Auteurs : le panier de crabes ?

Je me pose la ques­tion. Non pas que je pense que le monde entier soit rose-bleu-remplis de nuages imma­cu­lés sur les­quels nous rebon­dis­sons tous en sou­riant, non, je suis rela­ti­ve­ment lucide sur le monde. Mais je me pose la ques­tion de savoir à quoi peuvent bien ser­vir des pra­tiques qui me sautent de plus en plus aux yeux :

  • La lèche
  • La haine viscérale
  • La double posi­tion miel­leuse (je déteste le miel)

Crabs

Je reçois des mails, cer­tains sont de lec­teurs et me touchent beau­coup (merci :D — ceci n’est pas de la lèche, juste que j’apprécie les gens sin­cères), et je reçois aussi beau­coup de mails d’auteurs (édi­tés, auto, en deve­nir, en questionnement,etc.)

Chez les mails d’auteurs, j’ai vu deux choses :

  • la posi­tion que j’apprécie : l’auteur qui te contacte pour quelque chose (en géné­ral qui pose des ques­tions), sans mon­trer comme il en a une grande (car­rière évi­dem­ment) der­rière lui. Sou­vent, c’est sympa, cor­dial, et si je peux être utile, je réponds.
  • la posi­tion que je déteste (et qui vous fait tout de suite mal voir de moi, vous êtes pré­ve­nus) : la lèche qui consiste à dire “J’adore ce que tu fais+cirage de pompes” suivi de “regarde, moi aussi j’écris et bla­bla­bla de pré­sen­ta­tion” (par­fois même sans ques­tion, du coup je ne sais pas quoi répondre à part “ben oui, sympa, merci, contente de l’apprendre” ce qui serait hypo­crite alors je ne réponds pas )

J’ai vu der­niè­re­ment un autre com­por­te­ment, qui est beau­coup plus ambigu : celui de la double iden­tité. Un type m’a contacté pour me par­ler de lui (essen­tiel­le­ment) et comme je ne lui avais rien demandé et que lui-même ne sem­blait pas plus s’intéresser que cela à moi, ou avoir de ques­tions, je n’ai pas répondu. Je suis peut-être pas­sée pour une connasse, tant pis. Moi, j’aime l’échange et la dis­cus­sion intel­li­gente, pas la lèche pour que je vende ton bou­quin. Je parle de ce que j’aime, sans qu’on me pousse à le faire (au contraire, plus on me pousse, plus je freine des quatre fers)

Bref, ce type, je l’avais casé dans “ego déme­suré, mail mar­rant à lire aux copains en soi­rée pour se poser des ques­tions exis­ten­tielles sur l’intérêt d’avoir un mail et d’en faire un usage éclairé”. Le mail de cet homme, je ne vous le dévoi­le­rai pas, mais je me per­met­trai de citer un ami (Sedi­ter, allez lire son blog) qui en a très bien cari­ca­turé le contenu :

“Salut, tu me connais pas, mais si tu veux il y a une inter­view sur moi, un pote l’a fait sur Paris (la capi­tale : tu dois connaître), près des champs Ély­sées (l’arc de triomphe : tu dois connaître), ça dure juste 24 heures, et on l’a tourné dans des condi­tions catas­tro­phiques, le son est à moi­tié pourri. De la cin­quan­tième minute à la quin­zième heure un chien aboie du coup on entend plus rien.
Ps : mdr ton livre, kissouille !”

(hon­nê­te­ment, c’était vrai­ment pas loin du mail original !)

Et voilà que je retrouve cette per­sonne en pleine dis­cus­sion sur un site… en train de cri­ti­quer les top de vente Kindle (en gros des romans de gare sans his­toire valables, nuls, lamen­tables, déses­pé­rants → Petits Meurtres → tar­get locked → Fire !)

Ce type était donc en train de des­cendre mon texte alors que quelques jours avant il était tout miel avec moi. Je m’en fiche un peu (vu la cré­di­bi­lité du site où il s’est égaré…) mais ce genre de com­por­te­ment m’échappe. En quoi ça peut lui être utile ?
Je veux dire, je peux bien com­prendre qu’on veuille se faire connaître, mais si c’est pour jouer les plantes-couteaux dès que l’occasion se pré­sente, je ne com­prends pas (sans haine, sans juge­ment, juste ça me dépasse…)

Autre com­por­te­ment qui se déve­loppe et dont Ama­zon France n’a rien à faire (jusqu’à ce que Ama­zon US leur remonte un peu les bre­telles), c’est la pra­tique des faux com­men­taires sur les bou­quins. Pire que cela, ce sont les com­men­taires non pas élo­gieux par rap­port à ses propres livres, mais de des­cente en flèche des autres bou­quins, si pos­sible dans le top des ventes.

Le der­nier com­men­taire que Petits Meurtres a reçu par­lait d’ennui (à la limite, ça c’est un res­senti per­son­nel, je n’ai rien à redire) mais sur­tout d’une mise en page com­plè­te­ment foi­rée. Là, j’avoue que pour moi qui fait mes mises en pages manuel­le­ment, qui y passe des heures et qui véri­fie sur toutes les liseuses/logiciels dont je dis­pose pour voir la moindre erreur de codage, ça ne passe pas.
Je sais que c’est sou­vent un reproche qu’on fait aux textes trans­for­més en ebook par des conver­tis­seurs auto­ma­tiques, mais moi, je crée mes epubs manuel­le­ment, feuille après feuille, on ne peut donc pas me repro­cher une “mise en page foi­rée”.
J’ai donc véri­fié les autres com­men­taires de ce type (selon la méthode : est-il fiable ou com­plè­te­ment bidon ?) et j’ai vu que sur 8 com­men­taires, 6 sont élo­gieux pour des bou­quins d’un même auteur… auto-publié.
Qu’on se per­mette d’émettre un avis sur un bou­quin qu’on a lu, c’est nor­mal. Par contre, qu’on déve­loppe des com­men­taires (et je ne suis pas la seule à m’en plaindre) sans fon­de­ment (elle n’a rien de foiré ma mise en page, bor­del !) juste parce qu’on abuse des faux com­men­taires pour faire grim­per son propre livre, ça m’énerve.
Pas la peine de des­cendre les autres pour remon­ter son propre texte : c’est mes­quin, idiot, et décré­di­bi­lise tes propres (faux) com­men­taires (puisque tu ne sembles pas dire la vérité). Je ne te vole pas tes lec­teurs, un lec­teur qui appré­cie mon texte peut éga­le­ment aimer le tien, un lec­teur est un bou­li­mique de lec­ture, il n’aime pas se conten­ter d’un seul auteur, il aime décou­vrir de nou­veaux auteurs, alors ça sert à quoi de sous-entendre “Ce bou­quin est nul, venez lire le mien, il est tel­le­ment plus meilleur au monde !” ?

Pour la lèche, je peux com­prendre que ça prenne dans cer­tains milieux (manque de bol, pas mal d’éditeurs numé­riques sont des aigris de l’édition tra­di­tion­nel, alors je suis pas sûre que ça soit le meilleur moyen de par­ve­nir à quelque chose…), pour l’ambiguïté, c’est à double tran­chant car ça entre dans le cadre de la lèche et du coup, tu n’es pas pris au sérieux si jamais on découvre ta traî­trise… mais pour la haine vis­cé­rale ? Là, je ne com­prends pas car ça ne peut que te des­ser­vir en te ridi­cu­li­sant auprès des lec­teurs et des autres auteurs, c’est ridi­cule…

Photo de WELS.net (CC by-NC et oui, je sais ce sont des homards
et pas des crabes, mais visuel­le­ment c’est plus beau, na !)

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5 avis sur “Auteurs : le panier de crabes ?

  • 16 mars 2012 à 17 h 10 min
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    Eh bien! Que d’aventures! En fait, l’auto-publication n’est pas épar­gnée par tous les din­gos qui peuplent la terre.

    Je n’écris pas trop ces der­niers temps, mais je m’implique pour une cause poli­tique et je cherche bcp d’articles et de vidéos sur le web, aussi. De la haine vis­cé­rale, des faux uti­li­sa­teurs qui essaient de hija­cker le débat, j’en vois énor­mé­ment… Sinon, moi non plus je ne réponds pas aux cour­riels si j’ai l’impression que je vais être soit hos­tile, soit hypo­crite. Pas de temps à perdre avec des imbéciles!

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  • 16 mars 2012 à 17 h 16 min
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    Ouf, j’ai eu peur de devoir t’apprendre que c’était une photo de homards… Y a des très beaux crabes, tu sais.

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  • 19 mars 2012 à 6 h 02 min
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    Haha ^^ Bien dit !

    Reçu un mail moi aussi récem­ment, même trai­te­ment que le tien.

    Pour l’empaffé mort d’ennui, c’est encore plus amu­sant quand on va lire les fameux com­men­taires dudit bon­homme. Effec­ti­ve­ment, ça sent l’auto-congratulation vir­tuelle à plein nez… Moi je dis, n’ayons crainte : les lec­teurs ne s’y trompent pas, et la pos­té­rité retien­dra les plus méritants.

    Bisous miss !

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  • 20 mars 2012 à 17 h 03 min
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    Pas de rai­son de lui en vou­loir car, du coup, j’ai acheté l’ebook ce matin (Il y a quelques temps que j’ai dis que j’allais vous lire). Pas vu le moindre pro­blème de mise en page. Tout au plus ai-je vu une faute de frappe (suis taquin là mais je ne mens pas). Ensuite, c’est un genre que je n’affectionne pas par­ti­cu­liè­re­ment mais j’ai beau­coup aimé le jeu autour des per­son­nages. Je n’en dis pas plus car, après, ça gâche le plai­sir.
    De l’ennui? Euh? Je veux bien mais ce n’est pas vrai­ment un mot que j’appliquerai à cette lec­ture. Je l’ai lu jusqu’à la fin et je n’ai pas eu besoin de me for­cer.
    Je n’en suis pas incon­di­tion­nel (je l’ai dis, c’est une ques­tion de goût) mais je vais prê­ter l’ebbok à ma femme et à ma mère. Ça c’est l’avantage de ne pas mettre de DRM ; après je peux en faire la promo auprès de gens que ça inté­res­sera plus que moi (ama­teurs de meurtre et de “thril­ler”). En tous cas, il sera bien­tôt pré­sent dans toutes mes biblio­thèques vir­tuels et n’est pas des­tiné à la poubelle.

    Rien à redire donc (et je ne fait pas de lèche ; prrtt à tous les cha­grins) :-P .

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