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Du côté du blog

Mercredi 07 mars 2012

Macadam Gonzo de Jeff Balek

Depuis quelques temps, j’attends un livre. Ce livre, c’est Lisa de Jeff Balek. Il n’est pas encore sor­tie, du moins pas encore en ver­sion numérique, et sans doute un peu réécrit (si j’ai bien com­pris) par rap­port à la ver­sion auto-édité en papier.

Là, je sais que la sor­tie est immi­nente (y’a la couv qui a cir­culé et pas de date… raaaaaaaaaaaaah), mais bref, je me ronge en atten­dant que ça sorte. Pourquoi ? Parce que j’aime l’auteur (euh… son écri­t­ure, plutôt, je veux pas d’ennuis avec Madame Balek :P ), parce que sa devise c’est “écris comme tu tir­erais à la mitrailleuse : droit au coeur” et que c’est exacte­ment ça.

Et là, je me suis ren­due compte comme une nouille (non, même pas une nouille en fait, une lavette sale ou un truc pire…) que je n’avais pas fait la cri­tique de Macadam Gonzo !

Alors, je me rat­trape, en attendant…

Macadam Gonzo de Jeff Balek — Edi­tions Numérik­livres — 3€99

Je vous la fais de mémoire, mais avec le coeur, vu que je l’ai lu il y a plusieurs mois et qu’il est tou­jours là quelque part dans un coin de ma tête.

Macadam Gonzo est donc un roman qui raconte l’histoire d’un type qui se retrouve à la rue après avoir subi une descente pro­gres­sive­ment banale: un boîte qui marche plus, des créanciers, un laisser-aller et une fatigue morale parce qu’on ne voit pas com­ment s’en sor­tir, pour arriver au final à ne plus rien avoir que quelques vête­ments et une voiture.

Voilà le nar­ra­teur (je crois pas qu’il ait un nom, ce nar­ra­teur, vous m’excuserez s’il en a un, je ne l’ai pas retenu) qui se retrouve donc à la rue, dans sa voiture et doit s’en sor­tir. Parce que finale­ment, une fois dehors, il se retrouve “libéré” des con­traintes qui l’oppressaient depuis des mois (échéances, huissiers et con­sorts) et le prend plutôt bien.

Il parait qu’il y a du vécu là-dessous, ça ne m’étonne pas : pas de grande his­toire de famille de la rue, pas de groupe de SDF qui s’entraident, pas de mis­éra­bil­isme sur la men­dic­ité ou le froid ou quoi que ce soit habituelle­ment raconté quand des auteurs imag­i­nent la vie de SDF.
Ce qui ressort de ce livre, c’est que le nar­ra­teur est un type comme les autres qui finit à la rue. Mais qui n’en reste pas moins un type nor­mal. Evidem­ment, avec le temps, quelques prob­lèmes pro­pres à sa sit­u­a­tion font sur­face, mais finale­ment,  ce n’est ni un fou (il en joue sou­vent), ni un illu­miné. Juste un type qui dort dans une bag­nole, qui a besoin de manger, de se laver, d’avoir des con­tacts humains.

Ce qui tra­verse tout le récit, c’est cette absence de con­tact, de chaleur. Comme si tous les amis qu’il avait avant, avaient dis­paru. Soit que ce soit eux qui s’éloignent, soit que ce soit lui qui ne les abor­dent plus. Par honte, par besoin de ne pas abuser, par pudeur. Il y a de l’espoir aussi, quand il retrouve de vrais amis qui, même avec leurs dif­fi­cultés finan­cières, l’aident et puis de la per­ver­sion, dans un jeu des généreuses con­nais­sances dont il abuse parce qu’au fond, il a com­pris que la rela­tion n’était pas dans l’être mais dans le paraître (les bons bour­geois bohème qui invi­tent leur pau­vre à table, comme une exhi­bi­tion de leur vertu)

Finale­ment, ça parle assez peu de la rue et du quo­ti­dien des SDF, ça parle surtout des rela­tions humaines. Je pense que ça m’a touché pour plusieurs raisons. La sit­u­a­tion de départ d’abord : la boîte qui marche pas, qui s’enfonce pro­gres­sive­ment, la las­si­tude qui vient avec et ce sen­ti­ment d’étouffer parce qu’on ne sait pas com­ment s’en sor­tir. Je l’ai vécu il y a peu (en cou­ple, avec des enfants…)

Les rela­tions avec les amis aussi, les trahisons, l’impression de ne pas être vrai­ment ami, d’être util­isé (ouais, j’ai encore quelques ran­cunes envers cer­taines per­son­nes), de n’avoir finale­ment pas grand monde sur qui compter…

Alors, là, à cet instant, vous vous dites “Nan, mais je vais pas lire ça ! Ça va me foutre le bour­don pour des semaines !” et bien non ! Parce qu’il y a un souf­fle d’espoir et de pos­i­tive atti­tude (ouais, bon, la référence à Lorie en par­lant de Balek, c’est lim­ite… Pas du tout son style ! )

On en ressort avec l’envie que ça aille mieux, même si le monde fonc­tionne mal. Ça fait comme la bouf­fée d’air frais qu’on se prend un pleine poire quand on arrive face à la mer : un bien fou.

Macadam Gonzo de Jeff Balek — Edi­tions Numérik­livres — 3€99

 

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Dans : Littérature

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4 Commentaires

  1. Beau résumé, encore un Balek’s book à lire absolument.

    Et pour te faire raaaaaaa un peu plus, je con­firme sue Lisa c’est bien du bon Balek ;)

  2. Paumadou dit :

    Méééééheuuux ! :P
    (bon je vais par­tir à la chasse à l’éditeur, moi, fusil à la main. C’est pas bien de faire de la réten­tion de bouquin comme ça ! :rotfl: )

  3. Aha­haha Pau­madou­uuu, t’es trop forte :D

  4. Paumadou dit :

    (atten­tion la cha­peautée, si tu me cherches, tu vas me trou­ver !!! :P )