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Du côté du blog

Vendredi 08 juin 2012

Un peu de féminisme ?

Depuis quelques mois, l’autopublication fait de plus en plus la une des médias.  Si l’on se penche sur les médias d’ailleurs, il y a sou­vent un seul nom français qui cir­cule. Aux yeux du grand pub­lic, cet auteur peut paraître être le seul ayant réussi à ven­dre plusieurs mil­liers de livres.

Ce n’est pas le cas, mais cela mon­tre bien que les médias ne s’intéressent pas vrai­ment au numérique, ni à l’autopublication : ressas­sant sans cesse le même sujet (et le même livre d’ailleurs).
Je ne me leurre pas du tout sur le fait que les médias se passent son numéro de télé­phone : ils ont trouvé un “bon client” sympa, télégénique, la car­i­ca­ture du mythe de l’auteur autoédité mod­erne comme ils l’imaginent (sans vision offen­sante pour ce dernier : être un per­son­nage pub­lic, c’est aussi jouer un rôle et il n’est sans doute pas dans la vie réelle comme il est présenté dans les médias et leurs lunettes filtrantes)

Au fond, c’est beau­coup plus sim­ple que d’aller chercher ailleurs.

En privé, mes amis se moquent de moi (et je ris avec eux parce que c’est une blague de répéti­tion entre nous ;) ) dès qu’un média parle de cet auteur (ce qui me vaut des mails dès qu’on sig­nale sa présence quelque part, je crois que je pour­rais ali­menter en news son fan-club tant je suis au courant dès que ça sort ! XD )
Loin de moi l’idée d’être jalouse, une telle cou­ver­ture médi­a­tique est certes une béné­dic­tion, mais peut aussi être un enfer : car il est enfermé dans une image qui pour­rait à l’avenir (et peut-être déjà main­tenant) lui être préju­di­cia­ble en tant qu’auteur. On parle plus de lui que de ses livres.

Mais j’en viens au fond du sujet : il n’est pas le seul et pour­tant on ne parle que de lui.
La chose qui m’a fait sur­sauté est un arti­cle de 20minutes.fr qui annonçait qu’entre Octo­bre est Février, trois livres autop­ub­liés étaient dans le haut du top Ama­zon, annonçant fière­ment que deux d’entre eux étaient pub­liés par cet auteur mas­culin… Le troisième était le mien et mon nom ne fut pas cité.

Je ne com­pare pas la qual­ité (je n’ai pas lu les siens), je com­pare juste qu’il ne coû­tait rien à cette jour­nal­iste (une femme) de don­ner mon nom égale­ment ou le titre de ces trois livres (his­toire d’agrémenter son bil­let de “faits tan­gi­bles” et non de faire juste un énième bil­let sans intérêt sur l’autopublication numérique… mais nous sommes dans 20minutes donc dans des arti­cles plus courts que des dépêches AFP)
Cet auteur (dont je ne cite pas le nom, non pas pour ne pas lui faire de pub, mais parce que j’ignore s’il accepte que je parle de lui — il n’aime pas trop les polémiques autour de son nom) n’est plus le seul, on parle régulière­ment d’autres auteurs autop­ub­liés… et là, je m’interroge VRAIMENT : il s’agit tou­jours d’auteurs mas­culins (avec par­fois des suc­cès presque ridicules : j’ai lu une fois un “300 livres en quelques mois” qui est certes un beau suc­cès numérique, mais loin des chiffres les plus mirobolants des “top auteurs”)

La ques­tion se pose régulière­ment en ce moment un peu partout : la par­ité hommes/femmes réelle (le décompte basique qui a l’avantage d’être beau­coup plus par­lant que de beaux dis­cours). Les jour­nal­istes vont chercher des auteurs dans le bas des tops 100 des libraires en ligne  (et à l’époque où les sujets ont com­mencé à fleurir, mon livre était encore en haut du classe­ment…) mais tou­jours des auteurs mas­culins

Y aurait-il là dessous du sex­isme ? Parce que les auteurs féminins autop­ub­liées, ce n’est pas cela qui manque !

(je tiens cepen­dant à faire remar­quer que j’ai été citée par quelques sites d’actualités lit­téraires en ligne, mais ça reste dans la sphère inter­net et ne con­cerne pas “les médias grand public”)

 

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Dans : Ecrire, Littérature

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7 Commentaires

  1. Linette dit :

    je décou­vre ton blog via hellocoton …

    je m’étais fait un peu la même réflex­ion … vive­ment que l’égalité des sexes soit une réal­ité ;)
    on en parle beau­coup mais les choses ne changent pas vite …

    • Paumadou dit :

      On en est arrivé au point où ça devient telle­ment évi­dent que ça finit par crever les yeux : comp­tons: les femmes représen­tent 51% de la pop­u­la­tion et regar­dons si on parle d’elle, si on les nomme à des postes de respon­s­able, etc.
      70–90% des postes à respon­s­abil­ité (et donc décideurs des con­tenus, des poli­tiques, etc.) sont tenus par des hommes : les femmes se can­ton­nant aux emplois en dessous (le fameux pla­fond de verre)
      Ce qui n’est pas nor­mal vu qu’on leur recon­nait les mêmes qual­ités que les hommes !

      Mais à force de dénon­cer la non-parité évi­dente, ça finira par changer (un nou­veau stade de la lutte pour l’égalité)

      • Linette dit :

        En fait, cela m’a paru évi­dent quand j’ai été licen­ciée pour la sim­ple rai­son … que je venais de devenir Maman !
        On m’a dit : ” Vous savez, vous serez moins disponible pour l’entreprise” à mon retour de congé mat’

        J’ai donc décidé de suivre un autre voie et de me débrouiller seule

        Je raconte tout sur mon blog …

        Tiens, d’ailleurs, j’en prof­ite pour rap­peler qu’il y a un con­cours en ce moment avec plus de 200 euros de lots à la clé
        j’espere que vous participerez

  2. FennNaten dit :

    Hum, du sex­isme en lit­téra­ture ça me paraît quand même sacré­ment éton­nant, tant le suc­cès des femmes en ce domaine n’est plus à démon­trer depuis longtemps. Oo

  3. Vania dit :

    Que des jour­nal­istes mas­culins choi­sis­sent de par­ler d’hommes plutôt que de femmes, je le com­prends parfaitement.

    Atten­tion, je ne dis pas que c’est légitime ou juste, mais c’est un “biais” de raison­nement par­faite­ment naturel, sans aucune­ment penser à mal on va incon­sciem­ment s’adresser à quelqu’un de proche de nous, du même sexe, et du même milieu.

    Mais quand ce sont des jour­nal­istes féminines qui choi­sis­sent des hommes, là, je cale, quel est leur biais de raison­nement, la ligne qu’elles suiv­ent incon­sciem­ment, bon sang de bois ?!?

    • Paumadou dit :

      Parce que c’est une jour­nal­iste et pas une respon­s­able édi­to­ri­ale (donc sujette à un chef et un envi­ron­nement sans doute forte­ment mas­culin — je ne me leurre pas là-dessus)
      Parce que oui, l’environnement intel­lectuel en France est à dom­i­nance mas­cu­line : il est “nor­mal” de citer un homme, tan­dis qu’une femme sera tou­jours “une maman qui a un suc­cès” ou “une femme avec un sacré car­ac­tère” ou “quelque chose qui lui rap­pellera qu’elle est une femme avant d’être un auteur, un artiste, un poli­tique…“
      Un homme sera un auteur, une femme sera d’abord une femme puis autre chose : pourquoi ? Parce que ça mon­tre que les femmes peu­vent aussi y arriver, que ça ren­force l’idée “fémin­iste” de la majorité des gens : or ce n’est pas en met­tant en avant le sexe qu’on arrive à l’égalité au con­traire, au bout d’un moment, c’est dis­crim­i­nant. L’égalité doit pas être “une volonté”, mais un fait naturel : par­ler autant des hommes que des femmes, sans rien appuyer sur le fait qu’on fait la parité.

      La pré­dom­i­nance mas­cu­line, ce sont des types de pen­sée ancrés dans l’éducation : on nous mon­tre tou­jours des mod­èles mas­culins (à l’école : his­toire, lit­téra­ture, etc. c’est tou­jours une pré­dom­i­nance mas­cu­line), incon­sciem­ment on les retient et les répè­tent. La plu­part des femmes ne voient pas le prob­lème avant qu’on le leur mon­tre!
      Là, en l’occurrence, je pense juste que la jour­nal­iste ne s’est pas foulée et a repris plusieurs com­mu­niqués de presse pour en faire une syn­thèse : ici, le nom de l’auteur, là le chiffre des autop­ub­liés en tête de classe­ment, et basta ! Elle ne sait sans doute pas que c’est une femme qui a écrit le troisième, et je pense qu’elle s’en fiche vu qu’elle n’a jamais du lire un bouquin numérique de sa vie (ou en tout cas un autopublié)

      Mais pourquoi est-ce logique pour un homme d’aller vers les hommes et pour les femmes d’aller vers les femmes ? C’est encore une men­tal­ité ancrée dans l’éducation : petit on a des copines/copains en fonc­tion de son sexe, on nous inter­dit pas d’avoir des amis du sexe opposé, mais il y a tout de suite une sus­pi­cion d’amourette. Je prend en exem­ple le fait que la copine de BB1, on la surnomme “son amoureuse” alors qu’il n’y a pas de rai­son à cela !
      (nota: ne plus dire ça à BB1, la par­ité c’est une prise de con­science au quo­ti­dien :P )

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