gens pensent qu’un peintre est un artiste parce qu’il peint…)

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  • 4 janvier 2012 à 17 h 46 min
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    @Paumadou Et bien je suis moins bête que prévu car ta réponse m’a fait par­fai­te­ment com­prendre le concept ! Il ne me reste donc plus qu’une objec­tion : l’écrivain peut-il vrai­ment faire le choix d’être auteur ?
    Son envie de tra­vailler sur les mots n’est-elle pas tou­jours présente ?

    L’écrivain qui déci­de­rait d’être auteur le ferait-il pour écrire plus rapi­de­ment, pour vendre plus faci­le­ment ? Serait-ce ton cas ?

    :-)

    Oui, pour 2012 je deviens psy­cha­na­lyste et je pose tou­jours mes ques­tions en série !

    Répondre
    • 4 janvier 2012 à 18 h 10 min
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      @sediter : On peut choi­sir de res­ter auteur pour cer­tains textes et être écri­vain pour d’autres !
      L’envie de tra­vailler les mots est par­fois bien pénible (tu ver­ras quand tu blo­que­ras presque deux semaines sur la réécri­ture d’un cha­pitre ! Argh en plus j’ai les idées pour le réécrire, mais ça veut pas ! :P )
      En écri­ture, il peut y avoir l’alimentaire, le loi­sir, le bou­lot, la pas­sion… Il y a de tout !

      Et oui, j’écris des trucs rapides sans recherche qui se ven­dront bien j’espère (en tout cas assez pour deve­nir mil­liar­daire :P) et des trucs qui ne se ven­dront pas et me prennent des mois (ça va finir en années cette his­toire je le sens… attends ! écrite en 2010, revue en 2011, mince on est déjà en 2012 ! ça fait bien des années !)
      Ecoute, si tu deviens psy­cha­na­lyste, je te conseille d’éviter de croi­ser Natha­lie Hamidi parce qu’avant d’aller dégom­mer des zom­bies, elle bouffe des psy au petit déjeu­ner ;) (et puis t’évites de lui dire qu’on se connaît d’accord ? :rotfl: )

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  • 4 janvier 2012 à 20 h 08 min
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    On pour­rait aussi reprendre la dis­tinc­tion que Julien Gracq fai­sait entre un “écri­vant” et un “écri­vain” pour mon­trer les dif­fé­rents degrés dans la manière d’appréhender l’acte d’écrire.

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  • 4 janvier 2012 à 21 h 31 min
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    L’auteur c’est celui qui agit, peut être assi­milé au créa­teur, mais on parle aussi de l’auteur du crime…
    En musique, l’auteur est celui qui écris les paroles, le chan­teur celui qui les chante, et le chan­teur pro celui qui gagne sa vie en chan­tant.
    On consi­dère que quelqu un est musi­cien a par­tir du moment où il fait de la musique, et peu importe son niveau (sauf pour ceux aux consi­dé­ra­tions pédantes…), et on appelle musi­cien pro un musi­cien qui gagne sa vie en fai­sant de la musique.
    Dans le cas de l’écriture, pour moi on est écri­vain a par­tir du moment où on écrit (c’est aussi la consi­dé­ra­tion de Ste­phen King dans son livre, ecri­ture mémoire d’un métier)
    On est écri­vain pro à par­tir du moment oùl’écriture nous fait gagner note vie. Et dès le moment où on écris (invente? Crée?), on est auteur.
    En fait la dis­tinc­tion que vous faites ici est mal pla­cée, vous met­tez en oppo­si­tion auteur et écri­vain, alors qu’il est à mon avis plus juste de faire une oppo­si­tion entre écri­vain réflé­chit et écri­vain ins­tinc­tif.
    Pour finir, je pense que les génies sont plu­tôt ins­tinc­tifs alors que les autres devront êtres réflé­chis s’ils veulent avoir la chance d’être édi­tés.
    PS : l’artiste est celui qui pra­tique un art (peu importe sa qua­lité ou son talent)

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    • 4 janvier 2012 à 23 h 44 min
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      @Svippy : Je ne connais pas Gracq (ça fait plu­sieurs fois qu’on m’en parle fau­dra que je pense à aller y regar­der de plus près), mais peut-être que les mots que j’ai choi­sir n’était pas les bons. “écri­vant” serait donc mon “auteur” et “écri­vain” mon écri­vain ? (je pense qu’il doit y avoir des nuances plus déve­lop­pées, non ?)

      @Dang_Dae_Link : Pré­ci­sions: quand je parle auteur, je parle auteur d’écrits de fic­tion (je l’ai pré­cisé et je le re-précise) et non d’auteur au sens géné­ral.
      Ensuite:
      Vous pla­cez la dis­tinc­tion à un niveau finan­cier, je la place à un niveau artis­tique. Parce que le revenu pour moi n’est signe que d’une moné­ti­sa­tion d’un contenu et non d’une approche de l’écriture.

      Regar­dons Karl Dubost : il écrit, il a une vision et une pen­sée de l’écriture. Mais il ne gagne pas sa vie avec, il n’est pas pro­fes­sion­nel de l’écriture au sens terre à terre de gagner sa vie. Il ne le veut pas et se contente de l’acte d’écrire. Pour moi, il a un sta­tut d’écrivain car sa réflexion n’est pas dans l’histoire qu’il trans­met mais dans les mots même qu’il uti­lise et la manière dont il les uti­lise.
      Je pren­drais pour autre exemple Ste­phe­nie Meyer : ses his­toires sont diver­tis­santes, on les lit faci­le­ment, elles vous tiennent bien la tête, vous dis­traient et rem­plissent par­fai­te­ment leur rôle d’exutoire d’une vie pas ter­rible. Je ne la consi­dère pas comme un écri­vain car elle n’apporte ni vision par­ti­cu­lière de l’acte d’écriture, ni inno­va­tion dans la manière de faire. Pour­tant elle gagne sa vie avec ses écrits et je ne lui en vou­drais pas pour ça.
      Je fais cette dis­tinc­tion et ça n’a rien de péjo­ra­tif pour ceux que je classe dans la caté­go­rie auteur ni pour ceux que je classe dans la caté­go­rie écri­vain. Ce sont deux approches dif­fé­rentes, non pas contra­dic­toires ou anta­go­nistes, juste dif­fé­rentes ! L’un peut être l’autre, ça peut varier avec le temps, les écrits, ce n’est pas un sta­tut figé dans mon esprit, contrai­re­ment à l’acte banal de gagner trois ronds en publiant un texte.
      Ça n’a rien à voir avec le côté finan­cier, puisqu’il s’agit pure­ment de l’écriture.
      Puis, on peut être dans l’instinctif en étant écri­vain, on peut être dans le réflé­chi en étant auteur (ce n’est pas incom­pa­tible avec la défi­ni­tion que j’en ai donné)

      Ste­phen King a son avis sur la ques­tion, c’est amu­sant car on me le sort à tout bout de champ. Il n’est pas le seul à réflé­chir sur l’écriture et le métier d’auteur/écrivain ! Et même si je recon­nais qu’il peut avoir du talent ou du génie (j’avoue que je n’ai jamais réussi à lire un de ses livres en entier, donc je ne pour­rais pas juger plus avant), bref, même s’il est reconnu comme une réfé­rence en la matière, il n’est pas le seul à cogi­ter là-dessus (c’est bien aussi de varier les points de vue ;) )

      Le génie avec moi est un débat sans fin alors j’éviterai le sujet (tout comme le talent, vaut mieux pas me poser la ques­tion, vu que les gens bas­se­ment terre à terre me sor­ti­ront encore la défi­ni­tion du dic­tion­naire… génie=talent, talent=génie, sur laquelle je ne suis pas d’accord car j’y mets des degrés, dis­cu­ter avec le dico sous les yeux juste pour avoir rai­son n’est pas inté­res­sant, le débat est jus­te­ment que nous avons tous une vision dif­fé­rente des mots ! et que le dico est là pour don­ner un sens basique à ce qui est com­plexe) mais je pense qu’on peut être un génie-auteur et/ou un génie-écrivain, ça n’a pas de lien avec le rap­port à l’écriture.
      Quant à être édité, mon Dieu c’est un bien autre débat dans lequel je n’entrerai pas, le fait d’être édité n’étant pas, pour moi, un cri­tère déterminant.

      Pour votre PS, c’est votre vision et votre pen­sée, per­son­nel­le­ment, j’ai été for­mée à faire la dis­tinc­tion entre ce que l’on appelle l’artiste du dimanche que je ne consi­dère pas comme un artiste mais comme un peintre (s’il peint évi­dem­ment, ou des­si­na­teur, ou musi­cien — une approche basée sur la pra­tique sans but autre que la pra­tique et le plai­sir) et l’artiste réel qui a une vision artis­tique (loin des consi­dé­ra­tions popu­laire de déco­rer son salon ou même pécu­niaire de gagner des sous) avec tech­niques, mes­sages, visions d’ensemble…
      Je sais que beau­coup de gens ne pensent pas comme moi, parce que beau­coup de gens n’ont pas eu à étu­dier l’art et les artistes pen­dant 5 ans sur tous les conti­nents de la pré­his­toire à nos jours. Quand on a cette accu­mu­la­tion, à un moment, il faut faire la dis­tinc­tion entre la défi­ni­tion basique du dico (pour tout le monde) et la défi­ni­tion pro­fes­sion­nelle de l’artiste (pour les his­to­riens d’art, les conser­va­teurs, bref les gens qui ne sont pas artistes mais qui tra­vaillent avec les artistes et la redé­fi­ni­tion constante de l’art –ques­tion sans fin chez les pros) : même si mamie jacotte fait de belles aqua­relles et les vend une fois par an dans son asso­cia­tion, je ne PEUX PAS la consi­dé­rer comme une artiste, elle ne sera jamais l’objet de recherches en his­toire de l’art et jamais aucun musée n’exposera ses oeuvres (par exemple), à moins qu’elle n’apporte une vision ou un mes­sage.
      Par contre cer­tains ama­teurs auront une vision artis­tique et pous­se­ront leur pra­tique au niveau de l’art, tan­dis que cer­tains pro­fes­sion­nels se conten­te­ront de peindre/dessiner/jouer pour déco­rer des salons ou pas­ser un bon moment. Le sta­tut d’artiste à mes yeux n’a rien à voir avec l’aspect finan­cier de la chose, ni avec la simple “pra­tique artistique”.

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  • 4 janvier 2012 à 23 h 26 min
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    Per­son­nel­le­ment, j’utiliserais la dis­tinc­tion autre­ment. Je dirais « conteur » et « écri­vain », même si conteur est très bien. Les grands écri­vains popu­laires sont sou­vent des conteurs.
    J’adore Of Mar­ria­geable Age (Les Noces Indiennes) de Sha­ron Maas. J’ai été hap­pée par le roman, j’ai vibré, pleuré, trem­blé, etc. Ma meilleure amie n’est pas entrée dans l’histoire : l’écriture de Maas la déses­pé­rait. En lisant le roman sui­vant, je n’ai pas été aussi séduite, j’ai donc pu mieux me rendre compte de l’écriture et je suis d’accord avec ma meilleure amie. Comme écri­vain, c’est pas tou­jours ça, mais comme conteuse d’histoire, Sha­ron Maas est excel­lente. Tout comme Tamara McKin­ley et Kath­leen McGo­wan. Cette der­nière écrit ter­ri­ble­ment (mais qui suis-je pour le dire), mais son roman Marie-Madeleine : Le Livre de l’Élue m’a fou­droyée.
    Je dis que je suis écri­vain. Aucune honte là des­sus puisque en por­tu­gais ou en anglais, on ne fait pas de chi­chi : tu écris = tu es écri­vain. Ça englobe mes romans, mes nou­velles, mes poèmes et mes récits. Mais ce que je veux, plus que toute autre chose, c’est racon­ter une his­toire. Donc, à la fin, qu’on me consi­dère auteur, écri­vain, roman­cière, conteuse… c’est à la sen­si­bi­lité de tout un chacun. :-)

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    • 5 janvier 2012 à 0 h 13 min
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      @jo ann : Oui, mais en France, on aime bien se prendre la tête avec des détails ! XD
      Je suis par­fai­te­ment consciente qu’il est par­fois dif­fi­cile de faire la dis­tinc­tion entre les deux approches que j’ai décrite juste en lisant un texte. C’est pour ça aussi que les deux ne sont pas incom­pa­tibles (et idéa­le­ment, trou­ver les deux chez un auteur/écrivain serait le pied !) et tous les deux appar­tiennent à la caté­go­rie wri­ter.
      Ce billet, c’était aussi un moyen de dis­tin­guer deux approches de l’écriture, de mon­trer qu’il n’y a pas que le côté “racon­ter une his­toire” dans l’écriture (chose qu’on oublie sou­vent) qu’on peut aussi ne pas vou­loir racon­ter d’histoire mais plu­tôt jouer avec les mots pour pro­vo­quer l’intérêt autrement.

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  • 5 janvier 2012 à 10 h 00 min
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    J’ajouterais aussi la notion d’aboutissement. Si l’auteur peut se conten­ter de bribes, l’écrivain doit abou­tir. La fini­tude d’un texte me semble impor­tante pour l’écrivain. Mais ça n’est que mon avis bien-sûr !

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  • 5 janvier 2012 à 10 h 06 min
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    Il y a bel et bien une dif­fé­rence entre auteur et écri­vain, bien que les deux soient sou­vent liés, si j’en crois mon expé­rience. L’auteur comme chry­sa­lide de l’écrivain, à mon sens.

    Un écri­vain, c’est quoi ?
    C’est une néces­sité et une langue.
    Coïn­ci­dence, je viens de d’écrire trois articles sur le sujet. Atten­tion, il
    ne sont pas construits comme celui-ci, mais tendent plu­tôt à mener de front pra­tique et ana­lyse. Le der­nier s’essaie à une défi­ni­tion, qui vaut ce qu’elle vaut.
    http://bit.ly/xcnPYZ

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  • 5 janvier 2012 à 10 h 26 min
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    Par contre, si vous com­men­cez à vous las­ser d’écrire des his­toires, peut-être vous pen­che­rez vous sur la manière de la rendre.”

    Heuh, cri­tère non per­ti­nent. En effet, un jour­na­liste se demande AUSSI com­ment rendre son his­toire sexy, afin qu’elle soit lue (hié­rar­chi­sa­tion de l’info, titraille inci­ta­tive avec des jeux de mots (cf. Cau­seur) ou des argu­ments accro­cheurs (cf. Paris-Match)). Il peut même écrire un article avec l’accent, on l’a vu récem­ment. Cela ne fait pas de lui un écrivain.

    Je suis assez d’accord avec l’argument de la “recon­nais­sance par d’autres”, pairs (d’autres écri­vains qui vous recon­naissent comme un confrère) ou lecteurs.

    Par ailleurs, il serait inté­res­sant d’élargir le débat en se deman­dant, par exemple, quels sont les cri­tères d’admission dans des socié­tés d’écrivains, pres­ti­gieuses ou confi­den­tielles. Cela pour­rait nour­rir le débat, à par­tir des élé­ments objec­tifs évo­qués en début de billet.

    Des réflexions sur le sta­tut d’écrivain appa­raissent par ailleurs aussi dans le livre “La Condi­tion lit­té­raire, la double vie des écri­vains”, de Ber­nard Lahire.

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  • 5 janvier 2012 à 10 h 35 min
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    La ques­tion de défi­ni­tion des Pairs et Société d’écrivains est d’autant plus impor­tante qu’une dérive récente a plu­tot été de défi­nir cette liste en fonc­tion de “publié” ou non …

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  • 5 janvier 2012 à 10 h 40 min
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    En fait, comme je l’ai dit, je pense que c’est votre ter­mi­no­lo­gie qui n’est pas cor­recte. Mais cela reviens à l’avis de cer­tains psy­cho­logues sur le sens des mots, chaque mot à un sens dif­fé­rent pour cha­cun de nous parce qu’il se rap­porte à notre vécu. Voici pour­quoi je pré­fère me rap­pro­cher le plus pos­sible du sens que donne le dic­tion­naire à un mot car c’est le meilleur moyen d’être d’accord et de se com­prendre. Cepen­dant, je n’ai pas uti­lisé de dic­tion­naire lorsque j’ai rédigé mon der­nier com­men­taire ;-)

    Je pense qu’en fait, vous avez voulu dif­fé­ren­cier auteur popu­laire et auteur littéraire(et tech­ni­cien?), car il est vrai que dans un cas, on ne s’emmerde pas à faire des jolies choses pour les gens qui ne sont pas capables de les lire, on les réserves à ceux qui vont faire des com­men­taires de textes et qui sau­ront appré­cier les belles méta­phores.
    Mal­heu­reu­se­ment, au vu de l’augmentation consi­dé­rable jour après jour du nombre de livres dif­fé­rents dans les cata­logues de nos libraires (et je ne parle même pas de livres numé­riques…), l’écrivain est obligé de sim­pli­fier son écri­ture pour vendre. Un livre qui n’est pas vendu n’est pas lu et du fait que ce soit la popu­la­tion qui décide de ce qu’elle aime ou non, les œuvres lit­té­raires ne se vendent plus qu’à des étu­diants en arts ou en lit­té­ra­tures (j’extrapole mais c’est presque ça).
    Donc les édi­teurs n’éditent plus d’œuvre lit­té­raires, donc ceux qui seraient poten­tiel­le­ment des artistes ne peuvent pas en deve­nir puisqu’ils ne seront jamais lu par des his­to­riens ou des conser­va­teurs d’arts…

    Pour uti­li­ser votre ter­mi­no­lo­gie, je pense donc que l’écrivain n’a pas le choix, il est obligé de com­men­cer par être auteur pour être publié et ensuite écri­vain pour être reconnu comme tel par les cri­tiques qui cou­vri­ront d’insultes les texte que l’écrivain à écris en tant qu’auteur.

    Pour ce qui est du pro­blème de recon­nais­sance, je consi­dère que la seule per­sonne à avoir le droit de me défi­nir, c’est moi. Et j’espère que tous ceux qui n’ont été reconnu qu’à titre post­hume se sont recon­nus eux même de leur vivants et étaient fières de leurs tra­vaux. Être reconnu comme écri­vain par un autre écri­vain, ça flatte l’égo, c’est tout (et encore ça dépend de l’écrivain qui nous recon­nait…). Alors que se défi­nir soit même comme écri­vain, c’est se don­ner une cer­taine res­pon­sa­bi­lité en fonc­tion de com­ment on défini l’écrivain bien entendu.

    Au fait, pour­quoi n’avez vous jamais lu de Ste­phen King en entier si on vous le sort si sou­vent?
    Pour ma part, ras­su­rez vous, ce point de vu est bien le mien suite à d’innombrable lec­tures et discussion :-)

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  • 10 janvier 2012 à 14 h 54 min
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    Dean Wes­ley Smith a une vision tout à fait dif­fé­rente de cette dis­tinc­tion, (qui n’a rien à voir avec l’art d’ailleurs) : (Anglais inside) http://www.deanwesleysmith.com/?p=6190

    Pour résu­mer, pour lui, l’auteur est celui qui a écrit (et qui en reste +- là) alors que l’écrivain est dans l’acte d’écriture (du livre suivant ?).

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  • 10 janvier 2012 à 18 h 26 min
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    Bon­jour, je n’ai pas le temps de lire tous les com­men­taires, mais le sujet semble fas­ci­ner ! Donc, je m’excuse si ce que je vais dire a été dit.
    je pour­rais être en accord avec ton article, sauf que pour moi les défi­ni­tions sont inver­sées.
    Si je regarde l’origine du mot, auteur, il s’apparente à créa­teur : Petit Robert : auteur : celui qui est la cause, ou a l’origine d’une chose. Ex: La Fon­taine ; L’auteur de l’univers.
    Écri­vain vient du latin scri­bam ou scribe qui veut dire gref­fier. Ensuite vient cette defi­ni­tion du Petit Rober écri­vain avec syno­nymes : auteur, lit­té­ra­teur : Homme de plume, homme de lettre.

    On l’aura com­pris, je pré­fère être une auteure. Bonne journée.

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  • 10 janvier 2012 à 18 h 27 min
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    Je vous lis, mais inva­ria­ble­ment j’ai l’impression qu’on entre faci­le­ment dans un juge­ment de valeur (à quel point il réflé­chit ses per­son­nages ou sou­haite faire pas­ser une émo­tion par exemple).

    Mais en vous lisant je me rends compte aussi que les exemples sont significatifs :

    - Un auteur écrit, peu importe quoi
    – Un écri­vain écrit de la lit­té­ra­ture ou de la poé­sie, mais jamais du pur utilitaire

    Et c’est peut être là qu’est la dif­fé­rence. Parce que jamais per­sonne n’arrivera à qua­li­fier si tel ou tel a mis un réel effort ou non. L’auteur et l’acte, et la conno­ta­tion qui gra­vite autour de l’écrivain c’est celle de l’art et de l’artiste.

    Et fina­le­ment, est artiste qui le déclare, parce que l’art ne se juge pas. Sim­ple­ment tout le monde ne se déclare pas artiste. Un cor­don­nier peut juger faire de l’art, parce qu’il le voit comme tel, mais tous les cor­don­niers ne sont pas artistes pour autant, même si leur résul­tat est simi­laire voire meilleur.

    J’en retiens : Tous sont des auteurs, mais l’écrivain a une volonté artis­tique ou propre à l’écrit et pas limi­tée à l’utilitaire.

    Impli­ca­tions :

    - Un auteur qui fait des livres à la chaîne en se moquant tota­le­ment de ce qu’il écrit tant qu’il vend n’est pas un écri­vain mais un auteur. Ils sont rares mais ils existent.
    – Mis à part ces excep­tions, ceux qui écrivent en lit­té­ra­ture, en poé­sie, sont des écri­vains
    – Le comique Ray­mond Devos est un écri­vain, quand bien même il n’a rien publié
    – Mais mis à part des excep­tions qui tra­vaillent le texte pour lui-même, ceux qui font de la docu­men­ta­tion ou du texte uti­li­taire ne sont pas des écri­vains.
    – Celui qui fait une belle cor­res­pon­dance avec sa pro­mise en tra­vaillant le texte pour lui-même, est bien un auteur, quand bien même il n’aurait rien publié

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  • 10 janvier 2012 à 18 h 33 min
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    @Paumadou

    Je suis gêné par ta vision de l’artiste qui doit être reconnu par ses pairs. Elle implique un juge­ment de valeur, ce qui me parait tou­jours dan­ge­reux pour qua­li­fier les gens et les rôles.

    Nom­breux sont les artistes, y com­pris de renom, qui n’ont jamais été consi­dé­rés par leurs pairs de leur vivant. Est-ce à dire qu’ils n’étaient pas des artistes ?

    De même le juge­ment varie et je suis cer­tain qu’on peut trou­ver des artistes consi­dé­rés comme tels par des pairs, et qui un jour ne l’étaient plus. Est-ce à dire qu’ils ont pu perdre leur sta­tut vis à vis d’oeuvres publiées depuis longtemps ?

    Si on peut deve­nir (ou inver­se­ment) artiste “après coup”, c’est for­cé­ment pour moi que la défi­ni­tion a une faille.

    Ainsi on peut for­cé­ment être artiste connu ou inconnu, reconnu ou méconnu, com­pris ou incom­pris. Cer­tains for­cé­ment res­te­ront incon­nus ou mécon­nus, ils n’en seront pas moins artistes.

    Seule l’intention de l’auteur lui-même peut faire selon moi cette dif­fé­rence. Et oui, ça peut vou­loir dire qu’il y a des mau­vais artistes, qui font des choses que per­sonne ne com­prend ou ne recon­nait, y com­pris qui les vendent une fois par an sur leur jar­din, et qui sont bien des artistes.

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    • 10 janvier 2012 à 19 h 57 min
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      @Dang_Dae_Link : Pour­quoi jamais fini un Ste­phen King ? Parce que ce n’est pas du tout mon genre (enfin mon style vu que S.King n’as pas vrai­ment de “genre” atti­tré), je n’ai jamais réussi (pour­tant ce n’est pas ce qui manque à la maison !)

      @The SFRea­der : Pour­quoi rien à voir avec l’art ? Être dans l’acte d’écriture (sur plu­sieurs livres…), c’est être dans l’acte de créa­tion dans la durée donc dans l’acte d’art selon ma défi­ni­tion (conscience réflé­chie de la créa­tion et du mes­sage dans le temps, non juste sur un coup de tête ou une idée géniale)
      Je recon­nais que sa vision est assez symp­to­ma­tique de beau­coup d’auteurs actuel­le­ment : j’ai écrit une nouvelle/roman, bon main­te­nant je vais trou­ver un édi­teur et basta (en atten­dant de réécrire un truc, quand j’aurais trouvé l’éditeur et que j’aurais vendu…)
      C’est vrai que la dis­tinc­tion est inté­res­sante et plus “pro­fes­sion­nelle” puisque d’un côté l’auteur selon sa défi­ni­tion serait un ama­teur (basé sur le passé, donc pas dans l’optique “en vivre, en faire un métier”) et un écri­vain serait pro­fes­sion­nel de ce point de vue, ne ces­sant pas d’écrire pour attendre, mais bien en conti­nuant vers le livre sui­vant (ce qui entre nous est la seule manière dont devrait pen­ser les auteurs/écrivains qui veulent vivre de leur plume)

      @Chris : Cha­cun sa défi­ni­tion, comme je disais à cdedes sur twit­ter : dic­tion­naire: expli­ca­tions sim­plistes de notions com­plexes (c’est pas pour rien que l’Académie mets 80–100 ans à refaire le dico ;) — ils dis­cutent sans fin des défi­ni­tions sans devoir entrer dans la des­crip­tion ency­clo­pé­dique à laquelle ils sont sou­vent enclins de par leurs métiers !)

      @Eric D : Je suis par­fai­te­ment consciente que la défi­ni­tion qui est la mienne est très sub­jec­tive. En ne connais­sant que le résul­tat final, c’est sou­vent dur de juger (quoi que pour cer­tains on a bien conscience qu’il ne s’agit que d’un acte d’écriture — sans pré­oc­cu­pa­tion de l’histoire — ou juste une his­toire –sans pré­oc­cu­pa­tion de recherche dans l’écriture), les deux se mélangent assez faci­le­ment et d’une manière très floue. C’est pour­quoi aussi je regarde le dis­cours autour de la créa­tion (défaut d’avoir étu­dié l’art et sur­tout l’art contem­po­rain, sans expli­ca­tion, beau­coup de choses nous échappent). C’est aussi une défi­ni­tion qui s’adressent aux auteurs/écrivains : et vous, com­ment vous positionnez-vous vis à vis de ça ? En dépas­sant les mots qui ne vous conviennent pas (pre­nons juste l’acte de racon­ter et l’acte de réflé­chir à l’écriture), com­ment réfléchissez-vous votre écri­ture ? Songez-vous à tout ou au contraire à rien ? C’est ça qui est inté­res­sant pour moi.
      Le juge­ment de valeur est très impor­tant : tout n’a pas la même valeur. Certes en se posi­tion­nant d’un point de vue “sco­laire” avec un sys­tème de nota­tions, de bons points, de bonnes pra­tiques, on arrive à hié­rar­chi­ser les valeurs. Mais c’est parce qu’on a été formé à ça : 20/20, 15/20, 2/20… ça cor­res­pond à quoi ? A avoir suivi les règles impo­sées, c’est tout. Quand on sort de la nota­tion pure, qu’on juge la valeur du tra­vail fourni (qu’il soit des­tiné au récit ou à l’écriture), on entre dans le sub­jec­tif et donc il est impos­sible de hié­rar­chi­ser de manière équi­table, ou en tout cas uni­ver­selle. Donc, la hié­rar­chie n’a plus aucune valeur, si ce n’est pour nous-même nous y retrou­ver dans nos choix et nos pra­tiques.
      Par exemple, je n’ai jamais parlé de mettre l’écrivain au des­sus de l’auteur ou inver­se­ment. Toute per­sonne qui pen­se­rait cela devrait se poser la ques­tion de sa propre objec­ti­vité vis à vis d’une hié­rar­chi­sa­tion des valeurs. On ne peut pas com­pa­rer deux pra­tiques dif­fé­rentes ! Sauf à esti­mer qu’il existe une norme à suivre (et en matière d’écriture ou d’art, je m’en gar­de­rai bien, c’est jus­te­ment en cas­sant les normes qu’on crée du neuf et de l’intérêt)

      @Eric D (bis) : au contraire, je pense que les artistes sont ceux qui ont une conscience dans leur pra­tique et non ceux qui sont recon­nus comme tels par des pairs (au delà de la simple pra­tique ou de l’entubage qui est cou­rant aussi dans les “artistes” contem­po­rains… quoi qu’il y ait des cas d’entubages tou­chant à l’art tant ils sont abso­lu­ment géniaux !)
      Ca n’interdit pas à l’artiste inconnu qui vend dans son jar­din d’en être un, et ça empêche pas mal de ven­deurs de concepts plus ou moins ava­riés d’être cata­lo­gué artistes à mes yeux. Mais tout cela est très sub­jec­tif, la recon­nais­sance des pairs est un gage plus ou moins sérieux et sur­tout par­ti­cu­liè­re­ment instable car sujet aux modes. Quand on sort des “modes”, qu’on entre dans l’étude des rai­sons qui poussent à l’art, des mes­sages et des motifs de cet art (donc sans se caler juste sur les résul­tats finaux, mais entrer dans l’étude glo­bale de l’acte de créa­tion de l’artiste) là on peut déter­mi­ner assez faci­le­ment qui peut pré­tendre à ce sta­tut. Même si c’est une per­sonne qui ne vend pas ou peu, même si les oeuvres sont assez médiocres. La qua­lité ce n’est pas la démarche, or c’est la démarche qui fait l’artiste. (j’arrête sinon je n’ai pas fini ! ;) )

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  • 11 juillet 2012 à 21 h 06 min
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    Le mot “auteur” ne peut pas être uti­lisé sans com­plé­ment. Auteur d’une bio­gra­phie de Patrick Douillet, auteur d’un manuel sco­laire, auteur d’une série de romans poli­ciers… d’accord ; auteur tout court ? Cela fait réfé­rence, par défaut, aux oeuvres qui carac­té­risent cet auteur. Quand on parle d’un “auteur célèbre”, on pense évi­dem­ment à ses livres (ceux qui l’ont rendu célèbre), pas à son rap­port de stage d’IUT, par exemple.

    N’empêche que le mot “auteur ” fait réfé­rence à la pater­nité (ou mater­nité) d’une oeuvre. Ni plus, ni moins. Une oeuvre a un (ou plu­sieurs) auteur(s). Pau­line Dou­de­let est l’auteur de cet article de blog que je com­mente. Je suis l’auteur de ce commentaire.

    Voilà pour­quoi “auteur” (d’une oeuvre, for­cé­ment) et “écri­vain” ne sont pas synonymes.

    Ensuite, quant à savoir ce que l’on met dans le mot “écri­vain”… Ca me semble très fran­çais d’y mettre (d’y cher­cher) une signi­fi­ca­tion mys­tique. Pour ma part, je sim­pli­fie : un écri­vain est une per­sonne qui écrit. Un écri­vain de fic­tion est une per­sonne qui écrit de la fiction.

    On peut faire un dis­tin­guo entre écri­vain ama­teur et pro­fes­sion­nel. Un écri­vain pro­fes­sion­nel vit de sa plume. C’est par exemple le cas d’Ange (pseu­do­nyme de deux époux,en fait). Les écri­vains ama­teurs, à qui l’écriture ne rap­porte pas assez pour qu’ils en vivent ou rien du tout, sont évi­dem­ment beau­coup plus nombreux.

    Ensuite, cer­tains écri­vains cherchent à s’améliorer (pour pas­ser pro peut-être ? Ou sim­ple­ment par amour de l’art ?) et d’autres ne s’en pré­oc­cupent pas. Cer­tains consi­dèrent l’écriture comme un enga­ge­ment, un sacer­doce, une voca­tion, d’autres écrivent sans se poser autant de ques­tions. Mais je ne veux pas confis­quer le mot “écri­vain” comme un titre de noblesse, qui récom­pen­se­rait une atti­tude ou un talent (et qui, d’ailleurs, adou­be­rait cette aristocratie ?).

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  • 12 mai 2013 à 22 h 08 min
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    Bon­soir,

    Je n’ai pas lu tous les com­men­taires mais le sujet fait débat, et per­son­nel­le­ment, je suis tom­bée sur ce blog alors que je cher­chais s’il y avait “réel­le­ment” une fron­tière tran­chée entre les deux termes, ce qui n’est appa­rem­ment pas le cas ; aussi, il faut se faire son propre avis sur la ques­tion. A la bonne heure !

    Per­son­nel­le­ment, je suis plu­tôt de l’avis tout simple qu’un écri­vain est une per­sonne qui écrit, lue ou non, connue ou mécon­nue, chez elle ou devant un comité ou pour être publiée. Bref, c’est une per­sonne qui écrit. Mais ce terme ne s’adapterait pas for­cé­ment à tous types de per­sonne, qu’elle soit ama­teur ou non. Je dif­fé­ren­cie l’écrivaillon (terme que j’excise d’une quel­conque valeur péjo­ra­tive ; c’est là que je pla­ce­rais plu­tôt ta défi­ni­tion d’auteur linéaire qui décrit et énonce sim­ple­ment sans tra­vail de style et d’efforts sur la sin­gu­la­rité de l’écrit) de l’écrivain “réflé­chi”. En revanche, un auteur (que je ne prends pas dans le sens “l’auteur de cet article), est une per­sonne qui a été publiée et qui a un lectorat.

    La dif­fé­rence, chez moi, se fait sur­tout au niveau de la publi­ca­tion, en fait. Ce n’est pas plus com­pli­qué que cela et j’ai fait des tas de phrases, j’ai placé beau­coup de paren­thèses pour au final résu­mer mes idées en une seule phrase :)

    Après, ce n’est que mon avis per­son­nel, comme le tien et cha­cun voit les choses à sa manière.

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