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Du côté du blog

Vendredi 16 mars 2012

Auteurs : le panier de crabes ?

Je me pose la ques­tion. Non pas que je pense que le monde entier soit rose-bleu-remplis de nuages immac­ulés sur lesquels nous rebondis­sons tous en souri­ant, non, je suis rel­a­tive­ment lucide sur le monde. Mais je me pose la ques­tion de savoir à quoi peu­vent bien servir des pra­tiques qui me saut­ent de plus en plus aux yeux :

  • La lèche
  • La haine viscérale
  • La dou­ble posi­tion mielleuse (je déteste le miel)

Crabs

Je reçois des mails, cer­tains sont de lecteurs et me touchent beau­coup (merci :D — ceci n’est pas de la lèche, juste que j’apprécie les gens sincères), et je reçois aussi beau­coup de mails d’auteurs (édités, auto, en devenir, en questionnement,etc.)

Chez les mails d’auteurs, j’ai vu deux choses :

  • la posi­tion que j’apprécie : l’auteur qui te con­tacte pour quelque chose (en général qui pose des ques­tions), sans mon­trer comme il en a une grande (car­rière évidem­ment) der­rière lui. Sou­vent, c’est sympa, cor­dial, et si je peux être utile, je réponds.
  • la posi­tion que je déteste (et qui vous fait tout de suite mal voir de moi, vous êtes prévenus) : la lèche qui con­siste à dire “J’adore ce que tu fais+cirage de pom­pes” suivi de “regarde, moi aussi j’écris et blablabla de présen­ta­tion” (par­fois même sans ques­tion, du coup je ne sais pas quoi répon­dre à part “ben oui, sympa, merci, con­tente de l’apprendre” ce qui serait hyp­ocrite alors je ne réponds pas )

J’ai vu dernière­ment un autre com­porte­ment, qui est beau­coup plus ambigu : celui de la dou­ble iden­tité. Un type m’a con­tacté pour me par­ler de lui (essen­tielle­ment) et comme je ne lui avais rien demandé et que lui-même ne sem­blait pas plus s’intéresser que cela à moi, ou avoir de ques­tions, je n’ai pas répondu. Je suis peut-être passée pour une con­nasse, tant pis. Moi, j’aime l’échange et la dis­cus­sion intel­li­gente, pas la lèche pour que je vende ton bouquin. Je parle de ce que j’aime, sans qu’on me pousse à le faire (au con­traire, plus on me pousse, plus je freine des qua­tre fers)

Bref, ce type, je l’avais casé dans “ego démesuré, mail mar­rant à lire aux copains en soirée pour se poser des ques­tions exis­ten­tielles sur l’intérêt d’avoir un mail et d’en faire un usage éclairé”. Le mail de cet homme, je ne vous le dévoil­erai pas, mais je me per­me­t­trai de citer un ami (Sediter, allez lire son blog) qui en a très bien car­i­caturé le contenu :

“Salut, tu me con­nais pas, mais si tu veux il y a une inter­view sur moi, un pote l’a fait sur Paris (la cap­i­tale : tu dois con­naître), près des champs Élysées (l’arc de tri­om­phe : tu dois con­naître), ça dure juste 24 heures, et on l’a tourné dans des con­di­tions cat­a­strophiques, le son est à moitié pourri. De la cinquan­tième minute à la quinz­ième heure un chien aboie du coup on entend plus rien.
Ps : mdr ton livre, kissouille !”

(hon­nête­ment, c’était vrai­ment pas loin du mail original !)

Et voilà que je retrouve cette per­sonne en pleine dis­cus­sion sur un site… en train de cri­ti­quer les top de vente Kin­dle (en gros des romans de gare sans his­toire val­ables, nuls, lam­en­ta­bles, dés­espérants → Petits Meurtres → tar­get locked → Fire !)

Ce type était donc en train de descen­dre mon texte alors que quelques jours avant il était tout miel avec moi. Je m’en fiche un peu (vu la crédi­bil­ité du site où il s’est égaré…) mais ce genre de com­porte­ment m’échappe. En quoi ça peut lui être utile ?
Je veux dire, je peux bien com­pren­dre qu’on veuille se faire con­naître, mais si c’est pour jouer les plantes-couteaux dès que l’occasion se présente, je ne com­prends pas (sans haine, sans juge­ment, juste ça me dépasse…)

Autre com­porte­ment qui se développe et dont Ama­zon France n’a rien à faire (jusqu’à ce que Ama­zon US leur remonte un peu les bretelles), c’est la pra­tique des faux com­men­taires sur les bouquins. Pire que cela, ce sont les com­men­taires non pas élo­gieux par rap­port à ses pro­pres livres, mais de descente en flèche des autres bouquins, si pos­si­ble dans le top des ventes.

Le dernier com­men­taire que Petits Meurtres a reçu par­lait d’ennui (à la lim­ite, ça c’est un ressenti per­son­nel, je n’ai rien à redire) mais surtout d’une mise en page com­plète­ment foirée. Là, j’avoue que pour moi qui fait mes mises en pages manuelle­ment, qui y passe des heures et qui véri­fie sur toutes les liseuses/logiciels dont je dis­pose pour voir la moin­dre erreur de codage, ça ne passe pas.
Je sais que c’est sou­vent un reproche qu’on fait aux textes trans­for­més en ebook par des con­ver­tis­seurs automa­tiques, mais moi, je crée mes epubs manuelle­ment, feuille après feuille, on ne peut donc pas me reprocher une “mise en page foirée”.
J’ai donc véri­fié les autres com­men­taires de ce type (selon la méth­ode : est-il fiable ou com­plète­ment bidon ?) et j’ai vu que sur 8 com­men­taires, 6 sont élo­gieux pour des bouquins d’un même auteur… auto-publié.
Qu’on se per­me­tte d’émettre un avis sur un bouquin qu’on a lu, c’est nor­mal. Par con­tre, qu’on développe des com­men­taires (et je ne suis pas la seule à m’en plain­dre) sans fonde­ment (elle n’a rien de foiré ma mise en page, bor­del !) juste parce qu’on abuse des faux com­men­taires pour faire grimper son pro­pre livre, ça m’énerve.
Pas la peine de descen­dre les autres pour remon­ter son pro­pre texte : c’est mesquin, idiot, et décrédi­bilise tes pro­pres (faux) com­men­taires (puisque tu ne sem­bles pas dire la vérité). Je ne te vole pas tes lecteurs, un lecteur qui appré­cie mon texte peut égale­ment aimer le tien, un lecteur est un boulim­ique de lec­ture, il n’aime pas se con­tenter d’un seul auteur, il aime décou­vrir de nou­veaux auteurs, alors ça sert à quoi de sous-entendre “Ce bouquin est nul, venez lire le mien, il est telle­ment plus meilleur au monde !” ?

Pour la lèche, je peux com­pren­dre que ça prenne dans cer­tains milieux (manque de bol, pas mal d’éditeurs numériques sont des aigris de l’édition tra­di­tion­nel, alors je suis pas sûre que ça soit le meilleur moyen de par­venir à quelque chose…), pour l’ambiguïté, c’est à dou­ble tran­chant car ça entre dans le cadre de la lèche et du coup, tu n’es pas pris au sérieux si jamais on décou­vre ta traîtrise… mais pour la haine vis­cérale ? Là, je ne com­prends pas car ça ne peut que te desservir en te ridi­culisant auprès des lecteurs et des autres auteurs, c’est ridicule…

Photo de WELS.net (CC by-NC et oui, je sais ce sont des homards
et pas des crabes, mais visuelle­ment c’est plus beau, na !)

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Dans : Culture, Ecrire, Littérature

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5 Commentaires

  1. Asia Morela dit :

    Eh bien! Que d’aventures! En fait, l’auto-publication n’est pas épargnée par tous les din­gos qui peu­plent la terre.

    Je n’écris pas trop ces derniers temps, mais je m’implique pour une cause poli­tique et je cherche bcp d’articles et de vidéos sur le web, aussi. De la haine vis­cérale, des faux util­isa­teurs qui essaient de hijacker le débat, j’en vois énor­mé­ment… Sinon, moi non plus je ne réponds pas aux cour­riels si j’ai l’impression que je vais être soit hos­tile, soit hyp­ocrite. Pas de temps à per­dre avec des imbéciles!

  2. Ouf, j’ai eu peur de devoir t’apprendre que c’était une photo de homards… Y a des très beaux crabes, tu sais.

  3. Julien dit :

    Haha ^^ Bien dit !

    Reçu un mail moi aussi récem­ment, même traite­ment que le tien.

    Pour l’empaffé mort d’ennui, c’est encore plus amu­sant quand on va lire les fameux com­men­taires dudit bon­homme. Effec­tive­ment, ça sent l’auto-congratulation virtuelle à plein nez… Moi je dis, n’ayons crainte : les lecteurs ne s’y trompent pas, et la postérité retien­dra les plus méritants.

    Bisous miss !

  4. Ratatosk dit :

    Pas de rai­son de lui en vouloir car, du coup, j’ai acheté l’ebook ce matin (Il y a quelques temps que j’ai dis que j’allais vous lire). Pas vu le moin­dre prob­lème de mise en page. Tout au plus ai-je vu une faute de frappe (suis taquin là mais je ne mens pas). Ensuite, c’est un genre que je n’affectionne pas par­ti­c­ulière­ment mais j’ai beau­coup aimé le jeu autour des per­son­nages. Je n’en dis pas plus car, après, ça gâche le plaisir.
    De l’ennui? Euh? Je veux bien mais ce n’est pas vrai­ment un mot que j’appliquerai à cette lec­ture. Je l’ai lu jusqu’à la fin et je n’ai pas eu besoin de me forcer.
    Je n’en suis pas incon­di­tion­nel (je l’ai dis, c’est une ques­tion de goût) mais je vais prêter l’ebbok à ma femme et à ma mère. Ça c’est l’avantage de ne pas met­tre de DRM ; après je peux en faire la promo auprès de gens que ça intéressera plus que moi (ama­teurs de meurtre et de “thriller”). En tous cas, il sera bien­tôt présent dans toutes mes bib­lio­thèques virtuels et n’est pas des­tiné à la poubelle.

    Rien à redire donc (et je ne fait pas de lèche ; prrtt à tous les cha­grins) :-P .

  5. Ratatosk dit :

    virtuel(le)s (pfff)