Six conseils aux auteurs pour ne pas vous griller sur internet

L’affaire F.Lenormand touche la blo­go­sphère lit­té­raire depuis hier. De quoi s’agit-il ? D’une cri­tique qui a mal tournée.

Une blo­gueuse (Alice) a par­ti­cipé à l’opération Masse Cri­tique de Babé­lio qui consiste, en échange de l’envoi d’un livre gra­tuit, à pro­duire une cri­tique dudit livre sur son blog. Que la cri­tique soit bonne ou mau­vaise, le blo­gueur reste libre de don­ner son avis. Alice avait choisi un livre d’un cer­tain F.Lenormand (visi­ble­ment avec une réelle envie de le lire). La cri­tique pos­tée sur le blog a éga­le­ment été pos­tée par Alice sur Ama­zon. Une ini­tia­tive per­son­nelle mais qui est la preuve d’un enga­ge­ment dans sa volonté d’informer les gens sur ce qu’elle avait pensé du livre.
Ceci n’a pas plu à l’auteur, qui a exigé qu’elle retire sa cri­tique d’Amazon car elle avait eu l’exemplaire gra­tui­te­ment (je trouve cette jus­ti­fi­ca­tion com­plè­te­ment idiote per­son­nel­le­ment, mais on jus­ti­fie ses demandes dou­teuses comme on peut)

Je ne revien­drai pas plus avant sur cette his­toire qu’on peut décou­vrir un peu par­tout, j’aimerai juste don­ner quelques conseils aux auteurs qui ne veulent pas se griller défi­ni­ti­ve­ment sur le web, car j’observe de plus en plus ce genre de com­por­te­ments absurdes. Voici donc six conseils à suivre pour ne pas vous griller auprès de votre public sur internet :

  1. Ne Ven­dez pas votre livre à tout bout de champs !
    On sait que vous êtes auteur, c’est mar­qué dans votre bio, sur votre blog et vous par­lez d’écriture sans arrêt. Inutile de balan­cer 30 fois par jour un lien Amazon/Fnac vers votre livre, ça gonfle les gens. Evi­tez éga­le­ment de répé­ter tou­jours le même com­men­taire (copié à l’identique sur des forums, des blogs, des mails…) ça vous décré­di­bi­lise très sérieu­se­ment auprès des inter­nautes avertis.
  2. Accep­tez la cri­tique même néga­tive
    Ok, une mau­vaise note, une mau­vaise cri­tique, c’est pas bon pour votre moral (je sais, ça me le fait aussi). Rela­ti­vi­sez, quelqu’un a lu votre livre ce qui n’est déjà pas si mal, et a pris le soin d’en don­ner un avis per­son­nel. S’il n’y a rien de dif­fa­mant dans ce qui est écrit, inutile de récla­mer un retrait sous quelque motif que ce soit, ça vous plom­be­rait direc­te­ment vis à vis de l’auteur de la cri­tique. Les gens ont le droit de vous cri­ti­quer, même s’ils n’ont pas acheté le livre, c’est la règle,  jouez le jeu ou ne publiez rien.
  3. Res­tez tou­jours cour­tois
    La cour­toi­sie, ce n’est pas la poli­tesse : enro­ber votre dis­cours de “je vous prie” et autres for­mules de poli­tesse ne rendent pas vos inter­ven­tions cour­toises. Sur Inter­net, le res­pect de l’opinion de l’autre est essen­tiel. Tout le monde n’a pas à être d’accord avec vous, si cela vous dérange, évi­tez les per­sonnes et sites en ques­tion plu­tôt que de vous enfon­cer en abreu­vant votre inter­lo­cu­teur de phrases polies mais peu cour­toises. Ca vous retom­bera des­sus inévitablement.
  4. Ne faites pas appel à vos “amis” ou à de faux “com­men­ta­teurs” pour venir vous sor­tir du pétrin.
    Vous ne feriez que vous enfon­cer.  Sachez que les blo­gueurs ont accès à l’adresse IP du com­men­ta­teur, s’il s’agit de la même adresse IP pour 3 com­men­ta­teurs dif­fé­rents, vous vous ferez pin­cer et on vous accu­sera, en plus d’être un malo­tru, d’être un men­teur et un tri­cheur. Sur le web, ça ne par­donne pas !
  5. Sachez rire de vous-même
    Votre texte n’est pas excellent, vous n’êtes pas l’auteur du siècle, enfoncez-vous le pro­fon­dé­ment dans le crâne ! Ça vous per­met­tra d’accepter les cri­tiques néga­tives argu­men­tées, car les blo­gueurs, même s’ils ont par­fois des cri­tiques très per­son­nelles, trouvent sou­vent les points faibles qui vous ont échappé (ou pas, je suis sou­vent tom­bée d’accord avec des blo­gueurs sur les défauts qu’on trou­vait à mes textes !) Et n’oubliez pas que ce n’est pas vous qu’on juge, mais votre texte. A par­tir du moment où vous réagis­sez mal, on ces­sera de juger votre texte et on vous jugera vous. Fran­che­ment, entre un bou­quin mal cri­ti­qué et des enne­mis mor­tels qui vous en veulent à vie (et une mau­vaise répu­ta­tion sur le web, c’est une quasi-mort), l’auteur intel­li­gent choi­sira la mau­vaise critique !
  6. Si vous ne com­pre­nez pas le fonc­tion­ne­ment d’un réseau social, abstenez-vous
    Pour com­prendre le fonc­tion­ne­ment d’internet, il faut le pra­ti­quer. Si vous vous conten­tez d’utiliser votre ordi­na­teur pour écrire et cher­cher quelques infos sur Wiki­pé­dia, n’intervenez pas sur les forums, les blogs, twit­ter, face­book, etc. Si vous sou­hai­tez les uti­li­ser comme moyen de pro­mo­tion, obser­vez long­temps leur fonc­tion­ne­ment avant de vous y lan­cer et n’oubliez jamais les règles : Poli­tesse, Cour­toi­sie, Res­pect. Ce n’est pas parce qu’on est sur le net qu’on ne sait pas se tenir.

Pro­mis, je ferai bien­tôt un article “Six conseils pour mettre les lec­teurs du net dans votre poche”, his­toire de vous mon­trer qu’on peut faire sa promo de manière plus intel­li­gente que par un bad­buzz très dif­fi­cile à rattraper !

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27 avis sur “Six conseils aux auteurs pour ne pas vous griller sur internet

  • 12 avril 2012 à 10 h 09 min
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    Que voilà des conseils avi­sés ! Il paraît qu’une société d’assurance per­met de se rache­ter une répu­ta­tion sur le web, tu crois qu’on lui envoie le lien?
    Bravo pour ce billet très drôle en plus !

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    • 12 avril 2012 à 22 h 37 min
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      Les sites qui refont des répu­ta­tions “noient” les mau­vaises réfé­rences par de nou­velles beau­coup plus agréables… Pas sûr qu’ils y par­viennent avant un bon moment (et pas sûre de vou­loir voir cet auteur “encensé” par ailleurs :P )

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  • 12 avril 2012 à 14 h 20 min
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    Ton article est excellent. Sans rele­ver la polé­mique, tu apaises le débat et tes conseils sont avi­sés, j’espère que tu seras lue par de nom­breux auteurs (et m Lenor­mand, en l’occurrence)…

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    • 12 avril 2012 à 22 h 37 min
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      Merci, j’espère aussi ça évi­tera d’autres accidents ! :)

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  • 12 avril 2012 à 15 h 40 min
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    C’est tout de même triste que de tels conseils aient à être écrits noir sur blanc tel­le­ment ça me semble évident. L’affaire de l’auteur énoncé en début du texte m’a d’ailleurs fait hal­lu­ci­ner, et j’ai eut envie de répondre à l’auteur qu’en agis­sant ainsi il se tapait grave l’affiche. Non mais sur­tout, l’argument du “tu l’as pas acheté donc t’as pas le droit de don­ner ton avis”. Le livre prêté par un ami et celui emprunté à la bibli j’ai pas le droit d’en par­ler non plus ? Sérieu­se­ment…
    Je suis curieuse du pro­chain article du coup !

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    • 12 avril 2012 à 22 h 38 min
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      Mais les biblio­thèques c’est le mal, voyons ! Tous les auteurs savent cela :P
      Je cogite pour le pro­chain, il ne devrait pas tarder ;)

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  • 12 avril 2012 à 19 h 20 min
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    J’aime beau­coup cet article!! J’espère que de nom­breux auteurs le liront, même si, il faut le rap­pe­ler, M. machin truc reste une exception!

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    • 12 avril 2012 à 22 h 35 min
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      Une excep­tion dans la déme­sure, certes, mais il faut recon­naître que beau­coup d’auteurs tentent de contre-argumenter sur les points néga­tifs qu’on peut trou­ver à leur texte.
      Et là, je recon­nais que je suis du lot, mais c’est dur de ne pas “défendre” son texte car on a l’impression qu’il est “atta­qué”. Ce qui est com­plè­te­ment idiot d’ailleurs, mais c’est une réac­tion nor­male à l’être humain de cher­cher à plaire à tous et à se jus­ti­fier sur tout (et sou­vent, il vaut mieux prendre sur soi et rumi­ner dans son coin plu­tôt qu’exploser publiquement)

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  • 12 avril 2012 à 19 h 36 min
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    A pro­pos de l’affaire Gérard Lenor­mand !!!!! (rires), on connait la chanson !

    Dom­mage que cet article infor­ma­tif n’aborde pas les arcanes jus­te­ment de la cri­tique lit­té­raire des grands médias popu­laires exsangues des qua­li­tés requises à la lec­ture pro­pre­ment dite des romans reçus. Des « nègres » rég­digent les fiches selon des cri­tères du mar­chan­dage avec les grands édi­teurs en fonc­tion de la per­son­na­lité de l’auteur(e), si il ou elle passe bien à l’écran ou à la radio.
    Donc, en paral­lèle, je trouve nor­mal quand on est un(e) petit(e) auteur (e) de pas­ser par les blogs lit­té­raires et offrir son roman à lire à une blo­gueuse ou un blo­gueur enthou­siaste et motivé(e) ! D’autant plus qu’elle est ou il est béné­vole et n’a aucun inté­rêt à tirer de son écri­ture cri­tique du roman, d’où sa grande liberté de parole.
    Une espèce de contre-pouvoir d’information en quelque sorte, à médi­ter et à mili­ter dans ce sens il me semble, pour contre­car­rer la tyran­nie des appa­rences dans la cri­tique lit­té­raire hau­taine et dédaigneuse.

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    • 12 avril 2012 à 20 h 18 min
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      Franck
      Sauf que Fré­dé­ric n’est pas un “petit auteur”, mais un auteur “reconnu” ayant au moins une tren­taine de romans publiés, dont cer­tains tra­duits à l’international…

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      • 12 avril 2012 à 22 h 30 min
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        Comme quoi ça ne veut rien dire niveau déta­che­ment vis à vis de ses oeuvres… (et du com­merce puisqu’il s’agissait là sur­tout de ne soit-disant pas plom­ber ses ventes sur Amazon)

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    • 12 avril 2012 à 22 h 41 min
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      La ques­tion n’était pas là, c’était sur­tout un article pour les auteurs (mais les conseils s’appliquent aussi si l’on a une mau­vaise cri­tique dans un grand média)

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  • 12 avril 2012 à 21 h 48 min
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    Ah, si, juste une remarque sur le 2) : Il y a tout de même quelques cas où on peut deman­der (poli­ment et dis­crè­te­ment de pré­fé­rence, pas besoin de l’étaler dans les jour­naux) une correction/mise à jour :
    1– Si la cri­tique donne des infor­ma­tions mani­fes­te­ment fausses
    2– si la cri­tique dévoile des élé­ments impor­tants de l’histoire (spoilers)

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    • 12 avril 2012 à 22 h 19 min
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      Oui, mais ça me parait tel­le­ment évident que je ne l’ai pas pré­cisé (j’aurais peut-être dû ^^)

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    • 12 avril 2012 à 22 h 28 min
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      Je pense hélas que ce n’est pas nou­veau et que ça risque de se voir de plus en plus. Le pro­blème ici est plus déli­cat car l’auteur a consi­déré une note de 3/5 comme une mau­vaise note alors que c’est la moyenne haut la main !

      3=un livre cor­rect mais pas trans­cen­dant, ils sont nom­breux comme ça et heu­reu­se­ment que tous les bou­quins n’ont pas 5 étoiles sinon c’est qu’il n’y a plus aucune mesure.
      Sans par­ler du fait qu’il n’est pas autoé­dité et encore moins novice, on aurait pu’attendre à plus de pro­fes­sion­na­lisme de sa part

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  • 13 avril 2012 à 0 h 02 min
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    Bon­soir,

    Une mau­vaise note, c’est ce qui vient d’arriver à mon épouse. C’est dur à ava­ler, il y avait des com­men­taires valables et d’autres dis­cu­tables, mais l’opinion de celle qui les a écrits ne peut pas (et ne doit pas) être remise en cause. La liberté d’expression sur inter­net est au-dessus des misères que cer­tains peuvent res­sen­tir de temps en temps lorsqu’ils subissent une cri­tique. Il faut en accep­ter les règles ; fort heu­reu­se­ment, nous avons juste twitté l’information (quel fair-play) et espé­rons que d’autres per­ce­vront son roman de fan­tasy de manière différente.

    Et heu­reu­se­ment que tout le monde ne reçoit pas 5 étoiles…

    C’est avec impa­tience que nous atten­dons le pro­chain post…

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  • 13 avril 2012 à 9 h 48 min
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    Uuuuh là là mais c’est tout contem­po­rain moderne itou ici !! Hum cette his­toire est un peu absurde, je n’ai pas lu le com­men­taire, peut-être était-il mau­vais… La seule rai­son pas trop absurde qu’aurait pu invo­quer l’auteur aurait été le réfé­ren­ce­ment… Deux com­men­taires iden­tiques c’est pas ter­rible mais à part ça :-S

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    • 13 avril 2012 à 12 h 28 min
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      Même le réfé­ren­ce­ment n’aurait pas été une rai­son valable. Le fait de pos­ter deux fois le même article pourra juste nuire au réfé­ren­ce­ment de la blo­gueuse, l’auteur n’en a que faire. Au contraire, il pro­fite de cela car on parle de lui.

      Très fran­che­ment, la cri­tique n’avait rien de méchante et aurait pu inci­ter à l’achat d’ailleurs.

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  • Pingback: Six trucs pour mettre les lecteurs numériques dans votre poche | Paumadou

  • 14 avril 2012 à 17 h 06 min
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    A titre per­son­nel, les cri­tiques, bonnes ou mau­vaises ne m’affectent pas plus que ça. Je trouve même sain que cer­tains lec­teurs n’aient pas aimé mes ouvrages (et des cri­tiques mau­vaises, j’y ai eu droit…). Le pire à mes yeux, je pense, c’est qu’un roman ne soit pas lu.

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    • 14 avril 2012 à 20 h 57 min
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      Excel­lente réac­tion ! Un texte qui n’est pas lu est un texte mort, un texte qui fait réagir est un texte qui vit: bonnes ou mau­vaises (ou dans le cas pré­sent, ni bonne ni mau­vaise en fait ! ce qui est assez iro­nique vu le déchaî­ne­ment qui a suivi) les cri­tiques sont des preuves que le texte a suf­fi­sam­ment inté­ressé quelqu’un pour qu’il en donne un avis. :)

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  • 16 avril 2012 à 11 h 53 min
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    F. Lenor­mand se trompe en affir­mant qu’Alice n’aurait pas dû faire paraître ce com­men­taire déso­bli­geant puisqu’elle n’avait pas payé ce livre.
    En effet, il est de règle que les cri­tiques reçoivent GRATUITEMENT les livres qu’ils vont com­men­ter. Je parle des cri­tiques PROFESSIONNELS mais il est bien évident que cela est valable pour les cri­tiques ama­teurs que sont les blo­gueurs.
    Et quand un auteur veut une cri­tique, il doit accep­ter aussi bien les cri­tiques néga­tives que les positives!

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  • 6 juin 2012 à 20 h 34 min
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    Je suis allé lire la cri­tique de cette demoi­selle. Elle l’a construite de manière à poin­ter des traits néga­tifs et posi­tifs, tout en res­tant res­pec­tueuse de l’oeuvre. D’où mon incom­pré­hen­sion éber­luée face à la réac­tion du dit auteur. En plus, l’avis était humo­ris­tique par cer­tains côtés et accom­pa­gné de trois étoiles. Elle aurait dû être remer­ciée pour son inter­ven­tion et sa fran­chise. Enfin, telle est ma vision de l’interaction entre un lec­teur et un auteur, ou disons le sim­ple­ment, deux personnes…

    Les avis des lec­teurs sont pré­cieux. Per­son­nel­le­ment, je les archive. Enfin, lorsque j’ai une trace écrite, ce qui n’est pas encore le cas. Avis aux sur­feurs et lec­teurs de passage. :-)

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  • 10 juin 2012 à 12 h 43 min
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    Étant à la fois auteur, blo­gueur et chro­ni­queur lit­té­raire, je pense qu’un livre appar­tient autant à son auteur qu’à son lec­teur. L’un a certes fait l’effort de l’écrire mais l’autre a fait l’effort de le lire. Au nom de la liberté d’expression il a le droit de dire et d’écrire ce qu’il en pense. Si de sur­croit on lui donne le livre dans ce but c’est une pure folie que de ne pas être d’accord avec sa vision des choses. Mieux vaut dans ce cas-là tenir un jour­nal intime qui ne sera lu par personne…

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