Faux Commentaires vs “les éditeurs sont tous des pourris”

A la suite de l’article sur la guerre des com­men­taires, quelqu’un dont je tai­rais le nom puisque cette per­sonne a fini par effa­cer ses mes­sages m’a adressé via Twit­ter ceci:

les faux com­men­taires n’ont que peu d’impact sur les ventes et il faut accep­ter les imper­fec­tions du sys­tème.
entre les faux com­men­taires et le sys­tème injuste de l’édition tra­di­tion­nelle, le choix est simple pour moi.

Que de contre-vérités !

Alors détaillons :

Les faux com­men­taires n’ont que peu d’impact sur les ventes : FAUX

Les faux com­men­taires boostent la note du livre, le rendent “popu­laire” et font remon­ter le livre des pro­fon­deurs du clas­se­ment pour le mettre en haut de page… ce qui a pour effet de pous­ser à la vente:

  1. parce que le livre est immé­dia­te­ment visible
  2. parce que le lec­teur croit qu’il est réel­le­ment populaire
  3. parce que les com­men­taires lui disent que le livre est bon !

Mais si le livre ne l’est pas, il finira par des­cendre… en octobre, le livre qui est tombé à cause de ça a mis un bon mois pour se faire des­cendre par les cri­tiques du public (le sys­tème a ses imper­fec­tions, effec­ti­ve­ment, un mois, ça en fait des ventes et des lec­teurs déçus, jouer avec les faux com­men­taires, c’est abu­ser des imper­fec­tions et aux US, c’est d’ailleurs la chasse aux auteurs qui pra­tiquent ce genre de choses, méfiance donc si vous l’utilisez !)

D’ailleurs, des ebooks de “mar­ke­ting” l’expliquent très bien et visi­ble­ment le mot cir­cule (regar­dez la page 1 du top 100 des ventes, vous en trou­ve­rez plu­sieurs exemples qui ont sur­git comme ça, tous la même semaine, c’est quand même bien étonnant)

Il faut accep­ter les imper­fec­tions du sys­tème : FAUX

Ce n’est pas parce que le sys­tème a des imper­fec­tions qu’il faut l’accepter, au contraire. Faire remon­ter ce genre de pra­tique (illé­gale, je le rap­pelle) per­met de réduire ses imper­fec­tions et de rendre le clas­se­ment plus “hon­nêtes” pour les clients : Ama­zon se fiche bien des auteurs, eux, ils ne veulent pas perdre de clients. Des clients mécon­tents sont des clients per­dus, Ama­zon traque ce genre de pra­tique aussi bien dans le domaine du livre qu’ailleurs…

Et je ne dis pas ça parce que Petits Meurtres des­cend dou­ce­ment au clas­se­ment, je m’y atten­dais depuis deux mois (je m’étonne tous les jours qu’il y soit encore), ne vous en faites pas pour moi, je vais très bien, j’ai des pro­jets par des­sus la tête et je ne m’en fais pas pour mes ventes à moi. Mon but est de séduire un public dans la durée, pas d’avoir une minute de gloire éphé­mère d’un top des ventes.

C’est soit les faux com­men­taires, soit l’édition tra­di­tion­nelle : euh… WTF ?

Encore une com­pa­rai­son com­plè­te­ment idiote et dépla­cée : les édi­teurs tra­di­tion­nels ont par­fois aussi ce genre de pra­tique (relu­quez un peu les com­men­taires des bou­quins H. à l’eau de rose), et ce n’est pas parce qu’on est auto-édité qu’on est for­cé­ment “puni” par Ama­zon et relé­gué au bas du classement!

J’ai l’impression que cette remarque a été écrite par une per­sonne qui pense que l’auto-édition est for­cé­ment contre le sys­tème édi­to­rial “clas­sique”.
Soit parce que l’injustice de l’édition tra­di­tion­nelle n’a pas sélec­tionné les glo­rieux textes de cet auteur, soit parce qu’il y a une sorte d’injustice à ne pas avoir de public quand on est auto-édité.

Tout le monde sait que les édi­teurs n’ont pas à se battre du tout pour res­sor­tir dans les clas­se­ments de vente, ça non !
C’est pour ça qu’ils ne matraquent pas les jour­naux de pub, ni les cri­tiques de bou­quins et encore moins les émis­sions de télé avec leurs auteurs sou­riants ! Ils ne dépensent pas un rond pour se faire connaître du public, rien, tout leur tombe dans le bec tout cru !  (ce para­graphe était évi­dem­ment iro­nique, je pré­cise vu que ces der­niers temps beau­coup de nou­veaux venus sur ce site n’intègre pas la dimen­sion for­te­ment iro­nique de mes écrits ;) )

Bref, si les édi­teurs res­sortent en haut du clas­se­ment, c’est parce qu’ils y mettent les moyens en toute léga­lité (même si on peut dire que c’est magouille et com­pa­gnie, rien ne vous empêche d’entrer dans leur jeu et leur sys­tème, ce n’est pas bien com­pli­qué et ça se joue pas for­cé­ment au niveau de votre texte…)

Certes en auto-édition, vous n’avez pas les moyens de Gal­li­mard ou de Hachette ! C’est une évi­dence, mais vous avez la pos­si­bi­lité de faire bien des choses pour qu’on parle de vous, qu’on ait envie de vous lire, qu’on achète et com­mente vos livres ! (outre le fait d’écrire cor­rec­te­ment évi­dem­ment)
Créez de l’intérêt pour votre prose (blog, twit­ter, face­book) c’est le meilleur moyen de vendre votre livre. Ecri­vez plu­sieurs livres, car un seul livre ça ne fait pas sérieux pour un auteur et ne se ven­dra pas, res­tez acces­sible, ouvert, c’est le meilleur moyen de vous faire des “amis” (lisez donc How I sold 1million ebooks in 5 months de John Locke ! C’est un des meilleurs livres de mar­ke­ting pérenne qui existent pour les ebooks, et ça va vous dégom­mer vos idéaux sur le monde rêvé de l’auto-édition !)

J’y suis bien arri­vée moi ! Oui, ça m’a pris des mois ! Oui, ça m’a pris du temps ! Oui, j’ai ragé, déses­péré pen­dant presque six mois sans rien vendre ou presque !
Mais je pense que les gens, avec qui j’ai pu tis­ser des liens pen­dant ces mois, ont par­ti­cipé à cette petite réus­site. Sans comp­ter tout ceux qui me lisent sans jamais com­men­ter, que je ne connais donc pas, mais dont je n’ignore pas la pré­sence ici, sur Face­book, sur Twit­ter, sur Pin­te­rest même main­te­nant (oui, excellent ce site) et ceux qui ont acheté mes livres.

(atten­tion, à par­tir d’ici, je vais envoyer des fleurs, ça va être
lar­moyant, bisou­nours et rose-bonbon,
vous êtes pré­ve­nus ! :P )

Bref, ce n’est pas le che­min le plus facile, mais c’est cer­tai­ne­ment le plus gra­ti­fiant et sur­tout le plus construc­tif pour un auteur. Parce que oui, Petits Meurtres a eu rapi­de­ment des com­men­taires et des cri­tiques de blo­gueurs (sur les­quelles je n’ai eu aucun regard, ces connais­sances savent qu’elles sont libres de dire ce qu’elles pensent — et le font d’ailleurs sans hési­ter, et par­fois, tapent juste, aïe ! ;) ), mais c’est jus­te­ment parce que ces gens ont eu envie de “pous­ser” ce texte, d’eux-même. Pas par inté­rêt et ça, c’est la seule chose qui per­mettent à un texte de trou­ver son public et de durer (un peu) dans le temps si pressé d’internet.

Sur ce, je retourne à la réécri­ture de La RATP, parce que c’est bien de par­ler sur inter­net, mais écrire cor­rec­te­ment (voire un peu plus) c’est quand même ce qu’il y a de mieux pour vivre de son écri­ture un jour !

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