Après quelques échanges entre La Dame au Cha­pal et The SFRea­der sur twit­ter, et la lec­ture de ce billet-ci (merci The SFRea­der), j’ai eu envie de déve­lop­per la thé­ma­tique du livre aug­menté numé­rique comme sorte de livre enlu­miné des temps modernes. Il va se glis­ser aussi quelques réflexions de Karl Dubost (La Grange) parce qu’en atten­dant mes séances chez le den­tiste, j’ai ENFIN le temps de lire sans être déran­gée par la mar­maille L’Ange comme exten­sion de soi chez Publie.net, et que bien des pré­oc­cu­pa­tions se recoupent étran­ge­ment, pour moi, depuis deux jours…

Les faits tout d’abord

Tout est parti de la réflexion de l’éditeur (ou de la mai­son d’édition) qui com­mer­cia­lise L’herbier des Fées pen­dant une confé­rence à Demain le livre (jour­nées d’études sur le livre et son ave­nir à Paris, à laquelle je n’ai pas assisté)

Le volume de vente du livre était de 1000 exem­plaires, le seuil de ren­ta­bi­lité était de 5000–8000. Seuil énorme, sur­tout dans le numé­rique fran­çais actuellement !

Certes c’est un tra­vail magni­fique et un très beau livre d’après ce que j’en ai entendu dire, mais, ça reste pour moi, une aber­ra­tion com­mer­ciale : inves­tir à perte dans un pro­jet numé­rique n’est pas une bonne chose.

Je pense éga­le­ment à Ah ! d’Emma Reel qui, pareil, n’est pas encore arrivé au seuil de rentabilité.

The SFRea­der m’a fait remar­quer qu’un livre numé­rique a l’avantage de pou­voir res­ter indé­fi­ni­ment sur les rayon­nages, sans coût sup­plé­men­taire. C’est vrai effec­ti­ve­ment (je ne compte pas les coûts de stockage-serveur qui sont ren­ta­bi­li­sés sur la “masse” et donc très faibles pour un seul livre), mais si le terme de ren­ta­bi­lité (c’est-à-dire le temps mis pour juste ren­trer dans les fonds dépen­sés pour la créa­tion du livre) est de plu­sieurs années, c’est autant d’années pen­dant les­quelles, l’entreprise est “à découvert”.

En fait, ça peut fonc­tion­ner pour un livre ou deux, pour un édi­teur tra­di­tion­nel qui fait “sa marge” sur les livres papiers. Mais est-ce avec un livre ou deux qu’on construit un cata­logue consé­quent ? Est-ce avec un livre ou deux qu’on attire le lec­teur ? Non. Il faut sans cesse renou­ve­ler les titres, atti­rer le lec­teur et donc lui offrir plu­sieurs dizaines de livres. C’est donc autant d’investissements à perte, et ce pen­dant de nom­breuses années, avant d’espérer un béné­fice (si celui-ci arrive jamais).

La ques­tion de l’Enluminé

Vient alors la ques­tion du livre enlu­miné : L’herbier des Fées est un livre magni­fique, mais hors de prix. A l’image des livres enlu­mi­nées du Moyen Âge, il a fal­lut du temps et des inves­tis­se­ments consé­quents pour le réaliser.

Le billet de Bruno Rives sur l’Enluminé Numé­rique pose la ques­tion de savoir si de tels livres sont voués à la dis­pa­ri­tion pour cause de coût. Je pense que la ques­tion est mal posée, parce que l’auteur du billet part du prin­cipe que les livres enlu­mi­nés s’acquéraient comme les livres impri­més d’aujourd’hui. Ce qui est une héré­sie (pour reprendre l’image de la bulle papale :P )

Au moyen âge et même dans les pre­miers temps de l’imprimerie, un livre était un objet pré­cieux et unique : une oeuvre d’art. Conser­vés dans des biblio­thèques par des moines, il sor­tait peu de cette sphère. Sauf à l’occasion d’une com­mande royale/ducale/princière… gras­se­ment payée avant réa­li­sa­tion du bou­quin (ou alors après mais en consé­quence du tra­vail fourni). Bref, le livre enlu­miné n’entrait pas dans une éco­no­mie de mar­ché élargi : c’était réservé à une élite qui avait les moyens de se les payer, réa­lisé par des artistes qui se nour­ris­saient de peu, étaient logés et nour­ris en com­mu­nauté. Le livre enlu­miné ser­vait à faire vivre le monas­tère, en plus des dons et des offrandes. Bref, le livre enlu­miné du Moyen Age était une oeuvre d’art payée en conséquence.

Au début de l’imprimerie, les pre­miers livres impri­més étaient plus chers que les livres manus­crits. Ils étaient des­ti­nés au même mar­ché : riche, cultivé et prêt à payer le prix pour avoir à mon­trer sa richesse plus que sa connais­sance. L’imprimerie n’est devenu acces­sible qu’à la fin du 18ème siècle… et vrai­ment popu­laire qu’au 19ème (et les jour­naux à épi­sodes… le volume-livre lui n’était tou­jours pas abor­dable pour tous). Entre temps, pour avoir un livre, il fal­lait payer cher.

L’Enluminé Numé­rique peut-il exister ?

La ques­tion que pose Bruno Rives est mau­vaise : il voit déjà la dis­pa­ri­tion de l’enluminé numé­rique alors qu’il ne s’est pas posé la ques­tion de son exis­tence. Le bébé est né, il est fra­gile, il ne pas­sera pas l’hiver. C’est pes­si­miste et montre qu’on a peut-être pas envie de le voir vivre, ce livre… ou on trou­ve­rait les moyens de le sauver !

Je pense très sin­cè­re­ment que le livre aug­menté de manière ori­gi­nale et créa­tive peut avoir un ave­nir, il peut deve­nir le livre enlu­miné du 21ème siècle. Mais per­sonne ne réflé­chit à la base de tout cela : le financement.

Au moyen age, on ne se lan­çait pas dans la copie et l’enluminure d’un ouvrage (qui durait plu­sieurs années et occu­paient plu­sieurs moines à temps plein) sans être sûr d’être payé ! Une dona­tion annuelle, une somme pré­cise, le don de terres, de droits, de pré­ro­ga­tives… il exis­tait beau­coup de moyens de finan­cer les manuscrits.

De nos jours, pour l’édition, on ne pense plus qu’en éco­no­mie de mar­ché, en seuil de ren­ta­bi­lité. Nor­mal, l’édition est deve­nue une entre­prise comme une autre avec ses sala­riés, ses charges sociales, ses risques, ses inves­tis­se­ments, ses pertes, ses béné­fices. Rien d’anormal alors à conce­voir le livre numé­rique comme un pro­duit à rentabiliser.

Le livre imprimé n’a pas sonné la mort du livre enlu­miné, c’est plu­tôt la société qui en est venue à bout : une nou­velle men­ta­lité, la popu­la­rité gran­dis­sante de l’accès à la culture, à l’alphabétisation, etc. L’objet livre s’est désa­cra­lisé, dés-art-isé (il est sorti de la sphère de l’art) pour deve­nir acces­sible… ou plu­tôt pour rendre le texte acces­sible. Le livre popu­la­risé, les mécènes n’avaient plus inté­rêt à inves­tir dans des livres “uniques” et hors de prix (ils ne s’en sont pas tota­le­ment détour­nés cepen­dant : on trouve des col­lec­tions de pres­tige du type de la Pléiade, on a vu cer­tains auteurs être payé par des mécènes pour écrire — là, j’ai un auteur amé­ri­cain dont le nom m’échappe…),  S’il s’agit juste de mots, pas besoin d’enluminure, un bête ePub plein texte fait par­fai­te­ment l’affaire. Ce n’est plus un objet d’art fabri­qué à un seul exem­plaire, relié à la main, soi­gné artistiquement.

La réfléxion est très juste : dans un contexte com­mer­cial, dans un contexte entre­pre­na­rial comme celui de l’édition actuelle, un livre “enlu­miné” numé­rique n’est pas concur­ren­tiel ! Il ne peut pas exister !

Et pour­tant si on y réflé­chi, le livre enlu­miné peut trou­ver sa place ! Où ? Et bien dans le monde de l’art numé­rique ! L’art numé­rique est assez peu connu du grand public, mais il existe. Comme n’importe quel mar­ché de l’art, il pos­sède ses artistes, ses ven­deurs, ses côtes, ses prix.
On pour­rait très bien ima­gi­ner le déve­lop­pe­ment du livre numé­rique enlu­miné dans un cadre de mécé­nat, de com­mandes, de réa­li­sa­tions artis­tiques. L’enluminé numé­rique serait alors capable d’avoir une vie, d’innover, de créer… non pas en dehors d’une éco­no­mie de mar­ché (l’art a son éco­no­mie comme n’importe quel mar­ché, mais qui n’est pas tourné vers la ren­ta­bi­lité d’un “pro­duit”), mais dans un envi­ron­ne­ment qui aurait les clients prêts à payer le prix juste pour celui-ci. Ce qui ne veut pas dire que l’oeuvre serait réser­vée à quelques uns, atten­tion, les col­lec­tion­neurs sont sou­vent fiers de pos­sé­der légi­ti­me­ment une oeuvre et de la mon­trer, il y a dans le mécé­nat et l’achat d’oeuvre d’art une dimen­sion intel­lec­tuelle tota­le­ment dif­fé­rente de l’achat d’une machine à laver ;)

Il est évident que les édi­teurs actuels tra­di­tion­nels ne peuvent pas créer et dif­fu­ser des livres numé­riques aug­men­tés à la manière des livres enlu­mi­nés du moyen âge, parce qu’ils sont dans un mar­ché qui est tota­le­ment dif­fé­rent du mar­ché dans lequel ce genre de livres pour­raient plei­ne­ment s’épanouir.

Pour conclure (ou plu­tôt vous faire cogi­ter et réflé­chir un peu plus) voici le lien vers un texte décou­vert dans L’Ange comme exten­sion de soi (à lire, vrai­ment, c’est à la fois poé­tique et intel­lec­tuel­le­ment très sti­mu­lant — le genre de livre où on a envie de tout sur­li­gner, tant il y a à rete­nir ou réflé­chir !) et dis­po­nible ici:

http://www.la-grange.net/2010/01/10/litterature-transition

(en illus­tra­tion, des pages issus du manus­crit hyyyyy­per connu sous le nom de Livre de Kells — si vous connais­sez pas, il a ins­piré le film d’animation “Bren­dan et le secret de Kells” — quoi !!! tu connais pas ?!!!!)

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10 avis sur “Réflexions sur l’enluminé numérique (avec un peu d’histoire et d’art dedans)

  • 9 mars 2012 à 15 h 00 min
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    En même temps, peu de monde est prêt à payer pour un sup­port numé­rique.
    Je ne touche aux livres numé­riques que pour le gra­tuit, je ne me vois vrai­ment pas payer pour ce for­mat (comme je ne me vois pas payer un CD en mp3).
    Si j’achète, ce sera l’objet, et on peut très bien ache­ter un bel objet — j’adore évi­dem­ment les beaux livres — pas du presque irréel.

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  • 12 mars 2012 à 9 h 47 min
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    Et hop je reviens pour quelques réflexions qui font suite à la lec­ture de cet article.
    D’abord, il y a le prix, ou plu­tôt le cout de revient que je trouve amu­sant car, comme le livre numé­rique, il n’est que vir­tuel. Faire un “ebook enlu­miné” n’est qua­si­ment pas plus dif­fi­cile que de faire un “ebook texte”. Il n’y a là qu’un pro­blème de pra­tique. La seule jus­ti­fi­ca­tion d’un prix pro­hi­bi­tif ne peut tenir qu’à l’enlumineur.
    Or, je fais une sup­po­si­tion (ce n’est qu’une sup­po­si­tion) : pour que le cout de revient soit impor­tant il faut des pres­ta­taires au nombre des­quels on trouve l’enlumineur qui, ayant estimé son tra­vail à une cer­taine somme l’a fac­turé. L’éditeur, lui a accepté. Si cette sup­po­si­tion s’avère juste, on peut la com­prendre mais elle fait de ce livre un “pro­duit” et non une “oeuvre artis­tique”.
    Il est triste d’imaginer que les artistes d’aujourd’hui puissent trop sou­vent mettre un prix sur leurs oeuvres comme les dif­fu­seurs sur leur dif­fu­sion et les édi­teurs sur leur édi­tion. Tout cela n’est plus que com­merce et la valeur s’en trouve dimi­nué en consé­quence. Je ne nour­ris pas le phan­tasme de l’artiste pauvre mais vou­loir écrire, comme vou­loir vivre de son art, c’est prendre un risque, le risque de la pré­ca­rité et de l’incertitude.
    Comme tous, je mets un prix sur mes livres papiers (Nor­mal, il inclut la façon, l’expédition…) mais aussi sur mes ebooks (Nor­mal, la loi fran­çaise m’y force à mon corps défen­dant).
    Une réflexion pour Nouar. C’est bien joli de n’accepter que le gra­tuit pour les fichiers numé­riques mais c’est, quand même, affai­blir la créa­tion (je dis bien affai­blir et non tuer). Je com­prends sa posi­tion vis à vis de l’objet, et c’est pour­quoi Rata­tosk Dif­fu­sion pro­pose de tra­vailler avec des arti­sans capables de trans­for­mer le fichier en livre unique, mais Nouar oublie que beau­coup d’auteurs ont du mal à assu­mer une édi­tion papier. La dépense n’a rien à voir là dedans, c’est l’espace et la dif­fu­sion qui posent pro­blèmes. Pour “Citoyen” j’ai fait un tirage papier, (100kg, 500 exem­plaires, 10 car­tons à écou­ler sur les routes…) mais pour le sui­vant, un recueil de nou­velles que j’espère finir dans le mois, ce ne sera pas le cas. Je pour­rais, cepen­dant, faire impri­mer à cha­cun le livre qu’il veut, pour 20,00€ (bro­ché) mais aussi pour 200,00€ (cou­ver­ture cuir) s’il le sou­haite. Moi, je risque de démé­na­ger et je n’en peux plus de par­ler de ma biblio­thèque en tonnes.
    Nouar a quand même rai­son lorsqu’il parle de l’objet puisque, comme me l’a rap­pelé un ami pho­to­graphe, dans un siècle, il ne res­tera rien du numé­rique. Le livre per­dure, le fichier dis­pa­rait à un rythme tou­jours plus accé­léré. Pour­tant, si vous sou­hai­tez conti­nuer à lire, il va fal­loir vous fendre un peu et dépen­ser un chouïa pour que nous puis­sions dif­fu­ser nos écrits et man­ger un peu. Celui qui ne cherche que le gra­tuit ne s’intéresse pas à la lec­ture, au texte, il veut un pro­duit, un vague loi­sir. J’ai mis mon livre à 2,76€ (remise de 5% inclue) et j’aurais pu faire moins mais le pro­blème est qu’il faut fixer un prix. D’une part, merci à nos édiles, une fois de plus, et, d’autre part, merci aux lec­teurs car les uns ne jure que par le gra­tuit (@&#!§) et les autres snobent un livre car, s’il est trop peu cher, cela signi­fie qu’il n’est pas bon. Mais, non, cela veut seule­ment dire que l’auteur sou­haite qu’il soit acces­sible. J’ai envi­sagé de mettre mon livre à moins de 1,00€ mais tous m’en ont dis­suadé.
    Je conclu­rai en disant que, oui le numé­rique pos­sède ce qu’il faut pour refaire du livre enlu­miné une réa­lité si les artistes ont, eux, le cou­rage de prendre des risques. A chaque nou­veau livre je me pose la même ques­tion : com­bien suis-je dis­po­ser à perdre? La réponse est évi­dente : rien qui ne mettent ma famille en dan­ger mais tout le temps néces­saire pour enfin espé­rer vous séduire.

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    • 12 mars 2012 à 12 h 13 min
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      Beau­coup de choses à répondre à cela (trop en fait, ça néces­si­te­rait au moins une dizaine d’articles tant il y a à dire !)
      A Nouar, je n’ai pas répondu car il s’agit là d’une confu­sion entre la gra­tuité et la léga­lité qui relève soit d’une mécon­nais­sance, soit d’un aveu­gle­ment volon­taire: on n’achète pas que le sup­port maté­riel, on achète aussi le droit de jouir de l’oeuvre pour son usage per­son­nel et les sou­ve­nirs, les émo­tions et tout ce qui peut être pro­vo­qué par l’oeuvre intel­lec­tuelle conte­nue dans le sup­port. Sans être une accro du copy­right, je pense que l’auteur d’une oeuvre (quelle qu’elle soit) a le droit d’être rému­néré décem­ment. Je ne peux pas encou­ra­ger le tout gra­tuit pour le numé­rique car c’est dire que la valeur intel­lec­tuelle du pro­duit est nulle et que seul compte le sup­port mar­chant qu’on peut bête­ment revendre…
      Là se déve­loppe l’idée de pos­ses­sion : beau­coup de gens aiment pos­se­der des oeuvres “phy­siques”. Ici, je par­lais d’art et dans l’art, au-delà de l’oeuvre phy­sique (le bout de toile, le mor­ceau de bronze, etc.), ce qui fait l’intérêt, c’est l’oeuvre intel­lec­tuelle. Il y a une jouis­sance à pos­sé­der une part intel­lec­tuelle de l’oeuvre et encore, tout cela reste vir­tuel puisque l’artiste garde sur son oeuvre les droits les plus impor­tants, un col­lec­tion­neur n’achète jamais que le droit d’avoir acquis l’oeuvre… Encore une fois, il faut être col­lec­tion­neur d’art (le vrai l’amateur au sens “aimer”, pas le spé­cu­la­teur) pour com­prendre réel­le­ment le concept d’achat d’une oeuvre d’art numé­rique sans sup­port phy­sique. Mais le mar­ché de l’art est dif­fé­rent du com­merce de super­mar­ché… D’où ma non-réponse puisque je consi­dé­rais le com­men­taire un peu à côté du pro­pos de l’article.

      A Rata­tosk, oulà, je ne sais pas où don­ner de la tête tant il ya des choses qui m’interpellent dans votre com­men­taire. Ca m’a fait bon­dir (et mis de mau­vaise humeur je dois l’avouer) parce qu’il y a tel­le­ment là d’idées que je ne par­tage pas et que je ne cesse de démon­ter jour après jour que j’ai failli sup­pri­mer le com­men­taire (mais je ne l’ai jamais fais, même quand les sujets sont si polé­miques).
      Je ferais court et droit au but (ce com­men­taire est déjà trop long :P ):
      – Une enlu­miné numé­rique n’est pas un bête ebook avec des images. Si on prends en compte la CSS3 (et ses fonc­tions avan­cées) et le javas­cript (for­mat epub3), on peut créer des évè­ne­ments, des mou­ve­ments, des choses beau­coup plus évo­luées que quelques images ici et là. Reste que si la même per­sonne s’en occupe, ça ne prend que du temps. Et le temps se rému­nèrent : ou alors on est condamné à n’avoir que des oeuvres d’amateurs, dégra­dant ainsi l’art et la qua­lité du livre lui-même.
      – Il faut arrê­ter de pen­ser que l’art n’a pas de valeur mar­chande. C’est une vision idéa­li­sée de l’art (construite pour le grand public par des bio­graphes roman­tiques : tous le monde ima­gine Van­gogh — qui était fou — ou Picasso et Matisse qui, eux, ont fini loin de la misère dans laquelle ils ont débu­tés) la dif­fé­rence entre un artiste ama­teur et un pro­fes­sion­nel se place jus­te­ment là : l’amateur ne peut pas don­ner de valeur finan­cière à son oeuvre (ou alors au pif), le pro­fes­sion­nel a l’argent à l’esprit (pas par inté­rêt mes­quin, juste parce qu’il a passé tant d’heures des­sus et que ces heures doivent être rému­né­rées — y com­pris les heures de réflexions pré-création) Tous les artistes ont tou­jours mon­nayé leur art ! Les prises de risques exis­taient, mais pas sans contre­par­tie (Voir l’histoire du Tom­beau de Jules II par Miche­lange)
      – Pen­ser à la conser­va­tion de l’oeuvre avant de pen­ser à l’oeuvre elle-même, c’est regar­der en arrière. La conser­va­tion est l’affaire des conser­va­teurs, l’art des artistes. Si l’artiste ne pense son oeuvre qu’en terme de conser­va­tion durable, il ne peut pas inno­ver (car les tech­niques de conser­va­tion n’existent pas encore puis que la tech­nique elle-même !) Ensuite, oui, il n’y aura peut-être plus rien dans 100 ans, et alors ? Vit-on dans le passé ou le futur ? Le peintre Apelle est renommé comme le plus grand peintre de l’antiquité… on n’a jamais retrouvé une seule de ses oeuvres ! Mais son nom et sa renom­mée et la des­crip­tion de ses oeuvres se sont trans­mises tout de même, il a eu une grande influence même parmi les gens qui n’avait jamais connu de visu ses pein­tures. Tout ne dis­pa­raî­tra pas, on laisse tou­jours des traces. Et quand bien même cela dis­pa­raî­trait ? Dans cent ans je serai morte (enfin j’espère vu l’âge que j’aurais), qu’on m’ait oublié serait dans l’ordre des choses.
      (j’arrête là, c’est déjà trop long ;) )

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  • 12 mars 2012 à 12 h 25 min
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    Je vais faire court. D’abord pour remer­cier de ne pas avoir sup­primé le com­men­taire et, ensuite, parce que, visi­ble­ment, je n’ai pas atteints mon but qui n’était pas celui retenu par Pau­ma­dou. Dom­mage mais pas grave puisque c’est l’échange qui fait avan­cer. Le com­men­taire, le mien, était, sans doute, trop long et beau­coup trop court à la fois.

    A pluche, je ferais gaffe la pro­chaine fois :-))

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  • 12 mars 2012 à 17 h 04 min
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    Ou je n’ai pas été com­prise, ou je m’exprime très mal.

    @Ratatosk :
    Je ne parle pas bien sûr pas de “que du gra­tuit” pour les nou­veau­tés !
    Les nou­veau­tés je les achète, mais sur papier. Je n’ai jamais piraté un livre (je ne sais même pas si ça existe beau­coup, et ça ne doit pas être les titres les plus inté­res­sants…) ni télé­chargé un livre qui ne soit pas un clas­sique ou un cours/une confé­rence.
    Ma liseuse ne me sers que pour les textes libres de droit (les clas­siques disons, et encore je les ai aussi en ver­sion papier, c’est sim­ple­ment quand j’ai besoin de tout trans­por­ter en même temps, comme lorsque je tra­vaille ailleurs que chez moi) — et mes cours, mais ça c’est autre chose.
    Du coup, j’ai déjà répondu au “il va fal­loir dépen­ser pour que nous man­gions” : je le fais, mais pour les livres papiers.
    Le prix de ton livre est rela­ti­ve­ment bas (mon com­men­taire valait plu­tôt pour les livres numé­riques au même prix que les livres papiers). Dans ce cas je pense qu’internet (au même titre que pour la musique !) peut ser­vir d’espace de décou­verte. Alors ta pos­si­bi­lité de faire impri­mer ton livre rejoin­drait par­fai­te­ment son prix bas. J’imagine que si je l’achetais et le trou­vais for­mi­dable je vou­drais l’avoir en ver­sion papier et alors je le com­man­de­rais. De même que je découvre grâce à inter­net des artistes musi­caux incon­nus et en vient ensuite à leurs albums. Je ne peux pas conce­voir le vir­tuel autre­ment que comme un double pra­tique : les mp3 dans mon bala­deur et les ebooks dans ma liseuse, quand je suis en déplacement.

    @Paumadou : Tout d’abord (et je me répète par rap­port à ma réponse pré­cé­dente) je n’ai abso­lu­ment pas parlé de ne pas rému­né­rer les auteurs. Mais j’ai plu­tôt ten­ter d’expliquer pour­quoi, pour moi, il est dif­fi­cile de payer une ver­sion numé­rique (ce qui ne veut pas dire que je la télé­charge illé­ga­le­ment pour autant, j’insiste).
    Évi­dem­ment dans une œuvre ce n’est pas d’abord l’objet qui compte mais l’œuvre pour elle-même, etc. Évi­dem­ment.
    Mais je rap­pelle qu’ici on parle de BEAU livre, d’enluminé. Donc bien, aussi, de l’objet. Et si j’achète cet objet, parce que c’est un bel objet, je le vou­drais en ver­sion papier.
    Alors oui, je télé­charge les clas­siques tom­bés dans le domaine public, parce que ce sont de beaux textes. Mais je les ai aussi en beaux livres (ou pas beaux, mais vieux, j’aime aussi quand ils sont pas­sés dans d’autres mains et que les lec­teurs pré­cé­dents y ont laissé leurs traces). La rela­tion de lec­ture passe aussi par l’objet. Il est peut-être inutile de citer le Cor­neille de Sartre, quelque chose comme “gros rou­geaud, rugueux, au dos de cuir, qui sent la colle”, mais c’est un peu ça. Et puisqu’on par­lait de pein­ture : la rela­tion devant l’œuvre elle-même est incom­pa­rable avec celle devant une repro­duc­tion. Il y a un peu de ça dans les beaux livres, même si le texte reste le même.
    Et puis même en amou­reuse du des­sin, les œuvres numé­riques sont bien ven­dus sous forme de tirages non ? Pour­quoi devrait-on trou­ver nor­mal que le livre reste vir­tuel ?
    Mon pro­blème est plu­tôt sur le fait de vou­loir créer de beaux livres vir­tuels. L’article posait un peu la ques­tion du pour­quoi les gens seraient prêts ou non à payer pour ça, c’est ce à quoi j’ai essayé de répondre. Nul doute que les gens sont prêts à payer pour un beau livre papier. S’il est numé­rique il a selon moi une valeur en moins, celle du bel objet (ce qui ne veut pas dire que je vou­drais pou­voir le télé­char­ger gra­tui­te­ment, encore une fois).

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    • 12 mars 2012 à 20 h 21 min
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      @Nouar : en effet, le dis­cours res­sem­blait beau­coup à un dis­cours “sur inter­net c’est gra­tuit” sans pen­ser plus loin (vu que j’ai croisé pas mal de per­sonnes ayant ce dis­cours aupa­ra­vant j’ai été encline à croire que c’était encore le cas)
      Je pense que j’ai dû mal m’exprimer quelque part éga­le­ment puisque quand je parle d’enluminé numé­rique, je ne parle pas de “livre illus­tré homo­thé­tique” (c’est à dire qui peut être imprimé). Le numé­rique est tel­le­ment plus qu’un simple texte et quelques images ! Le code HTML/CSS/Javascript qui construise le livre numé­rique per­met énor­mé­ment de choses qui ne pour­ront jamais être bête­ment imprimé (même avec un livre aug­menté d’un DVD). On peut par exemple pro­vo­quer une évè­ne­ment (appa­ri­tion d’un texte, d’une fenêtre après un cer­tain temps : la page s’ouvre, 20 secondes plus tard, le texte est rem­placé ou un musique se lance…), cas­ser la linéa­rité d’un récit (un peu comme un blog où il est plus aisé de papillon­ner que de lire dans l’ordre chro­no­lo­gique, en cli­quant ici ou là sur un lien), les pos­si­bi­li­tés de nar­ra­tions sont alors infi­nies si on cesse de se limi­ter au simple texte+images (ima­gi­nez un texte qui s’affiche et s’efface au fur et à mesure, qui demande une impli­ca­tion impor­tante du lec­teur dans l’histoire) Jusqu’ici on était limité au sup­port papier et aux his­toires immuables. Avec le numé­rique, cela peut évo­luer (je dirais presque “Enfin !” tant les gens se plaignent de ne pas voir la lit­té­ra­ture se renou­ve­ler…)
      La plu­part des livres que je lis (je parle des textes contem­po­rains, pas des clas­siques libres de droits) ne sont dis­po­nibles qu’au for­mat numé­rique. Si pour l’instant, ils res­tent très sem­blables au “papier”, je peux obser­ver de plus en plus d’amusement chez les auteurs-codeurs pour trou­ver d’autres formes de nar­ra­tions, de mises en pages, bref d’originalité qui pour­raient rendre le livre numé­rique réel­le­ment indé­pen­dant du livre papier. Ces codeurs prennent du temps (beau­coup) pour réus­sir des choses et sont for­te­ment limi­tés par les contraintes com­mer­ciales qui imposent qu’un livre au for­mat epub soit com­pa­tible sur toutes les liseuses du mar­ché… Si on ima­gine le livre “oeuvre d’art numé­rique”, plus besoin de bri­der les ver­sions parce qu’aucun construc­teur n’est au point sur les stan­dards offi­ciels (c’est affo­lant mais c’est vrai… Un peu comme si votre navi­ga­teur ne lisait pas cette page web telle qu’elle est mais for­mate com­plè­te­ment la mise en page à sa sauce…) : le livre-oeuvre d’art serait conçu pour tel sup­port (unique), dans tel for­mat, puisqu’il ne serait des­tiné qu’à quelques per­sonnes ça n’aurait plus d’importance. Mais il ne s’agirait alors pas d’un équi­valent “livre d’art” (qui entre­rait dans un mar­ché édi­to­rial avec risque, mise de fond et ren­ta­bi­lité) mais bien d’une oeuvre d’art numé­rique (où le tra­vail serait payé au prix que l’auteur en demande).

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  • 12 mars 2012 à 20 h 25 min
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    Vu que je me suis aussi mal exprimé, il y a des jours avec et des jours sans… Nous devrions presque tout effa­cer et recommencer.

    Bonne soi­rée à vous, je vais me cou­cher et m’abstenir de réagir sur quoi que ce soit pen­dant quelques jours.

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    • 12 mars 2012 à 21 h 00 min
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      Maaaaaaaaaaaais non ! C’est bien de ne pas com­prendre, ou de mal s’exprimer, ça per­met de dis­cu­ter et cla­ri­fier les points de vue et les idées ;)

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  • 12 mars 2012 à 21 h 46 min
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    Je suis d’accord mais, pour l’heure, autre chose acca­pare mon esprit. Je ne dirai pas quoi mais me conten­te­rai de citer Ara­gon : “Ce qu’il faut de mal­heur pour la moindre chanson…”.

    A bien­tôt :-)

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  • 13 mars 2012 à 23 h 36 min
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    D’abord, il y a le prix, ou plu­tôt le cout de revient que je trouve amu­sant car, comme le livre numé­rique, il n’est que vir­tuel. Faire un « ebook enlu­miné » n’est qua­si­ment pas plus dif­fi­cile que de faire un « ebook texte ». Il n’y a là qu’un pro­blème de pra­tique. La seule jus­ti­fi­ca­tion d’un prix pro­hi­bi­tif ne peut tenir qu’à l’enlumineur.
    Or, je fais une sup­po­si­tion (ce n’est qu’une sup­po­si­tion) : pour que le cout de revient soit impor­tant il faut des pres­ta­taires au nombre des­quels on trouve l’enlumineur qui, ayant estimé son tra­vail à une cer­taine somme l’a fac­turé. L’éditeur, lui a accepté. Si cette sup­po­si­tion s’avère juste, on peut la com­prendre mais elle fait de ce livre un « pro­duit » et non une « oeuvre artistique ».”

    Heu… Je ne sais même plus quoi dire tant la “vision roman­tique” de l’industrie du livre me dépasse, et c’est une excep­tion bien franco-française. Ça sonne peut-être bien mais à par­tir du moment où quelque chose est vendu, c’est un pro­duit. Déjà, à la base, pro­duit = résul­tat créa­tif d’une acti­vité. Bon, pas­sons, y’a d’autres mar­chés beau­coup moins roman­tiques mais c’est pas cool d’en par­ler en France.

    Je vais m’étendre là-dessus :

    Faire un « ebook enlu­miné » n’est qua­si­ment pas plus dif­fi­cile que de faire un « ebook texte ».”

    J’ai quand même beau­coup de mal à entendre ça… et ça démontre quand même une cer­taine naï­veté par rap­port à ce mar­ché de fabri­ca­tion (je le sais, je suis en plein dedans ; Pau­ma­dou le sait mais je pré­fère préciser).

    D’une, tous les ebooks texte ne coûtent pas la même chose à fabri­quer.
    – il y a des solu­tions sou­vent gra­tuites qui donnent des résul­tats qua­si­ment tou­jours médiocres (conver­tis­seurs, export depuis trai­te­ment de texte, etc.)
    – il y a des solu­tions médianes où il y a pro­duc­tion du fichier avec des moyens humains der­rière et où on auto­ma­tise au minima.
    – il y a enfin les solu­tions oné­reuses où, faute de fichier numé­rique, le pres­ta­taire est obligé de scan­ner un “mas­ter” depuis le livre papier, le pas­ser à l’OCR, le cor­ri­ger, etc.

    De deux, le coût de pro­duc­tion d’un ebook ne vaut pas les 1 et 0 qui com­posent le fichier numé­rique. Il vaut le temps passé par des per­sonnes pour le fabri­quer. Si mise en page spé­ci­fique, effets typo­gra­phiques et autres joyeu­se­tés, alors il est nor­mal qu’on passe plus de temps des­sus et que le coût de revient soit plus élevé.

    Pour rap­pel, le prix/coût de revient = coût de pro­duc­tion + coûts de dis­tri­bu­tion + charges.

    Et je ne parle même pas des pro­jets com­plexes avec mise en page fixe (fixed-layout) + Javas­cript.
    Et je rajoute même un gros pro­blème qui pèse énor­mé­ment dans la balance (et peut-être que les coûts moyens pour­raient être lar­ge­ment bais­sés grâce à ça) : toute la phase de beta-test du fichier parce qu’il faut véri­fier son bon fonc­tion­ne­ment et qu’on est loin d’avoir tous les outils que les déve­lop­peurs de navi­ga­teurs web mettent à dis­po­si­tion des web-designers. Pour le livre numé­rique, ces outils-là n’existent pas, nous sommes obli­gés de faire des allers-retours d’une liseuse à l’autre, ce qui est une perte de temps consi­dé­rable. Voir http://www.baldurbjarnason.com/notes/treat-ebook-developers-as-developers/
    Per­son­nel­le­ment, ça se tra­duit par des gui­de­lines à usage per­son­nel, gui­de­lines qui couvrent à peine les bases très simples d’EPUB2 pour savoir com­ment tel ou tel code réagira sur telle ou telle machine. On va pas­ser à EPUB3, c’est déjà un gros bor­del avec EPUB2… et tout indique que ce n’est pas prêt de chan­ger, auquel cas cer­tains feront un fichier par liseuse / ven­deur de réfé­rence… et hop, encore des coûts en plus.
    Pour le moment, les seuls qui jouent à peu près le jeu et four­nissent quelque chose aux déve­lop­peurs sont Ama­zon (docu­men­ta­tion + ému­la­teur Kindle) et Apple (docu­men­ta­tion). Dans les deux cas, on ne peut pas dire que les docu­men­ta­tions soient exhaus­tives. Autre­ment dit, le déve­lop­peur qui code saura que le fichier fonc­tion­nera chez Ama­zon et/ou chez Apple, et devra aller ensuite tes­ter chez les autres, cor­ri­ger, re-tester, re-corriger, re-re-tester, etc. C’est un cau­che­mar en matière de déve­lop­pe­ment, réel­le­ment. Pour mes gui­de­lines per­son­nelles, ça vaut dire 2 semaines de tests + une ving­taine de liseuses / appli­ca­tions. Donc, à chaque ligne de code un peu com­pli­quée -> 20 tests. Impos­sible d’en voir le bout. Il n’y a pas long­temps, un pres­ta­taire a d’ailleurs pré­senté un tableau géant réper­to­riant code, moteurs de ren­dus et sup­port ou non-support. C’est un coût énorme vu le temps passé là-dessus, coût qui se réper­cute sur la fac­ture… donc si un gros édi­teur passe par là, qu’il fasse du lob­bying pour que les reven­deurs fassent ce boulot-là, il a beau­coup d’argent à y gagner.

    Du coup, même si je com­prends la par­tie sur l’enlumineur qui jus­ti­fie le coût pro­hi­bi­tif, c’est un rac­courci assez sim­pliste, je trouve.
    Bien sûr, pro­duire du contenu coûte de l’argent, mais écrire du code aussi. Il est nor­mal qu’on valo­rise cette compétence.

    Exemple : je peux sor­tir un livre enlu­miné en 2 minutes avec l’export ePUB de Pages sur Mac (je l’ai fait pour un tuto­riel). Je peux pas­ser 3 jours (temps-plein) à mettre en page un livre numé­rique tex­tuel, auquel cas je fac­tu­re­rais une par­tie “book design”. Dans le pre­mier cas, c’est un guide donc pure­ment un pro­duit comme vous l’entendez. Dans le deuxième (et ça tombe bien puisque ce tra­vail a été publié), on par­lait d’une œuvre lit­té­raire.
    Donc,

    Faire un « ebook enlu­miné » n’est qua­si­ment pas plus dif­fi­cile que de faire un « ebook texte ». Il n’y a là qu’un pro­blème de pratique.”

    n’est pas “juste” puisqu’il est déjà plus dif­fi­cile de réa­li­ser cer­tains ebooks texte que d’autres. Évi­dem­ment, faut bai­gner dans le code des livres numé­riques pour s’en rendre compte, et c’est ce qu’on a tou­jours du mal à expli­quer parce que les gens qui ne s’y inté­ressent pas ne com­prennent pas la pro­blé­ma­tique et le pour­quoi le sur­coût. Mais c’est une réalité.

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