Qui s’intéresse encore aux livres ?

En paral­lèle à l’article de Sedi­ter (Qui s’intéresse encore aux auteurs ? à lire ici), j’ai envie de déri­ver sur le sujet du livre.

Les auteurs, moi, ça ne m’a jamais vrai­ment inté­ressé. Savoir que Zola est mort asphyxié au monoxyde de car­bone après avoir fait 2 enfants adul­té­rins à sa bonne ou qu’un auteur contem­po­rain se bourre le pif de poudre blanche et s’est fait prendre dans les toi­lettes d’une boîte de nuit (de la poudre à récu­rer sans doute…), ça tient du people. J’aime bien le people, j’aime bien me dire que Brit­ney Spears est une mau­vaise mère (ça aide à rela­ti­vi­ser sur les repas-bol de céréales-paquet de gâteaux les soirs où on est cre­vés), j’aime bien me moquer de tel titre tapa­geur de Voilà ou de Gali qui annonce que Lorie mène un dur com­bat contre le can­cer (parce qu’elle a donné 10€ à une asso), mais ça reste du loi­sir et au fond, je pour­rais en avoir honte (bon, je lis aussi du Har­le­quin et des romans por­nos, d’autres “hontes” à dis­si­mu­ler en société y parait). Mais ce n’est pas essen­tiel, en fait, la plu­part du temps, je m’en passe très bien ! C’est un truc social (Quoi ? Machin a quitté Bidule ? Rhoooo, ben ça alors !), un potin de com­mères, un bla­bla de filles.

La vie des auteurs, donc, ne m’intéressent pas. Leurs idées, leurs avis, leurs conver­sa­tions par contre, ça, ça peut être inté­res­sant (s’ils sont un peu construits et non dégui­sés en pub clan­des­tine pour leur paroisse-livre). Mais je me suis ren­due compte d’une chose : je m’intéresse aux auteurs par ce qu’ils ont à dire. Par contre, leurs livres, eux, à la limite, je m’en fiche.

Atten­tion ! Ne criez pas tout de suite au bûcher, je m’explique.

Un livre m’intéresse s’il m’est conseillé par des amis ou des gens de confiance (enten­dez des lec­teurs sans attaches par­ti­cu­lières avec des mai­sons d’éditions), mais si un auteur avec lequel je dis­cute écrit un livre, son livre ne m’intéresse pas. C’est parce que j’ai échangé avec lui, dis­cuté, vu qu’il savait manier la langue (à tra­vers son blog, twit­ter ou des échanges mails), qu’il est sur la même lon­gueur d’onde, quelles sont ses idées en géné­ral que je pren­drai le risque de lire son livre.
Oui, le risque : il y a tou­jours un risque à lire un livre (de s’ennuyer, d’être cho­qué, étonné, déçu, d’avoir l’impression de perdre son temps, son argent ou de gagner quelque chose, d’avoir envie d’en lire plus, de tom­ber amou­reux de l’auteur — enfin de sa plume -, de ne pas sor­tir indemne de sa lec­ture, etc.)

Mais il y a tel­le­ment de livres en ce monde que je ne peux pas tout lire (sur­tout que je prends pas mal de temps pour en écrire moi-même et que j’ai ten­dance à “copier” les styles des autres quand je lis trop, je dois donc choi­sir : lire ou écrire…), c’est pour­quoi les livres des auteurs que je croise ne m’intéressent jamais au pre­mier abord.

On en revient au sujet évo­qué par Sedi­ter : les auteurs qui ne parlent que de leurs bou­quins et d’eux-même n’intéressent pas grand monde. Sauf les fans (et pour avoir des fans, il faut déjà avoir un public élargi… cercle vicieux)

Qu’ils tweetent des extraits de leurs livres (ouais, 140 carac­tères c’est très court comme extrait…) ou qu’ils annoncent glo­rieu­se­ment avoir écrit 2453 mots aujourd’hui (perso mon record doit être 11 ou 12000 en un jour… c’était pas de la meilleure qua­lité, mais c’était un pari stu­pide :P), ça n’apporte pas d’intérêt (sauf dans le cadre du NaNo­WriMo, là, je le tolère vu qu’on se sou­tient grâce à ça… mais cela limite l’intérêt aux autres par­ti­ci­pants, donc pas à un public “élargi”)

J’ai décou­vert plu­sieurs auteurs dans des genres que je n’aurais pas for­cé­ment abor­dés autre­ment: Jiminy Panoz (ouais, je sais, je dois écrire des tas de cri­tiques sur ses bou­quins… déso­lée)  par exemple avec qui les échangent sont très enri­chis­sants, mais dont le genre d’écrits (trash, slash, cru et violent pour être violent) n’est pas du tout dans mes habi­tudes. Suzanne Roy et ses trucs de vampires/chat-garous/médiums-policiers par exemple. Le pro­chain, c’est Sedi­ter (s’il fini un jour son roman de Geek méga­lo­mane :P )

Les textes sont pas for­cé­ment ceux que j’aurais choisi en sui­vant mes propres goûts, mais il faut décou­vrir au lieu de se can­ton­ner à ses seuls sujets/genres de pré­di­lec­tions, d’abord parce que ça apporte un angle nou­veau (ou inconnu), ensuite parce qu’on ne peut pas “décou­vrir” sans sor­tir des sen­tiers bat­tus.
Dans le fouillis des paru­tions (numériques/papiers), c’est un moyen de décou­vrir des textes (c’est le mien après, je vous laisse voir si ça vous tente ou pas).

 

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2 avis sur “Qui s’intéresse encore aux livres ?

  • 2 juin 2012 à 16 h 53 min
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    C’est vrai que j’ignore le plus sou­vent la vie pri­vée des auteurs ou des com­po­si­teurs ou acteurs. J’aime le per­son­nage sur le moment mais le terme de fan qui consulte les tri­bu­la­tions de leur idole n’est pas ma tasse de café et ne me convient pas. Un texte doit vivre seul, en dehors de la vie de son auteur. hor­mis les auto­bio­gra­phies, on s’entend bien sur le sujet ;)). Bon Week-end

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