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Du côté du blog

Jeudi 12 avril 2012

Six conseils aux auteurs pour ne pas vous griller sur internet

L’affaire F.Lenormand touche la blo­gosphère lit­téraire depuis hier. De quoi s’agit-il ? D’une cri­tique qui a mal tournée.

Une blogueuse (Alice) a par­ticipé à l’opération Masse Cri­tique de Babélio qui con­siste, en échange de l’envoi d’un livre gra­tuit, à pro­duire une cri­tique dudit livre sur son blog. Que la cri­tique soit bonne ou mau­vaise, le blogueur reste libre de don­ner son avis. Alice avait choisi un livre d’un cer­tain F.Lenormand (vis­i­ble­ment avec une réelle envie de le lire). La cri­tique postée sur le blog a égale­ment été postée par Alice sur Ama­zon. Une ini­tia­tive per­son­nelle mais qui est la preuve d’un engage­ment dans sa volonté d’informer les gens sur ce qu’elle avait pensé du livre.
Ceci n’a pas plu à l’auteur, qui a exigé qu’elle retire sa cri­tique d’Amazon car elle avait eu l’exemplaire gra­tu­ite­ment (je trouve cette jus­ti­fi­ca­tion com­plète­ment idiote per­son­nelle­ment, mais on jus­ti­fie ses deman­des dou­teuses comme on peut)

Je ne reviendrai pas plus avant sur cette his­toire qu’on peut décou­vrir un peu partout, j’aimerai juste don­ner quelques con­seils aux auteurs qui ne veu­lent pas se griller défini­tive­ment sur le web, car j’observe de plus en plus ce genre de com­porte­ments absur­des. Voici donc six con­seils à suivre pour ne pas vous griller auprès de votre pub­lic sur internet :

  1. Ne Vendez pas votre livre à tout bout de champs !
    On sait que vous êtes auteur, c’est mar­qué dans votre bio, sur votre blog et vous par­lez d’écriture sans arrêt. Inutile de bal­ancer 30 fois par jour un lien Amazon/Fnac vers votre livre, ça gon­fle les gens. Evitez égale­ment de répéter tou­jours le même com­men­taire (copié à l’identique sur des forums, des blogs, des mails…) ça vous décrédi­bilise très sérieuse­ment auprès des inter­nautes avertis.
  2. Acceptez la cri­tique même néga­tive
    Ok, une mau­vaise note, une mau­vaise cri­tique, c’est pas bon pour votre moral (je sais, ça me le fait aussi). Rel­a­tivisez, quelqu’un a lu votre livre ce qui n’est déjà pas si mal, et a pris le soin d’en don­ner un avis per­son­nel. S’il n’y a rien de diffamant dans ce qui est écrit, inutile de réclamer un retrait sous quelque motif que ce soit, ça vous plomberait directe­ment vis à vis de l’auteur de la cri­tique. Les gens ont le droit de vous cri­ti­quer, même s’ils n’ont pas acheté le livre, c’est la règle,  jouez le jeu ou ne pub­liez rien.
  3. Restez tou­jours cour­tois
    La cour­toisie, ce n’est pas la politesse : enrober votre dis­cours de “je vous prie” et autres for­mules de politesse ne ren­dent pas vos inter­ven­tions cour­toises. Sur Inter­net, le respect de l’opinion de l’autre est essen­tiel. Tout le monde n’a pas à être d’accord avec vous, si cela vous dérange, évitez les per­son­nes et sites en ques­tion plutôt que de vous enfon­cer en abreuvant votre inter­locu­teur de phrases polies mais peu cour­toises. Ca vous retombera dessus inévitablement.
  4. Ne faites pas appel à vos “amis” ou à de faux “com­men­ta­teurs” pour venir vous sor­tir du pétrin.
    Vous ne feriez que vous enfon­cer.  Sachez que les blogueurs ont accès à l’adresse IP du com­men­ta­teur, s’il s’agit de la même adresse IP pour 3 com­men­ta­teurs dif­férents, vous vous ferez pin­cer et on vous accusera, en plus d’être un mal­otru, d’être un menteur et un tricheur. Sur le web, ça ne par­donne pas !
  5. Sachez rire de vous-même
    Votre texte n’est pas excel­lent, vous n’êtes pas l’auteur du siè­cle, enfoncez-vous le pro­fondé­ment dans le crâne ! Ça vous per­me­t­tra d’accepter les cri­tiques néga­tives argu­men­tées, car les blogueurs, même s’ils ont par­fois des cri­tiques très per­son­nelles, trou­vent sou­vent les points faibles qui vous ont échappé (ou pas, je suis sou­vent tombée d’accord avec des blogueurs sur les défauts qu’on trou­vait à mes textes !) Et n’oubliez pas que ce n’est pas vous qu’on juge, mais votre texte. A par­tir du moment où vous réagis­sez mal, on cessera de juger votre texte et on vous jugera vous. Franche­ment, entre un bouquin mal cri­tiqué et des enne­mis mor­tels qui vous en veu­lent à vie (et une mau­vaise répu­ta­tion sur le web, c’est une quasi-mort), l’auteur intel­li­gent choisira la mau­vaise critique !
  6. Si vous ne com­prenez pas le fonc­tion­nement d’un réseau social, abstenez-vous
    Pour com­pren­dre le fonc­tion­nement d’internet, il faut le pra­ti­quer. Si vous vous con­tentez d’utiliser votre ordi­na­teur pour écrire et chercher quelques infos sur Wikipé­dia, n’intervenez pas sur les forums, les blogs, twit­ter, face­book, etc. Si vous souhaitez les utiliser comme moyen de pro­mo­tion, observez longtemps leur fonc­tion­nement avant de vous y lancer et n’oubliez jamais les règles : Politesse, Cour­toisie, Respect. Ce n’est pas parce qu’on est sur le net qu’on ne sait pas se tenir.

Promis, je ferai bien­tôt un arti­cle “Six con­seils pour met­tre les lecteurs du net dans votre poche”, his­toire de vous mon­trer qu’on peut faire sa promo de manière plus intel­li­gente que par un bad­buzz très dif­fi­cile à rattraper !

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27 Commentaires

  1. George dit :

    Que voilà des con­seils avisés ! Il paraît qu’une société d’assurance per­met de se racheter une répu­ta­tion sur le web, tu crois qu’on lui envoie le lien?
    Bravo pour ce bil­let très drôle en plus !

    • Paumadou dit :

      Les sites qui refont des répu­ta­tions “noient” les mau­vaises références par de nou­velles beau­coup plus agréables… Pas sûr qu’ils y parvi­en­nent avant un bon moment (et pas sûre de vouloir voir cet auteur “encensé” par ailleurs :P )

  2. Ton arti­cle est excel­lent. Sans relever la polémique, tu apaises le débat et tes con­seils sont avisés, j’espère que tu seras lue par de nom­breux auteurs (et m Lenor­mand, en l’occurrence)…

  3. Plumy dit :

    C’est tout de même triste que de tels con­seils aient à être écrits noir sur blanc telle­ment ça me sem­ble évi­dent. L’affaire de l’auteur énoncé en début du texte m’a d’ailleurs fait hal­lu­ciner, et j’ai eut envie de répon­dre à l’auteur qu’en agis­sant ainsi il se tapait grave l’affiche. Non mais surtout, l’argument du “tu l’as pas acheté donc t’as pas le droit de don­ner ton avis”. Le livre prêté par un ami et celui emprunté à la bibli j’ai pas le droit d’en par­ler non plus ? Sérieuse­ment…
    Je suis curieuse du prochain arti­cle du coup !

    • Paumadou dit :

      Mais les bib­lio­thèques c’est le mal, voyons ! Tous les auteurs savent cela :P
      Je cog­ite pour le prochain, il ne devrait pas tarder ;)

  4. Alice dit :

    J’aime beau­coup cet arti­cle!! J’espère que de nom­breux auteurs le liront, même si, il faut le rap­peler, M. machin truc reste une exception!

    • Paumadou dit :

      Une excep­tion dans la démesure, certes, mais il faut recon­naître que beau­coup d’auteurs ten­tent de contre-argumenter sur les points négat­ifs qu’on peut trou­ver à leur texte.
      Et là, je recon­nais que je suis du lot, mais c’est dur de ne pas “défendre” son texte car on a l’impression qu’il est “attaqué”. Ce qui est com­plète­ment idiot d’ailleurs, mais c’est une réac­tion nor­male à l’être humain de chercher à plaire à tous et à se jus­ti­fier sur tout (et sou­vent, il vaut mieux pren­dre sur soi et ruminer dans son coin plutôt qu’exploser publiquement)

  5. Franck dit Bart dit :

    A pro­pos de l’affaire Gérard Lenor­mand !!!!! (rires), on con­nait la chanson !

    Dom­mage que cet arti­cle infor­matif n’aborde pas les arcanes juste­ment de la cri­tique lit­téraire des grands médias pop­u­laires exsangues des qual­ités req­ui­ses à la lec­ture pro­pre­ment dite des romans reçus. Des « nègres » régdi­gent les fiches selon des critères du marchandage avec les grands édi­teurs en fonc­tion de la per­son­nal­ité de l’auteur(e), si il ou elle passe bien à l’écran ou à la radio.
    Donc, en par­al­lèle, je trouve nor­mal quand on est un(e) petit(e) auteur (e) de passer par les blogs lit­téraires et offrir son roman à lire à une blogueuse ou un blogueur ent­hou­si­aste et motivé(e) ! D’autant plus qu’elle est ou il est bénév­ole et n’a aucun intérêt à tirer de son écri­t­ure cri­tique du roman, d’où sa grande lib­erté de parole.
    Une espèce de contre-pouvoir d’information en quelque sorte, à méditer et à militer dans ce sens il me sem­ble, pour con­tre­car­rer la tyran­nie des apparences dans la cri­tique lit­téraire hau­taine et dédaigneuse.

    • TheSFReader dit :

      Franck
      Sauf que Frédéric n’est pas un “petit auteur”, mais un auteur “reconnu” ayant au moins une trentaine de romans pub­liés, dont cer­tains traduits à l’international…

      • Paumadou dit :

        Comme quoi ça ne veut rien dire niveau détache­ment vis à vis de ses oeu­vres… (et du com­merce puisqu’il s’agissait là surtout de ne soit-disant pas plomber ses ventes sur Amazon)

    • Paumadou dit :

      La ques­tion n’était pas là, c’était surtout un arti­cle pour les auteurs (mais les con­seils s’appliquent aussi si l’on a une mau­vaise cri­tique dans un grand média)

  6. argali dit :

    Arti­cle résumant mon avis aussi. J’aime beaucoup.

  7. TheSFReader dit :

    Ah, si, juste une remar­que sur le 2) : Il y a tout de même quelques cas où on peut deman­der (poli­ment et dis­crète­ment de préférence, pas besoin de l’étaler dans les jour­naux) une correction/mise à jour :
    1– Si la cri­tique donne des infor­ma­tions man­i­feste­ment fausses
    2– si la cri­tique dévoile des élé­ments impor­tants de l’histoire (spoilers)

    • Paumadou dit :

      Je pense hélas que ce n’est pas nou­veau et que ça risque de se voir de plus en plus. Le prob­lème ici est plus déli­cat car l’auteur a con­sid­éré une note de 3/5 comme une mau­vaise note alors que c’est la moyenne haut la main !

      3=un livre cor­rect mais pas tran­scen­dant, ils sont nom­breux comme ça et heureuse­ment que tous les bouquins n’ont pas 5 étoiles sinon c’est qu’il n’y a plus aucune mesure.
      Sans par­ler du fait qu’il n’est pas autoédité et encore moins novice, on aurait pu’attendre à plus de pro­fes­sion­nal­isme de sa part

  8. tibibou dit :

    Bon­soir,

    Une mau­vaise note, c’est ce qui vient d’arriver à mon épouse. C’est dur à avaler, il y avait des com­men­taires val­ables et d’autres dis­cuta­bles, mais l’opinion de celle qui les a écrits ne peut pas (et ne doit pas) être remise en cause. La lib­erté d’expression sur inter­net est au-dessus des mis­ères que cer­tains peu­vent ressen­tir de temps en temps lorsqu’ils subis­sent une cri­tique. Il faut en accepter les règles ; fort heureuse­ment, nous avons juste twitté l’information (quel fair-play) et espérons que d’autres percevront son roman de fan­tasy de manière différente.

    Et heureuse­ment que tout le monde ne reçoit pas 5 étoiles…

    C’est avec impa­tience que nous atten­dons le prochain post…

  9. Uuuuh là là mais c’est tout con­tem­po­rain mod­erne itou ici !! Hum cette his­toire est un peu absurde, je n’ai pas lu le com­men­taire, peut-être était-il mau­vais… La seule rai­son pas trop absurde qu’aurait pu invo­quer l’auteur aurait été le référence­ment… Deux com­men­taires iden­tiques c’est pas ter­ri­ble mais à part ça :-S

    • Sediter dit :

      Même le référence­ment n’aurait pas été une rai­son val­able. Le fait de poster deux fois le même arti­cle pourra juste nuire au référence­ment de la blogueuse, l’auteur n’en a que faire. Au con­traire, il prof­ite de cela car on parle de lui.

      Très franche­ment, la cri­tique n’avait rien de méchante et aurait pu inciter à l’achat d’ailleurs.

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  11. A titre per­son­nel, les cri­tiques, bonnes ou mau­vaises ne m’affectent pas plus que ça. Je trouve même sain que cer­tains lecteurs n’aient pas aimé mes ouvrages (et des cri­tiques mau­vaises, j’y ai eu droit…). Le pire à mes yeux, je pense, c’est qu’un roman ne soit pas lu.

    • Paumadou dit :

      Excel­lente réac­tion ! Un texte qui n’est pas lu est un texte mort, un texte qui fait réa­gir est un texte qui vit: bonnes ou mau­vaises (ou dans le cas présent, ni bonne ni mau­vaise en fait ! ce qui est assez ironique vu le déchaîne­ment qui a suivi) les cri­tiques sont des preuves que le texte a suff­isam­ment intéressé quelqu’un pour qu’il en donne un avis. :)

  12. cdedes dit :

    F. Lenor­mand se trompe en affir­mant qu’Alice n’aurait pas dû faire paraître ce com­men­taire désoblig­eant puisqu’elle n’avait pas payé ce livre.
    En effet, il est de règle que les cri­tiques reçoivent GRATUITEMENT les livres qu’ils vont com­menter. Je parle des cri­tiques PROFESSIONNELS mais il est bien évi­dent que cela est val­able pour les cri­tiques ama­teurs que sont les blogueurs.
    Et quand un auteur veut une cri­tique, il doit accepter aussi bien les cri­tiques néga­tives que les positives!

  13. G.N.Paradis dit :

    Je suis allé lire la cri­tique de cette demoi­selle. Elle l’a con­stru­ite de manière à pointer des traits négat­ifs et posi­tifs, tout en restant respectueuse de l’oeuvre. D’où mon incom­préhen­sion éber­luée face à la réac­tion du dit auteur. En plus, l’avis était humoris­tique par cer­tains côtés et accom­pa­gné de trois étoiles. Elle aurait dû être remer­ciée pour son inter­ven­tion et sa fran­chise. Enfin, telle est ma vision de l’interaction entre un lecteur et un auteur, ou dis­ons le sim­ple­ment, deux personnes…

    Les avis des lecteurs sont pré­cieux. Per­son­nelle­ment, je les archive. Enfin, lorsque j’ai une trace écrite, ce qui n’est pas encore le cas. Avis aux sur­feurs et lecteurs de passage. :-)

  14. kristobalone dit :

    Étant à la fois auteur, blogueur et chroniqueur lit­téraire, je pense qu’un livre appar­tient autant à son auteur qu’à son lecteur. L’un a certes fait l’effort de l’écrire mais l’autre a fait l’effort de le lire. Au nom de la lib­erté d’expression il a le droit de dire et d’écrire ce qu’il en pense. Si de sur­croit on lui donne le livre dans ce but c’est une pure folie que de ne pas être d’accord avec sa vision des choses. Mieux vaut dans ce cas-là tenir un jour­nal intime qui ne sera lu par personne…

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