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Du côté du blog

Mercredi 06 juin 2012

En finir avec l’autopublication

Il existe un mythe qui con­siste à croire qu’un auteur qui va vers l’autopublication est un auteur raté, dont les textes furent refusés de partout, et qui échoue lam­en­ta­ble­ment dans le Van­ity pub­lish­ing (la pub­li­ca­tion de van­ité : terme qui désigne les gens qui s’autopublient juste pour voir leur nom sur une cou­ver­ture de bouquin)

Si cela fut longtemps le cas, il faut dès à présent en finir avec cette idée : autre­fois, la pub­li­ca­tion d’un livre récla­mait d’avoir de l’argent. Aussi seuls les édi­teurs et les gens réelle­ment motivés (plus par l’idée d’être pub­lié et le miroir d’être célèbre/riche/reconnu) se payaient cette fan­taisie. On payait pour être pub­lié, ce qui sig­nifi­ait qu’on avait les moyens, donc comme pour un por­trait qu’on se fait faire chez un pein­tre de quartier (ça existe encore mais faut les trou­ver), cela rel­e­vait effec­tive­ment de la van­ité.
Bien des auteurs et des textes de qual­ité n’ont cer­taine­ment jamais été pub­liés ni ren­dus pub­lic à cause de cette bar­rière financière.

De nos jours, le numérique change la donne : tout est gra­tuit ou presque. Pub­lier en ebook, pub­lier en impres­sion à la demande, cela n’est plus une ques­tion d’argent ou de vanité.

Aussi, il faut en finir avec l’idée que l’autopublication est une ques­tion d’auteurs ratés. De plus en plus d’auteurs édités, pub­liés, fran­chissent le pas de l’autopublication, le plus sou­vent numérique (leurs textes étant sou­vent tou­jours soumis à des con­trats d’éditions pour leurs ver­sions papiers). Pourquoi ? Parce qu’ils se ren­dent compte qu’ils gag­n­eraient plus à se passer d’éditeur pour ces textes (JK.Rowling est autop­ub­liée en numérique pour citer un exem­ple célèbre)

Je ne sais plus où je l’ai lu (je me fais vieille, dites donc, j’oublie de book­mar­quer les arti­cles que je lis) qu’il fal­lait arrêter de dis­tinguer autop­ub­li­ca­tion et pub­li­ca­tion car cela étab­lis­sait des degrés dans la tête du lecteur (de qual­ité, d’idées reçues, etc.)

Un roman est pub­lié. Que l’auteur le pub­lie seul ou avec l’aide d’un édi­teur, c’est un roman pub­lié. Ca fait d’ailleurs un moment que j’ai arrêté de dire que je m’autopubliais, me ren­dant compte que dès que j’évoquais le terme “auto” les gens me regar­daient alors avec des yeux con­de­scen­dants et un petit sourire en coin.
Juste parce que je me colle une image d’auteur ratée, et je me la colle toute seule d’ailleurs ! J’ai beau dire que j’ai vendu plusieurs mil­liers de livres (sans compter les gra­tu­its évidem­ment), je suis un cran en dessous d’un auteur pub­lié qui aurait vendu une petite cen­taine de ses livres grâce à un édi­teur (un bon suc­cès déjà)

Atten­tion, je ne renie pas l’autopublication ! Je ne m’en cache pas non plus, je m’autopublie et con­tin­uerai de le faire (atten­tion, ici petit encart teas­ing : Naufrage sor­tira d’ici quelques jours, restez à l’écoute !), je con­tin­uerai de militer à ma petite échelle pour qu’écrire soit reconnu comme un vrai métier, que les auteurs se pren­nent en charge au lieu de s’abandonner dans une langueur d’artiste aux bras des édi­teurs (et râler qu’ils ne vendent rien ou qu’ils sont mal traités ou que c’est un scan­dale d’être si peu payé et si tard pour l’ouvrage mon­u­men­tal de leur vie…)
Je con­tin­uerai aussi d’encourager les gens à écrire, à s’autopublier et à par­ler de l’autopublication.

Mais je veux qu’on arrête de me stig­ma­tiser comme un auteur à part, celle qui est autop­ub­liée comme si j’avais la peste ou l’air d’une gen­tille inno­cente un peu rêveuse  (comme d’autres diraient “Celui dont on ne doit pas dire le nom”)

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22 Commentaires

  1. Emi Dreams Up dit :

    Petite ques­tion : Quel site recommandes-tu pour l’autopublication ?
    J’avoue être assez fatiguée aussi de voir les cri­tiques néga­tives autou de ce sys­tème. J’ai une amie qui tra­vaille dans l’édition et on a un peu ten­dance à se bat­tre sur ce sujet… :-(
    Bravo pour ton arti­cle et tes publications.

  2. Paumadou dit :

    Je ne recom­mande aucun site en par­ti­c­ulier car l’autopublication n’est pas une for­mule “tout en un” (si c’était si sim­ple, les sites ne fleuri­raient pas par dizaines pour vous “sim­pli­fier” l’autopublication moyen­nant finance)
    Ça dépend du genre de texte, du pub­lic visé, du sup­port (numérique/papier), des ambi­tions aussi. L’autopublication, c’est faire tout le tra­vail d’une mai­son d’éditions en plus de son tra­vail d’auteur, ça doit donc être “à la carte” car aucune for­mule toute faite ne peut fonc­tion­ner à tous les coups.

    Mais je peux con­seiller :
    – pour l’écriture : des sites/forums d’écrivains en herbe pour s’automotiver, s’encourager et se soutenir (yen a des tas à toi de trou­ver celui qui te con­vient)
    – pour la révi­sion : des forums de bêta-lecture (en général en lien avec les forums d’écrivains) pour avoir un pre­mier avis et des con­seils de réécri­t­ure
    – pour la cor­rec­tion : les mêmes sites et aussi des sites de cor­recteurs bénév­oles (en plus des cor­recteurs automa­tiques)
    – pour la mise en forme : les plate­formes d’autopublication don­nent en général les lignes à suivre pour obtenir un bon fichier (papier ou numérique)
    – pour la pub­li­ca­tion : les imprimeurs à la demande, les plate­formes numériques d’autopublication (atten­tion : ne pren­dre que les “gra­tu­ites” qui se rémunèrent unique­ment par un pour­cent­age sur les ventes)
    – pour la pub­lic­ité : ton pro­pre site, twit­ter, face­book, etc.

  3. Coqueliflo dit :

    Merci pour ce bil­let tout enfi­nesse et en intel­li­gence !
    Quid de la pro­tec­tion d’une oeu­vre lit­téraire et/ou artis­tique ? J’ai des con­tacts avec des édi­teurs mais “hésite” à leur com­mu­ni­quer mes travaux avant de réus­sir à les pro­téger… Et en autop­ub­li­ca­tion, sur cer­tains sites, je vois que les droits d’auteur ne sont pas garan­tis. Tout est très opaque. Seule l’INPI a pu un peu m’aider… Merci pour tes recom­man­da­tions et beau chemin à toi.

  4. Bravo pour ton courage. Pas facile à affirmer et tant d’auteur déçus en atten­dant un retour qui ne vient pas de la part des éditeurs…

  5. Aniouchka dit :

    Bravo pour ce bil­let cri­ant de vérité !

  6. Asia Morela dit :

    Pour moi le « auto » dans « auto-publication » (ou « auto-édition ») est le même que celui dans « auto-gestion », « autonomie », etc. Dans mon milieu, c’est quelque chose de très val­orisé, cette idée de ne s’en remet­tre à per­sonne pour les choses qui nous concernent.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord, cepen­dant, quand tu opposes le fait de payer pour être pub­lié, et la gra­tu­ité des tech­nolo­gies numériques. Cela va dans le même sens que l’idée que les édi­teurs ne paient rien pour pub­lier en numérique, et qu’ils se font du coup for­cé­ment une marge de fou… (Ce qui est très, très faux.)

    Qu’on le fasse soi-même ou via un édi­teur, l’édition ne se lim­ite pas à l’impression et au trans­port d’une marchan­dise physique (les seuls coûts qui sont sup­primés dans le numérique). Beau­coup d’auteurs auto-publiés investis­sent ainsi des cen­taines de dol­lars dans chaque pub­li­ca­tion, non par van­ité (!), mais parce qu’il n’y a aucune rai­son pour que le tra­vail qui doit être effec­tué en vue de la pub­li­ca­tion d’un livre soit bénév­ole pour les auto-publiés, et payant unique­ment pour les éditeurs.

    Per­son­nelle­ment j’ai un gros prob­lème éthique vis-à-vis du bénévolat, lorsque ce tra­vail est effec­tué dans une démarche para­doxale­ment com­mer­ciale (c’est-à-dire, de vente). Je pense que le bénévolat devrait être can­tonné au gra­tuit ; dès qu’il y a de l’argent impliqué, il faut rémunérer.

  7. Paumadou dit :

    Le droit d’auteur est acquis à par­tir du moment où l’on crée et rend publique cette oeu­vre (n’importe quelle oeu­vre), c’est comme ça pas besoin de faire d’autre démarche que de pub­lier l’oeuvre.
    Après s’il s’agit de ne pas “se faire voler” ses oeu­vres, c’est un autre débat. Beau­coup de sites jouent sur cette peur en ven­dant un ser­vice (très cher) de soit-disant pro­tec­tion. Le nom­bre d’oeuvres qui se font “voler” (ou plagier) sont extrême­ment rares et ce sont tou­jours des oeu­vres pub­liées et donc sous pro­tec­tion du droit d’auteur (avec en plus dépot légal et tout le toutim…)
    Les édi­teurs ne volent jamais les oeu­vres qu’ils reçoivent : parce qu’ils ne font pas leur beurre sur un seul livre d’un auteur inconnu. S’ils mis­ent sur un auteur, c’est en espérant que sur le nom­bre de livres pub­liés par ce dernier, ils arriveront à faire leur compte : on ne vend jamais le pre­mier livre, on vend tou­jours le suiv­ant !
    De plus, il faut que l’oeuvre vaille vrai­ment le coup d’être voler (et ris­quer un procès) donc si l’auteur est capa­ble de faire un texte de ce niveau, autant ne pas se met­tre l’auteur à dos puisque c’est sur le livre suiv­ant qu’ils rentabilis­eront (et que si on a volé le pre­mier, pas de risque que l’auteur se fasse avoir une sec­onde fois…) Sans par­ler de la mau­vaise pub­lic­ité que cela leurs ferait…

    La seule véri­ta­ble arme con­tre le vol de texte, c’est la pub­li­ca­tion et la médi­ati­sa­tion du texte : plus de gens le liront, plus il sera connu et moins le voleur hypothé­tique passera inaperçu.

  8. FennNaten dit :

    Je suis entière­ment d’accord avec toi sur le fond, autop­ub­lié ne veut absol­u­ment pas dire raté, et on trouve beau­coup de bonnes choses parmi les textes autop­ub­liés.
    Mal­heureuse­ment, l’accessibilité récem­ment gag­née grâce au net entraine un cer­tain effet per­vers: le bon se retrouve noyé dans la masse du mau­vais.
    On entend sou­vent qu’en tout lecteur un auteur som­meille… cet auteur désor­mais s’éveille beau­coup plus facile­ment, moins découragé par l’ancienne néces­sité de franchir la barre de l’éditeur pour attein­dre un lec­torat.
    Et cette nou­velle facil­ité (de façade j’en con­viens, il n’est pas aussi aisé qu’il y paraît de bâtir une com­mu­ni­ca­tion effi­cace. Mais pour beau­coup, c’est l’impression qui compte, la réal­ité ne vien­dra que plus tard remet­tre les pen­d­ules à l’heure) amène à se dire “en faisant comme ça, j’arriverai bien à…”, “et puis après tout écrire ce n’est pas si dur, pas si exigeant”, “mes amis m’ont dit que c’était bien mon texte!”.
    Résul­tat des courses ? Une flopée de “textes”, “nou­velles”, “livres” n’ayant par­fois qu’un rap­port loin­tain avec la langue française, qui vous est bom­bardée sur les réseaux soci­aux, sou­vent par des pseu­do­nymes com­posés à par­tir des mots “auteur” ou “écrivain”.
    Les maisons d’éditions (et les infor­tunés amis) étaient les seuls à devoir se far­cir ces man­u­scrits et leurs auteurs, désor­mais, ayez le mal­heur d’inscrire quelque part que la lit­téra­ture vous intéresse et vous en êtes sub­mergé. Alors bon, au début on est gen­til, on prend un peu de temps pour regarder, faire quelques cri­tiques à ceux qui sem­blent ouverts… (parce que “tra­vaille la tech­nique une bonne année, documente-toi, car­ac­térise, exerce-toi sur les points de vue, apprends les bases, etc.” tout le monde ne l’encaisse pas bien ^^’ ), on fait un peu de cor­rec­tion par gen­til­lesse, puis on com­mence à en avoir ras-le-bol des abus et des atten­tion whores… et on ignore en bloc.
    Le souci majeur ? Ces auteurs (que je ne qual­i­fierai pas de ratés, mais de grands débu­tants avec un ego trop gros et aucun recul sur leur pro­duc­tion) sont main­tenant telle­ment nom­breux qu’ils représen­tent bien sou­vent, par l’intermédiaire des réseaux soci­aux, le pre­mier con­tact du pub­lic avec les auteurs autop­ub­liés… Aussi “autop­ub­li­ca­tion” acquiert les con­no­ta­tions de “mau­vaise qual­ité” et “d’auteurs lourds”…
    Pour trou­ver les pépites, il faut se retrousser les manches, écumer le net, lire de nom­breux extraits, for­mer des com­mu­nautés avec d’autres lecteurs aven­tureux, trou­ver des blogs de chroniqueurs dont les goûts sont sim­i­laires aux siens qui pour­ront faire con­naître des ouvrages, et ainsi se con­stituer petit à petit une liste d’auteurs dont on appré­cie le tra­vail… Mine de rien, cela demande des efforts, dans un monde où une vie ne suf­fi­rait déjà pas à lire l’ensemble de la pro­duc­tion pub­liée sur quelques années.
    Aussi le grand pub­lic se tourne d’autant plus volon­tiers vers l’édition, qu’il va associer à “trié, revu, cor­rigé et for­cé­ment de meilleure qual­ité”.
    La véri­ta­ble valeur ajoutée de l’intermédiaire, c’est la répu­ta­tion de cet inter­mé­di­aire qui joue pour l’auteur. Là où en autop­ub­li­ca­tion chaque auteur doit attein­dre ses lecteurs par une rela­tion qua­si­ment d’individu à indi­vidu, l’édition sert de “label” global à ses “poulains”.
    À l’ère du numérique, c’est sur ce point que les libraires ont com­mis la plus grosse erreur en per­dant le rôle du “con­seiller en lec­ture” pour celui de “VRP du livre”. Le con­seiller, s’il fait bien sa répu­ta­tion auprès des clients, devient indis­pens­able, le vendeur est pour sa part inter­change­able. Mais je m’égare ^^‘
    Tout ça pour dire tout bête­ment que le mau­vais ratio signal/bruit de l’autopublication lui donne sa mau­vaise répu­ta­tion, et qu’il n’y a pas grand chose à faire con­tre ça.

  9. Paumadou dit :

    J’ai bien pré­cisé “ou presque” ;)
    Effec­tive­ment un édi­teur a des frais supérieurs à un auteur : une équipe, des cor­recteurs pros, des graphistes, des encodeurs, des charges sociales…

    Le principe de bénévolat ne me dérange pas : les gens savent dès le départ que l’auteur n’a pas les moyens d’une mai­son d’éditions, qu’il ne rémunér­era qu’avec de la grat­i­tude. Le principe de l’échange c’est que tout le monde soit con­tent : si les bénév­oles sont ravis d’aider et que l’auteur est sat­is­fait du tra­vail fourni, ça roule.
    Le bénévolat n’est plus de mise quand l’auteur exige plus que ce que les bénév­oles sont prêts à don­ner. Vu que je fricote pas mal avec l’open source et les licences libres, je n’ai aucun mal avec la “gra­tu­ité” (c’est un faux gra­tuit : on rémunère autrement qu’avec de l’argent, c’est tout)

    Ensuite, la sit­u­a­tion que je décris est bel et bien française. La men­tal­ité est telle que les self-made (wo)men ici, c’est pas tou­jours très bien vu…

  10. Paumadou dit :

    Oui, juste­ment beau­coup d’auteurs s’autopublient et en sont fiers et défend­ent l’autopublication (la glo­ri­fie même exagéré­ment) en s’affirmant autop­ub­lié, autoédité, etc. D’où l’idée d’arrêter de par­ler d’autopublication (il faudrait plutôt par­ler d’édition et d’autoédition — et se ren­seigner sur la manière dont l’auteur retra­vaille son texte… l’autoédition est tou­jours très mau­vaise, il faut un regard extérieur sur le texte)

    Comme partout : il y a les gens qui pren­nent leur tra­vail au sérieux et veu­lent offrir de la qual­ité, et ceux qui pensent faire un truc assez bon pour être vendu mais ne cherchent pas à s’améliorer (ou sont totale­ment aveu­gles et ne con­nais­sent pas l’autocritique…)

    Je m’étonne que TheS­F­Reader n’est pas posté de com­men­taire d’ailleurs, lui qui ne ces­sait de me répéter qu’au final, seul la crème flot­tera dans cet océan de m… (la facil­ité de pub­li­ca­tion est effec­tive­ment une qual­ité et un défaut ;) )

  11. Blookeur dit :

    Bon­jour,

    Votre arti­cle sur l’autopublication est très per­ti­nent, nous avons nous même partagé un bil­let sur le sujet ainsi que sur le futur pos­si­ble du livre papier (http://blookupme.com/2012/06/05/tourner-la-page-attends-mais-tes-completement-has-been/).

    Aux États-Unis une auteur a même eu l’idée géniale de créer une com­mu­nauté lit­téraire Online (http://blookupme.com/2012/04/20/nouveau-phenomene-vu-aux-etats-unis-writers-bloq-ou-la-creation-dune-communaute-litteraire-online/). Le con­cept est né du aux dif­fi­cultés des auteurs à entrer dans une mai­son d’édition.

    Selon vous, le blogueur est-il/doit-il aujourd’hui être con­sid­éré comme auteur ?

  12. Paumadou dit :

    Pour répon­dre à cette ques­tion, je vous con­seille d’aller lire mon bil­let inti­t­ulé Auteur ou écrivain ? ou le débat a été très vif (mais pas for­cé­ment cen­tré sur le blogueur) et vous y ver­rez que pour moi, un blogueur est oblig­a­toire­ment un auteur (mais pas for­cé­ment un écrivain ;) )

  13. Blookeur dit :

    En effet le débat a l’air d’y avoir été animé ;-) , je vais de ce pas lire votre bil­let (et les commentaires).

    Nous dévelop­pons actuelle­ment une plate­forme de créa­tions de livres de blog : Blookup.com. Afin de per­me­t­tre aux blogueurs de garder une trace et de partager leurs écrits dig­i­tales, seriez-vous intéressé pour créer le livre de votre blog PAUMADOU (on vous l’offre bien évidem­ment) afin que vous nous don­niez votre avis et vos retours sur notre plate­forme actuelle.

  14. FleurDeMenthe dit :

    Merci pour ce bril­lant arti­cle, qui m’éclaire sur bon nom­bre de choses ! Je viens égale­ment de décou­vrir le sys­tème d’édition à la demande, et je trouve le con­cept assez intérés­sant. Je suis partagée sur le sujet. Les choses sont en train de changer sur l’édition c’est cer­tain…
    Mais cela donne une chance aux auteurs d’éditer au moins leur oeuvre…

  15. Emi Dreams Up dit :

    Merci pour toutes ces infos !

  16. TheSFReader dit :

    Ah, mais j’étais en embus­cade (en fait coincé sous une mon­tagne de boulot) !

    Oui,je répète, per­siste, et signe, la crème va remon­ter. Mais oui, ça peut être effort de recherche, comme le dit FennNaten. Après, Je prends le temps de cette recherche, et trouve par­fois (d’ailleurs plutôt en retard par rap­port à d’autres) quelques pépites. Et si d’autres ne peu­vent pren­dre ce temps, effec­tive­ment, il faut qu’ils trou­vent un bon “sug­gereur” (place qui aupar­a­vant était rem­plie par le libraire et/ou l’éditeur (ou plutôt un “sug­gereur” cor­re­spon­dant à leurs goûts et besoins).

    Une fois ce réseau trouvé, il est évi­dent que les “bons” livres remon­teront à portée de ce réseau pour remon­ter au lecteur, et que ces livres soient auto-publiés ou non.

    Par con­tre, oui, le rap­port signal/bruit peut-être faible, mais les lecteurs ont heureuse­ment plusieurs moyens de fil­trer : qual­ité de la cou­ver­ture, du 4eme de couv, des extraits etc. Bref, ce qu’il fait habituelle­ment en librairie !

    Bien sûr, cer­tains font des pro­duits creux (voire mau­vais) et pour­tant com­mer­ciale­ment bien présen­tés, mais ceux là sont vite repérés par les autres lecteurs et sig­nalés comme tels dans les comentaires !

    Je ne dis pas qu’on est à l’abris d’une mau­vaise sur­prise, mais a moins on n’est plus à l’abri d’une (très) bonne !

    Allez, une petite com­para­i­son pour la route : lire auto-publié, c’est pren­dre le risque d’aller dans un restau ne faisant pas par­tie d’une grande chaine (MacDo, Clement, etc.)…

    Allez, et pour finir ce com­men­taire qui n’en finit plus, une tra­duc­tion (impar­faite) d’un com­men­taire vu ailleurs :

    Ques­tion de BigAl : “Que croyez vous que les auteurs indépen­dants ont à offrir aux lecteurs de plus que les auteurs pub­liés traditionnellement ?”

    Réponse de Donna Fasano: “
    Par­lons crayons. Les 6 Gros (ndt: Big 6, référence aux 6 grands groupes d’éditions tra­di­tion­nels US) rouge, orange, jaune, vert, bleu, vio­let, sont des couleurs par­faites pour dessiner cet arc-en-ciel, au pied duquel on trouve, dit-on, le chau­dron rem­pli d’or. L’objectif des 6 Gros, c’est cet or, alors ils en restent aux couleurs prin­ci­pales et bien connues.

    Les auteurs indépen­dants sont pour leur part comme ces boites de 120 crayons, plus la boite de fluos, et celle avec les pail­lettes, et les métallisées, et les aquarelles, sans oublier les feu­tres des plus gras aux plus sub­tils. Les auteurs indés offrent une var­iété bien plus large quand aux couleurs. Bien sûr, tout le monde n’apprécie pas toutes les teintes, et cer­tains crayons valent moins que rien du fait d’un mau­vais con­trôle qual­ités (qui inclue tout, du tal­ent, à la relec­ture, au for­matage), MAIS si les lecteurs sont prêts à pren­dre un léger risque, plutôt que voir tou­jours le même (même si très beau) arc-en ciel, ils peu­vent choisir parmi une gigan­tesque palette cha­toy­ante et iridescente ^^ .

  17. Coqueliflo dit :

    Merci à toi pour toutes ces infos !

  18. bregman dit :

    Eh oui, les idées reçues sont tenaces. Pour ma part, auto-édité égale­ment (euh… édité !), je me heurte aux libraires qui, soit, répon­dent d’emblée “ah non, mon­sieur, nous ne faisons pas d’autoédition ici !” (on a envie de dire “ah bon ? parce que vous pensez que c’est de la m… et que tous les livres que vous vendez sont des chefs d’œuvre ?!”), soit, jouent les pro­lon­ga­tions en dis­ant qu’ils n’ont pas eu le temps de lire l’exemplaire com­mer­cial.
    Dernière­ment, pire que tout, j’ai appris de la bouche du client lui-même qu’une librairie lui avait vendu mon exem­plaire com­mer­cial, l’air de rien. Evidem­ment, cela s’est fait dans mon dos et sans le moin­dre scrupule !!! 100% de com­mis­sion sur un ouvrage vendu, ça se passe de tout com­men­taire, n’est-ce pas ?!
    Les auto-édités, c’est la honte ? N’inversons pas for­cé­ment les rôles ! Il est cer­tain que cer­tains livres devraient nicher au fond d’une cor­beille, mais la vraie honte est du côté les libraires ! Pour qui se prennent-ils ? Pour des édi­teurs ? Pour des pro­fes­sion­nels de l’écriture ? Pour une race supérieure qui détiendrait la vérité ?
    Remet­tons les choses à leur place : leur rôle est de ven­dre des livres et de les faire con­naître aux lecteurs ! S’ils n’ont plus ni la curiosité d’ouvrir un livre avant de le juger, ni l’envie d’aider de nou­veaux auteurs qui sor­tent des sen­tiers bat­tus, alors qu’ils changent de métier !
    A un moment donné, j’ai baissé les bras et arrêté de vouloir chercher des parte­naires libraires (ce qui ne m’a pas empêché de con­tin­uer à écouler mon stock rien que par le bouche-à-oreille), mais des lecteurs m’ont sonné les cloches : quand on ne veut plus se bat­tre pour soi, alors il faut le faire pour ceux qui man­i­fes­taient leur sou­tien dès le début.
    Après tout, c’est vrai. Un autoédité méprisé, c’est tout son lec­torat qui est visé.

  19. Eve Zibelyne dit :

    Bon­jour,
    Merci pour cet arti­cle et pour le coup de gueule que j’ai aussi lu. J’ai autop­ub­lié un livre de poèmes, je fig­nole mon roman pour faire de même. J’ai pas mal de textes à pub­lier, et après des essais vers les édi­teurs, et bien que mon man­u­scrit ait été accepté, je resterai dans l’autoédition car les tar­ifs sont pro­hibitifs et le suc­cès rare. Bravo à vous d’avoir atteint le podium ! Sur Ama­zon, ils refusent de ven­dre mon livre qui est dans le cat­a­logue si je n’abonde pas un stock. Est-ce nor­mal ? Franche­ment je trouve ça igno­ble et j’ai laissé tomber.
    Le monde de l’écriture est opaque et moi je suis un peu ermite et pas douée pour me ven­dre, mais ce n’est pas grave.Je con­tin­uerai d’écrire avec plaisir.
    Bonne chance pour votre pour­suite vers le haut, les gag­nants se font un jour déboulonner !

    Eve Zibelyne

  20. Paumadou dit :

    Pour ama­zon (je sup­pose qu’il s’agit d’un livre papier), il faut effec­tive­ment avoir du stock (soit chez Ama­zon, soit chez soi-même puisqu’il est pos­si­ble de ven­dre via ama­zon à con­di­tion que le livre soit dans la base de don­nées d’amazon) pour pou­voir le ven­dre puisque Ama­zon joue sur la rapid­ité de livrai­son. Par principe, Ama­zon ne peut pas ven­dre ce qu’il n’a pas en stock ou n’a pas la pos­si­bil­ité de com­man­der facilement/rapidement (via Dil­i­com, le sys­tème de cen­tral­i­sa­tion des com­man­des des libraires qui est un ser­vice rel­a­tive­ment fermé aux autoédités)

  21. Mickael dit :

    Pauline, vous prêchez pour votre paroisse et vous avez rai­son. Dans l’auto-publication, il y a aussi des choses moyennes mais sur des sites comme Ama­zon, la nota­tion d’un auteur, donne une indi­ca­tion quant à la qual­ité perçue des écrits. Cela ouvre des portes qui restaient dés­espéré­ment fer­mées. De grandes maisons d’éditions pub­lient des livres très moyens en fonc­tion de la polu­lar­ité de son auteur. Un bouquin de Julien Lep­ers fait ven­dre et sera édité chez Gal­li­mard par exem­ple parceque Pierre est l’ami de Juju! Au moins, nous avons une petite chance d’être repérés et surtout lus. Le but, mon but, c’est d’avoir des lecteurs. l’argent, peut être un peu, plus tard.

  22. Bon­jour,

    Effec­tive­ment, l’auto-publication peut aussi être une affaire de choix.

    J’apprécie par­ti­c­ulière­ment la flex­i­bil­ité qu’elle apporte, et s’il est encore dif­fi­cile d’en vivre en fran­coph­one, c’est tout aussi vrai pour les auteurs publiés…

    Et si je prends l’exemple d’Amazon, 70% de rede­vance sur 3 euros est tou­jours plus que 8% sur 20 euros.

    Je pense que c’est un phénomène inéluctable et que nous ver­rons de plus en plus d’auteurs “bank­ables” qui y vien­dront, fatigués d’être tondus.

    Sébastien CERISE