Il existe un mythe qui consiste à croire qu’un auteur qui va vers l’autopublication est un auteur raté, dont les textes furent refu­sés de par­tout, et qui échoue lamen­ta­ble­ment dans le Vanity publi­shing (la publi­ca­tion de vanité : terme qui désigne les gens qui s’autopublient juste pour voir leur nom sur une cou­ver­ture de bouquin)

Si cela fut long­temps le cas, il faut dès à pré­sent en finir avec cette idée : autre­fois, la publi­ca­tion d’un livre récla­mait d’avoir de l’argent. Aussi seuls les édi­teurs et les gens réel­le­ment moti­vés (plus par l’idée d’être publié et le miroir d’être célèbre/riche/reconnu) se payaient cette fan­tai­sie. On payait pour être publié, ce qui signi­fiait qu’on avait les moyens, donc comme pour un por­trait qu’on se fait faire chez un peintre de quar­tier (ça existe encore mais faut les trou­ver), cela rele­vait effec­ti­ve­ment de la vanité.
Bien des auteurs et des textes de qua­lité n’ont cer­tai­ne­ment jamais été publiés ni ren­dus public à cause de cette bar­rière financière.

De nos jours, le numé­rique change la donne : tout est gra­tuit ou presque. Publier en ebook, publier en impres­sion à la demande, cela n’est plus une ques­tion d’argent ou de vanité.

Aussi, il faut en finir avec l’idée que l’autopublication est une ques­tion d’auteurs ratés. De plus en plus d’auteurs édi­tés, publiés, fran­chissent le pas de l’autopublication, le plus sou­vent numé­rique (leurs textes étant sou­vent tou­jours sou­mis à des contrats d’éditions pour leurs ver­sions papiers). Pour­quoi ? Parce qu’ils se rendent compte qu’ils gagne­raient plus à se pas­ser d’éditeur pour ces textes (JK.Rowling est auto­pu­bliée en numé­rique pour citer un exemple célèbre)

Je ne sais plus où je l’ai lu (je me fais vieille, dites donc, j’oublie de book­mar­quer les articles que je lis) qu’il fal­lait arrê­ter de dis­tin­guer auto­pu­bli­ca­tion et publi­ca­tion car cela éta­blis­sait des degrés dans la tête du lec­teur (de qua­lité, d’idées reçues, etc.)

Un roman est publié. Que l’auteur le publie seul ou avec l’aide d’un édi­teur, c’est un roman publié. Ca fait d’ailleurs un moment que j’ai arrêté de dire que je m’autopubliais, me ren­dant compte que dès que j’évoquais le terme “auto” les gens me regar­daient alors avec des yeux condes­cen­dants et un petit sou­rire en coin.
Juste parce que je me colle une image d’auteur ratée, et je me la colle toute seule d’ailleurs ! J’ai beau dire que j’ai vendu plu­sieurs mil­liers de livres (sans comp­ter les gra­tuits évi­dem­ment), je suis un cran en des­sous d’un auteur publié qui aurait vendu une petite cen­taine de ses livres grâce à un édi­teur (un bon suc­cès déjà)

Atten­tion, je ne renie pas l’autopublication ! Je ne m’en cache pas non plus, je m’autopublie et conti­nue­rai de le faire (atten­tion, ici petit encart tea­sing : Nau­frage sor­tira d’ici quelques jours, res­tez à l’écoute !), je conti­nue­rai de mili­ter à ma petite échelle pour qu’écrire soit reconnu comme un vrai métier, que les auteurs se prennent en charge au lieu de s’abandonner dans une lan­gueur d’artiste aux bras des édi­teurs (et râler qu’ils ne vendent rien ou qu’ils sont mal trai­tés ou que c’est un scan­dale d’être si peu payé et si tard pour l’ouvrage monu­men­tal de leur vie…)
Je conti­nue­rai aussi d’encourager les gens à écrire, à s’autopublier et à par­ler de l’autopublication.

Mais je veux qu’on arrête de me stig­ma­ti­ser comme un auteur à part, celle qui est auto­pu­bliée comme si j’avais la peste ou l’air d’une gen­tille inno­cente un peu rêveuse  (comme d’autres diraient “Celui dont on ne doit pas dire le nom”)

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22 avis sur “En finir avec l’autopublication

  • 6 juin 2012 à 9 h 27 min
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    Petite ques­tion : Quel site recommandes-tu pour l’autopublication ?
    J’avoue être assez fati­guée aussi de voir les cri­tiques néga­tives autou de ce sys­tème. J’ai une amie qui tra­vaille dans l’édition et on a un peu ten­dance à se battre sur ce sujet… :-(
    Bravo pour ton article et tes publications.

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    • 6 juin 2012 à 11 h 03 min
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      Je ne recom­mande aucun site en par­ti­cu­lier car l’autopublication n’est pas une for­mule “tout en un” (si c’était si simple, les sites ne fleu­ri­raient pas par dizaines pour vous “sim­pli­fier” l’autopublication moyen­nant finance)
      Ça dépend du genre de texte, du public visé, du sup­port (numérique/papier), des ambi­tions aussi. L’autopublication, c’est faire tout le tra­vail d’une mai­son d’éditions en plus de son tra­vail d’auteur, ça doit donc être “à la carte” car aucune for­mule toute faite ne peut fonc­tion­ner à tous les coups.

      Mais je peux conseiller :
      – pour l’écriture : des sites/forums d’écrivains en herbe pour s’automotiver, s’encourager et se sou­te­nir (yen a des tas à toi de trou­ver celui qui te convient)
      – pour la révi­sion : des forums de bêta-lecture (en géné­ral en lien avec les forums d’écrivains) pour avoir un pre­mier avis et des conseils de réécri­ture
      – pour la cor­rec­tion : les mêmes sites et aussi des sites de cor­rec­teurs béné­voles (en plus des cor­rec­teurs auto­ma­tiques)
      – pour la mise en forme : les pla­te­formes d’autopublication donnent en géné­ral les lignes à suivre pour obte­nir un bon fichier (papier ou numé­rique)
      – pour la publi­ca­tion : les impri­meurs à la demande, les pla­te­formes numé­riques d’autopublication (atten­tion : ne prendre que les “gra­tuites” qui se rému­nèrent uni­que­ment par un pour­cen­tage sur les ventes)
      – pour la publi­cité : ton propre site, twit­ter, face­book, etc.

      Répondre
  • 6 juin 2012 à 12 h 06 min
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    Merci pour ce billet tout enfi­nesse et en intel­li­gence !
    Quid de la pro­tec­tion d’une oeuvre lit­té­raire et/ou artis­tique ? J’ai des contacts avec des édi­teurs mais “hésite” à leur com­mu­ni­quer mes tra­vaux avant de réus­sir à les pro­té­ger… Et en auto­pu­bli­ca­tion, sur cer­tains sites, je vois que les droits d’auteur ne sont pas garan­tis. Tout est très opaque. Seule l’INPI a pu un peu m’aider… Merci pour tes recom­man­da­tions et beau che­min à toi.

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    • 6 juin 2012 à 15 h 44 min
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      Le droit d’auteur est acquis à par­tir du moment où l’on crée et rend publique cette oeuvre (n’importe quelle oeuvre), c’est comme ça pas besoin de faire d’autre démarche que de publier l’oeuvre.
      Après s’il s’agit de ne pas “se faire voler” ses oeuvres, c’est un autre débat. Beau­coup de sites jouent sur cette peur en ven­dant un ser­vice (très cher) de soit-disant pro­tec­tion. Le nombre d’oeuvres qui se font “voler” (ou pla­gier) sont extrê­me­ment rares et ce sont tou­jours des oeuvres publiées et donc sous pro­tec­tion du droit d’auteur (avec en plus dépot légal et tout le tou­tim…)
      Les édi­teurs ne volent jamais les oeuvres qu’ils reçoivent : parce qu’ils ne font pas leur beurre sur un seul livre d’un auteur inconnu. S’ils misent sur un auteur, c’est en espé­rant que sur le nombre de livres publiés par ce der­nier, ils arri­ve­ront à faire leur compte : on ne vend jamais le pre­mier livre, on vend tou­jours le sui­vant !
      De plus, il faut que l’oeuvre vaille vrai­ment le coup d’être voler (et ris­quer un pro­cès) donc si l’auteur est capable de faire un texte de ce niveau, autant ne pas se mettre l’auteur à dos puisque c’est sur le livre sui­vant qu’ils ren­ta­bi­li­se­ront (et que si on a volé le pre­mier, pas de risque que l’auteur se fasse avoir une seconde fois…) Sans par­ler de la mau­vaise publi­cité que cela leurs ferait…

      La seule véri­table arme contre le vol de texte, c’est la publi­ca­tion et la média­ti­sa­tion du texte : plus de gens le liront, plus il sera connu et moins le voleur hypo­thé­tique pas­sera inaperçu.

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  • 6 juin 2012 à 12 h 26 min
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    Bravo pour ton cou­rage. Pas facile à affir­mer et tant d’auteur déçus en atten­dant un retour qui ne vient pas de la part des éditeurs…

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  • 6 juin 2012 à 15 h 42 min
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    Pour moi le « auto » dans « auto-publication » (ou « auto-édition ») est le même que celui dans « auto-gestion », « auto­no­mie », etc. Dans mon milieu, c’est quelque chose de très valo­risé, cette idée de ne s’en remettre à per­sonne pour les choses qui nous concernent.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord, cepen­dant, quand tu opposes le fait de payer pour être publié, et la gra­tuité des tech­no­lo­gies numé­riques. Cela va dans le même sens que l’idée que les édi­teurs ne paient rien pour publier en numé­rique, et qu’ils se font du coup for­cé­ment une marge de fou… (Ce qui est très, très faux.)

    Qu’on le fasse soi-même ou via un édi­teur, l’édition ne se limite pas à l’impression et au trans­port d’une mar­chan­dise phy­sique (les seuls coûts qui sont sup­pri­més dans le numé­rique). Beau­coup d’auteurs auto-publiés inves­tissent ainsi des cen­taines de dol­lars dans chaque publi­ca­tion, non par vanité (!), mais parce qu’il n’y a aucune rai­son pour que le tra­vail qui doit être effec­tué en vue de la publi­ca­tion d’un livre soit béné­vole pour les auto-publiés, et payant uni­que­ment pour les éditeurs.

    Per­son­nel­le­ment j’ai un gros pro­blème éthique vis-à-vis du béné­vo­lat, lorsque ce tra­vail est effec­tué dans une démarche para­doxa­le­ment com­mer­ciale (c’est-à-dire, de vente). Je pense que le béné­vo­lat devrait être can­tonné au gra­tuit ; dès qu’il y a de l’argent impli­qué, il faut rémunérer.

    Répondre
    • 6 juin 2012 à 16 h 09 min
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      J’ai bien pré­cisé “ou presque” ;)
      Effec­ti­ve­ment un édi­teur a des frais supé­rieurs à un auteur : une équipe, des cor­rec­teurs pros, des gra­phistes, des enco­deurs, des charges sociales…

      Le prin­cipe de béné­vo­lat ne me dérange pas : les gens savent dès le départ que l’auteur n’a pas les moyens d’une mai­son d’éditions, qu’il ne rému­né­rera qu’avec de la gra­ti­tude. Le prin­cipe de l’échange c’est que tout le monde soit content : si les béné­voles sont ravis d’aider et que l’auteur est satis­fait du tra­vail fourni, ça roule.
      Le béné­vo­lat n’est plus de mise quand l’auteur exige plus que ce que les béné­voles sont prêts à don­ner. Vu que je fri­cote pas mal avec l’open source et les licences libres, je n’ai aucun mal avec la “gra­tuité” (c’est un faux gra­tuit : on rému­nère autre­ment qu’avec de l’argent, c’est tout)

      Ensuite, la situa­tion que je décris est bel et bien fran­çaise. La men­ta­lité est telle que les self-made (wo)men ici, c’est pas tou­jours très bien vu…

      Répondre
  • 6 juin 2012 à 15 h 48 min
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    Je suis entiè­re­ment d’accord avec toi sur le fond, auto­pu­blié ne veut abso­lu­ment pas dire raté, et on trouve beau­coup de bonnes choses parmi les textes auto­pu­bliés.
    Mal­heu­reu­se­ment, l’accessibilité récem­ment gagnée grâce au net entraine un cer­tain effet per­vers: le bon se retrouve noyé dans la masse du mau­vais.
    On entend sou­vent qu’en tout lec­teur un auteur som­meille… cet auteur désor­mais s’éveille beau­coup plus faci­le­ment, moins décou­ragé par l’ancienne néces­sité de fran­chir la barre de l’éditeur pour atteindre un lec­to­rat.
    Et cette nou­velle faci­lité (de façade j’en conviens, il n’est pas aussi aisé qu’il y paraît de bâtir une com­mu­ni­ca­tion effi­cace. Mais pour beau­coup, c’est l’impression qui compte, la réa­lité ne vien­dra que plus tard remettre les pen­dules à l’heure) amène à se dire “en fai­sant comme ça, j’arriverai bien à…”, “et puis après tout écrire ce n’est pas si dur, pas si exi­geant”, “mes amis m’ont dit que c’était bien mon texte!”.
    Résul­tat des courses ? Une flo­pée de “textes”, “nou­velles”, “livres” n’ayant par­fois qu’un rap­port loin­tain avec la langue fran­çaise, qui vous est bom­bar­dée sur les réseaux sociaux, sou­vent par des pseu­do­nymes com­po­sés à par­tir des mots “auteur” ou “écri­vain”.
    Les mai­sons d’éditions (et les infor­tu­nés amis) étaient les seuls à devoir se far­cir ces manus­crits et leurs auteurs, désor­mais, ayez le mal­heur d’inscrire quelque part que la lit­té­ra­ture vous inté­resse et vous en êtes sub­mergé. Alors bon, au début on est gen­til, on prend un peu de temps pour regar­der, faire quelques cri­tiques à ceux qui semblent ouverts… (parce que “tra­vaille la tech­nique une bonne année, documente-toi, carac­té­rise, exerce-toi sur les points de vue, apprends les bases, etc.” tout le monde ne l’encaisse pas bien ^^’ ), on fait un peu de cor­rec­tion par gen­tillesse, puis on com­mence à en avoir ras-le-bol des abus et des atten­tion whores… et on ignore en bloc.
    Le souci majeur ? Ces auteurs (que je ne qua­li­fie­rai pas de ratés, mais de grands débu­tants avec un ego trop gros et aucun recul sur leur pro­duc­tion) sont main­te­nant tel­le­ment nom­breux qu’ils repré­sentent bien sou­vent, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, le pre­mier contact du public avec les auteurs auto­pu­bliés… Aussi “auto­pu­bli­ca­tion” acquiert les conno­ta­tions de “mau­vaise qua­lité” et “d’auteurs lourds”…
    Pour trou­ver les pépites, il faut se retrous­ser les manches, écu­mer le net, lire de nom­breux extraits, for­mer des com­mu­nau­tés avec d’autres lec­teurs aven­tu­reux, trou­ver des blogs de chro­ni­queurs dont les goûts sont simi­laires aux siens qui pour­ront faire connaître des ouvrages, et ainsi se consti­tuer petit à petit une liste d’auteurs dont on appré­cie le tra­vail… Mine de rien, cela demande des efforts, dans un monde où une vie ne suf­fi­rait déjà pas à lire l’ensemble de la pro­duc­tion publiée sur quelques années.
    Aussi le grand public se tourne d’autant plus volon­tiers vers l’édition, qu’il va asso­cier à “trié, revu, cor­rigé et for­cé­ment de meilleure qua­lité”.
    La véri­table valeur ajou­tée de l’intermédiaire, c’est la répu­ta­tion de cet inter­mé­diaire qui joue pour l’auteur. Là où en auto­pu­bli­ca­tion chaque auteur doit atteindre ses lec­teurs par une rela­tion qua­si­ment d’individu à indi­vidu, l’édition sert de “label” glo­bal à ses “pou­lains”.
    À l’ère du numé­rique, c’est sur ce point que les libraires ont com­mis la plus grosse erreur en per­dant le rôle du “conseiller en lec­ture” pour celui de “VRP du livre”. Le conseiller, s’il fait bien sa répu­ta­tion auprès des clients, devient indis­pen­sable, le ven­deur est pour sa part inter­chan­geable. Mais je m’égare ^^‘
    Tout ça pour dire tout bête­ment que le mau­vais ratio signal/bruit de l’autopublication lui donne sa mau­vaise répu­ta­tion, et qu’il n’y a pas grand chose à faire contre ça.

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    • 6 juin 2012 à 16 h 16 min
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      Oui, jus­te­ment beau­coup d’auteurs s’autopublient et en sont fiers et défendent l’autopublication (la glo­ri­fie même exa­gé­ré­ment) en s’affirmant auto­pu­blié, autoé­dité, etc. D’où l’idée d’arrêter de par­ler d’autopublication (il fau­drait plu­tôt par­ler d’édition et d’autoédition — et se ren­sei­gner sur la manière dont l’auteur retra­vaille son texte… l’autoédition est tou­jours très mau­vaise, il faut un regard exté­rieur sur le texte)

      Comme par­tout : il y a les gens qui prennent leur tra­vail au sérieux et veulent offrir de la qua­lité, et ceux qui pensent faire un truc assez bon pour être vendu mais ne cherchent pas à s’améliorer (ou sont tota­le­ment aveugles et ne connaissent pas l’autocritique…)

      Je m’étonne que TheS­FRea­der n’est pas posté de com­men­taire d’ailleurs, lui qui ne ces­sait de me répé­ter qu’au final, seul la crème flot­tera dans cet océan de m… (la faci­lité de publi­ca­tion est effec­ti­ve­ment une qua­lité et un défaut ;) )

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      • 6 juin 2012 à 19 h 57 min
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        Ah, mais j’étais en embus­cade (en fait coincé sous une mon­tagne de boulot) !

        Oui,je répète, per­siste, et signe, la crème va remon­ter. Mais oui, ça peut être effort de recherche, comme le dit Fenn­Na­ten. Après, Je prends le temps de cette recherche, et trouve par­fois (d’ailleurs plu­tôt en retard par rap­port à d’autres) quelques pépites. Et si d’autres ne peuvent prendre ce temps, effec­ti­ve­ment, il faut qu’ils trouvent un bon “sug­ge­reur” (place qui aupa­ra­vant était rem­plie par le libraire et/ou l’éditeur (ou plu­tôt un “sug­ge­reur” cor­res­pon­dant à leurs goûts et besoins).

        Une fois ce réseau trouvé, il est évident que les “bons” livres remon­te­ront à por­tée de ce réseau pour remon­ter au lec­teur, et que ces livres soient auto-publiés ou non.

        Par contre, oui, le rap­port signal/bruit peut-être faible, mais les lec­teurs ont heu­reu­se­ment plu­sieurs moyens de fil­trer : qua­lité de la cou­ver­ture, du 4eme de couv, des extraits etc. Bref, ce qu’il fait habi­tuel­le­ment en librairie !

        Bien sûr, cer­tains font des pro­duits creux (voire mau­vais) et pour­tant com­mer­cia­le­ment bien pré­sen­tés, mais ceux là sont vite repé­rés par les autres lec­teurs et signa­lés comme tels dans les comentaires !

        Je ne dis pas qu’on est à l’abris d’une mau­vaise sur­prise, mais a moins on n’est plus à l’abri d’une (très) bonne !

        Allez, une petite com­pa­rai­son pour la route : lire auto-publié, c’est prendre le risque d’aller dans un res­tau ne fai­sant pas par­tie d’une grande chaine (MacDo, Cle­ment, etc.)…

        Allez, et pour finir ce com­men­taire qui n’en finit plus, une tra­duc­tion (impar­faite) d’un com­men­taire vu ailleurs :

        Ques­tion de BigAl : “Que croyez vous que les auteurs indé­pen­dants ont à offrir aux lec­teurs de plus que les auteurs publiés traditionnellement ?”

        Réponse de Donna Fasano: “
        Par­lons crayons. Les 6 Gros (ndt: Big 6, réfé­rence aux 6 grands groupes d’éditions tra­di­tion­nels US) rouge, orange, jaune, vert, bleu, vio­let, sont des cou­leurs par­faites pour des­si­ner cet arc-en-ciel, au pied duquel on trouve, dit-on, le chau­dron rem­pli d’or. L’objectif des 6 Gros, c’est cet or, alors ils en res­tent aux cou­leurs prin­ci­pales et bien connues.

        Les auteurs indé­pen­dants sont pour leur part comme ces boites de 120 crayons, plus la boite de fluos, et celle avec les paillettes, et les métal­li­sées, et les aqua­relles, sans oublier les feutres des plus gras aux plus sub­tils. Les auteurs indés offrent une variété bien plus large quand aux cou­leurs. Bien sûr, tout le monde n’apprécie pas toutes les teintes, et cer­tains crayons valent moins que rien du fait d’un mau­vais contrôle qua­li­tés (qui inclue tout, du talent, à la relec­ture, au for­ma­tage), MAIS si les lec­teurs sont prêts à prendre un léger risque, plu­tôt que voir tou­jours le même (même si très beau) arc-en ciel, ils peuvent choi­sir parmi une gigan­tesque palette cha­toyante et iridescente ^^ .

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  • 6 juin 2012 à 16 h 43 min
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    Bon­jour,

    Votre article sur l’autopublication est très per­ti­nent, nous avons nous même par­tagé un billet sur le sujet ainsi que sur le futur pos­sible du livre papier (http://blookupme.com/2012/06/05/tourner-la-page-attends-mais-tes-completement-has-been/).

    Aux États-Unis une auteur a même eu l’idée géniale de créer une com­mu­nauté lit­té­raire Online (http://blookupme.com/2012/04/20/nouveau-phenomene-vu-aux-etats-unis-writers-bloq-ou-la-creation-dune-communaute-litteraire-online/). Le concept est né du aux dif­fi­cul­tés des auteurs à entrer dans une mai­son d’édition.

    Selon vous, le blo­gueur est-il/doit-il aujourd’hui être consi­déré comme auteur ?

    Répondre
    • 6 juin 2012 à 16 h 52 min
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      Pour répondre à cette ques­tion, je vous conseille d’aller lire mon billet inti­tulé Auteur ou écri­vain ? ou le débat a été très vif (mais pas for­cé­ment cen­tré sur le blo­gueur) et vous y ver­rez que pour moi, un blo­gueur est obli­ga­toi­re­ment un auteur (mais pas for­cé­ment un écri­vain ;) )

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  • 6 juin 2012 à 17 h 12 min
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    En effet le débat a l’air d’y avoir été animé ;-) , je vais de ce pas lire votre billet (et les commentaires).

    Nous déve­lop­pons actuel­le­ment une pla­te­forme de créa­tions de livres de blog : Blookup.com. Afin de per­mettre aux blo­gueurs de gar­der une trace et de par­ta­ger leurs écrits digi­tales, seriez-vous inté­ressé pour créer le livre de votre blog PAUMADOU (on vous l’offre bien évi­dem­ment) afin que vous nous don­niez votre avis et vos retours sur notre pla­te­forme actuelle.

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  • 6 juin 2012 à 17 h 15 min
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    Merci pour ce brillant article, qui m’éclaire sur bon nombre de choses ! Je viens éga­le­ment de décou­vrir le sys­tème d’édition à la demande, et je trouve le concept assez inté­rés­sant. Je suis par­ta­gée sur le sujet. Les choses sont en train de chan­ger sur l’édition c’est cer­tain…
    Mais cela donne une chance aux auteurs d’éditer au moins leur oeuvre…

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  • 29 juin 2012 à 18 h 02 min
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    Eh oui, les idées reçues sont tenaces. Pour ma part, auto-édité éga­le­ment (euh… édité !), je me heurte aux libraires qui, soit, répondent d’emblée “ah non, mon­sieur, nous ne fai­sons pas d’autoédition ici !” (on a envie de dire “ah bon ? parce que vous pen­sez que c’est de la m… et que tous les livres que vous ven­dez sont des chefs d’œuvre ?!”), soit, jouent les pro­lon­ga­tions en disant qu’ils n’ont pas eu le temps de lire l’exemplaire com­mer­cial.
    Der­niè­re­ment, pire que tout, j’ai appris de la bouche du client lui-même qu’une librai­rie lui avait vendu mon exem­plaire com­mer­cial, l’air de rien. Evi­dem­ment, cela s’est fait dans mon dos et sans le moindre scru­pule !!! 100% de com­mis­sion sur un ouvrage vendu, ça se passe de tout com­men­taire, n’est-ce pas ?!
    Les auto-édités, c’est la honte ? N’inversons pas for­cé­ment les rôles ! Il est cer­tain que cer­tains livres devraient nicher au fond d’une cor­beille, mais la vraie honte est du côté les libraires ! Pour qui se prennent-ils ? Pour des édi­teurs ? Pour des pro­fes­sion­nels de l’écriture ? Pour une race supé­rieure qui détien­drait la vérité ?
    Remet­tons les choses à leur place : leur rôle est de vendre des livres et de les faire connaître aux lec­teurs ! S’ils n’ont plus ni la curio­sité d’ouvrir un livre avant de le juger, ni l’envie d’aider de nou­veaux auteurs qui sortent des sen­tiers bat­tus, alors qu’ils changent de métier !
    A un moment donné, j’ai baissé les bras et arrêté de vou­loir cher­cher des par­te­naires libraires (ce qui ne m’a pas empê­ché de conti­nuer à écou­ler mon stock rien que par le bouche-à-oreille), mais des lec­teurs m’ont sonné les cloches : quand on ne veut plus se battre pour soi, alors il faut le faire pour ceux qui mani­fes­taient leur sou­tien dès le début.
    Après tout, c’est vrai. Un autoé­dité méprisé, c’est tout son lec­to­rat qui est visé.

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  • 11 juillet 2012 à 20 h 30 min
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    Bon­jour,
    Merci pour cet article et pour le coup de gueule que j’ai aussi lu. J’ai auto­pu­blié un livre de poèmes, je fignole mon roman pour faire de même. J’ai pas mal de textes à publier, et après des essais vers les édi­teurs, et bien que mon manus­crit ait été accepté, je res­te­rai dans l’autoédition car les tarifs sont pro­hi­bi­tifs et le suc­cès rare. Bravo à vous d’avoir atteint le podium ! Sur Ama­zon, ils refusent de vendre mon livre qui est dans le cata­logue si je n’abonde pas un stock. Est-ce nor­mal ? Fran­che­ment je trouve ça ignoble et j’ai laissé tom­ber.
    Le monde de l’écriture est opaque et moi je suis un peu ermite et pas douée pour me vendre, mais ce n’est pas grave.Je conti­nue­rai d’écrire avec plai­sir.
    Bonne chance pour votre pour­suite vers le haut, les gagnants se font un jour déboulonner !

    Eve Zibe­lyne

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    • 11 juillet 2012 à 22 h 11 min
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      Pour ama­zon (je sup­pose qu’il s’agit d’un livre papier), il faut effec­ti­ve­ment avoir du stock (soit chez Ama­zon, soit chez soi-même puisqu’il est pos­sible de vendre via ama­zon à condi­tion que le livre soit dans la base de don­nées d’amazon) pour pou­voir le vendre puisque Ama­zon joue sur la rapi­dité de livrai­son. Par prin­cipe, Ama­zon ne peut pas vendre ce qu’il n’a pas en stock ou n’a pas la pos­si­bi­lité de com­man­der facilement/rapidement (via Dili­com, le sys­tème de cen­tra­li­sa­tion des com­mandes des libraires qui est un ser­vice rela­ti­ve­ment fermé aux autoédités)

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  • 20 février 2013 à 19 h 43 min
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    Pau­line, vous prê­chez pour votre paroisse et vous avez rai­son. Dans l’auto-publication, il y a aussi des choses moyennes mais sur des sites comme Ama­zon, la nota­tion d’un auteur, donne une indi­ca­tion quant à la qua­lité per­çue des écrits. Cela ouvre des portes qui res­taient déses­pé­ré­ment fer­mées. De grandes mai­sons d’éditions publient des livres très moyens en fonc­tion de la polu­la­rité de son auteur. Un bou­quin de Julien Lepers fait vendre et sera édité chez Gal­li­mard par exemple par­ceque Pierre est l’ami de Juju! Au moins, nous avons une petite chance d’être repé­rés et sur­tout lus. Le but, mon but, c’est d’avoir des lec­teurs. l’argent, peut être un peu, plus tard.

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  • 29 mars 2013 à 13 h 56 min
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    Bon­jour,

    Effec­ti­ve­ment, l’auto-publication peut aussi être une affaire de choix.

    J’apprécie par­ti­cu­liè­re­ment la flexi­bi­lité qu’elle apporte, et s’il est encore dif­fi­cile d’en vivre en fran­co­phone, c’est tout aussi vrai pour les auteurs publiés…

    Et si je prends l’exemple d’Amazon, 70% de rede­vance sur 3 euros est tou­jours plus que 8% sur 20 euros.

    Je pense que c’est un phé­no­mène iné­luc­table et que nous ver­rons de plus en plus d’auteurs “ban­kables” qui y vien­dront, fati­gués d’être tondus.

    Sébas­tien CERISE

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